Lasègue. De la toux hystérique. Arch. de med
lade; cette toux s'amoindrit ou disparaît pendant la nuit, elle est extrêmement tenace et ne cesse qu'après des semaines et des mois de durée.
Troubles digestifs. — Les fonctions digestives sont souvent atteintes. La gastralgie, la dyspepsie et les dépravations de l'appétit sont chose commune; les hystériques ont des vomissements aqueux alimentaires ou sanguinolents, résultat de supercheries. Les vomissements alimentaires se font facilement, sans douleur, ils peuvent durer plusieurs mois sans porter atteinte à la santé et sans amaigrissement notable, tant la dénutrition est lente chez les hystériques. La constipation est la règle, la pneumatose intestinale est fréquente, le météorisme abdominal en est la conséquence; la tympanite par refoulement peut être sous la dépendance de la volonté1. Le tympanisme joint à des douleurs abdominales constitue la fausse péritonite hystérique.
Certaines hystériques perdent complètement l'appétit (anorexie); la jeune fille atteinte d'anorexie2 se complaît à ne pas manger, elle y met une obstination invincible, et elle supporte et sans presque maigrir, une abstinence à 'peu près-absolue, surtout si elle mange en cachette. Parfois cependant des accidents graves en sont la conséquence. Nous avons vu avec mon regretté ami Lafont (de Bayonne) une jeune fille qui, trompant la surveillance de sa famille, en était arrivée à mourir littéralement de faim; elle avait l'apparence d'un squelette, les extrémités froides et violacées, la voix éteinte, l'haleine froide; nousv avons procédé chez elle à une alimentation forcée par le gavage; quand elle a vu qu'elle était vaincue, elle s'est mise à manger et la santé a reparu. Chez quelques anorexiques hystériques la tuberculose se déclare; j'ai constaté ce fait deux fois chez des jeunes filles.
Le tube digestif est fréquemment le siège de spasmes : spasmes du pharynx, de fœsophage (rétrécissement spas-