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Dejerine. Th. d'agrégat

NEVROSES. 873

l'évolution ultérieure seule peut fixer le diagnostic. Les tumeurs cérébrales et en particulier la syphilis cérébrale prêtent aussi à confusion. Le pseudo-tabcs neurasthénique se distingue du tabès vrai par la conservation des réflexes, par l'absence de troubles pnpillaires et par la moindre intensité des douleurs.

La forme gastro-intestinale est parfois l'une des plus difficiles à diagnostiquer; non seulement le cancer de l'estomac ou de l'intestin, lorsqu'il ne s'accompagne pas de tumeur, peut être confondu avec la neurasthénie, mais les gastrites chroniques, les dyspepsies, ont une foule de symptômes communs avec la neurasthénie, c'est ce qui explique comment tel cas est envisagé par un médecin comme appartenant à la pathologie stomacale, tandis qu'un autre médecin range ce même cas dans la pathogénie nerveuse. L'examen du suc gastrique ne tranche pas toujours la difficulté.

Traitement. — Les médicaments toniques, kola, coca, injections de cacodylate de soude, injections de glycérophosphate, le repos absolu, l'isolement, le massage, l'électrisation, Y hydrothérapie jointe à l'emploi du 1er et du bromure de potassium, sont des moyens généralement employés pour combattre la neurasthénie. On devra aussi régulariser les selles par l'emploi d'un laxatif quotidien, régler les heures des repas, approprier le régime alimentaire à chaque cas, puis, lorsque l'embonpoint et les forces reparaîtront, prescrire les exercices physiques quotidiens et modérés, les injections sous-cutanées d'extraits organiques (Brown-Séquard) et de sérum artificiel.

a Les neurasthéniques proprement dits ne sont pas justiciables de la suggestion. On les améliore à peu près toujours et on les guérit quelquefois par un régime alimentaire supprimant l'alcool et les aliments de digestion malaisée, par des stimulations mécaniques du système nerveux méthodiquement pratiques (douches, cure d'air, massage, injections salines, électricité statique); le moins possible de médicaments et de drogues. Après une période de repos, permettant la réintégration de l'énergie dans les centres

nerveux, il faut faire reprendre progressivement l'habitude perdue du travail physique et intellectuel. L'isolement dans une maison de santé n'est nécessaire que dans les tas les plus sérieux. » (M. de Fleury.)

§ 8. ASTASIE — ABASIE

Description. — Ces dénominations ont été employées par Blocq1 pour désigner un syndrome caractérisé par l'impossibilité ou la difficulté de la station debout (àazaaiç) et de la marche normale (â6a<riç), avec intégrité de la force musculaire de la sensibilité et de la coordination des autres mouvements des membres inférieurs. En 1864, Jaccoud2 avait qualifié cet état du nom d'« ataxie par défaut de coordination automatique ».

Il résulte de la définition que nous venons de donner, et c'est là un caractère essentiel, qu'à part les troubles concernant la station debout et la marche normale, le malade, une fois couché, peut exécuter tous les mouvemeuts qu'on lui prescrit sans hésitation, sans faiblesse, sans incoordination, il a la notion exacte de la situation occupée par ses membres inférieurs et, lorsqu'il est levé, il arrive parfois à marcher en employant un subterfuge ; c'est ainsi que certains abasiques peuvent marcher à quatre pattes, ou les jambes entre-croisées, ou à tout petits pas, ou bien au contraire à grands pas (démarche d'acteur); quelques-uns peuvent même courir.

Chez certains malades, le trouble apparaît dès qu'ils cherchent à se dresser. Ils ne peuvent parvenir à rester debout ; soutenus par les aisselles, ils s'affaissent aussitôt que le point d'appui qu'on leur donnait devient insuffisant. D'autres ont recours à des béquilles et traînent après eux deux membres inférieurs qui semblent inertes.

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