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Jaccoud. Les paraplégies, lsfii

NEVROSES. 875

Chez le plus grand nombre des malades, Yabasie prédomine : elle peut présenter trois variétés :

\° Abasie parétique, caractérisée surtout par la diminution de la force musculaire; la marche est pénible, elle ne s'accomplit qu'au prix des plus grands efforts et devient très rapidement impossible.

2° Abasie choréiforme (Grasset >.). Le malade étant debout, les jambes sont aussitôt prises de mouvements brusques de flexion et d'extension; en même temps le tronc se fléchit ou s'étend sur le bassin et il en résulte des mouvements propagés aux membres supérieurs et aux bras. Il semble à chaque instant que sous l'influence de ces contorsions une chute va survenir, mais il n'en est rien ; en revanche, la progression normale en avant est rendue impossible.

3° Abane trépidante. Dans cette forme, ce sont les mouvements contradictoires qui prédominent, les jambes s'embarrassent l'une dans l'autre comme on l'observe dans certaines paraplégies spasmodiques incomplètes.

L'astasie-abasie étant presque toujours de nature hijstériqne, on conçoit toutes les bizarreries d'allures qu'elle peut revêtir. C'est en général un syndrome de longue durée, persistant plusieurs mois, plusieurs années, sujet aux rechutes, aux récidives, pouvant disparaître et reparaître brusquement. Les abasiques présentent souvent, mais non toujours, des stigmates hystériques : douleurs ovariennes, testiculaires, zones hystérogènes variées, anesthésie en plaques, en manchettes, attaques convulsives, etc. Séglas pense qu'elle peut être liée à la vésanie, et Charcot à une lésion indéterminée du cerveau. Ordinairement, cependant, l'astasie-abasie doit être rattachée à un trouble dynamique du cerveau ou de la moelle, soit que les cellules cérébrales chargées de transmettre aux cellules médullaires les excitations nécessaires à l'exécution de la marche normale aient perdu leur fonctionnement, soit que les cellules médullaires recevant du cerveau une excitation normale ne soient plus

î. Grasset. Leçons de clin, méd., 1891, p. 155.

capables de *a transmettre intégralement aux nerfs des membres inférieurs1. La stasobasophobie est une abasie émotive avec troubles émotionnels*.

Diagnostic. — Wastasie-abasie a longtemps été. confondue avec la paraplégie et Yataxie. Elle diffère de la première par la conservation de la force musculaire, le malade étant couché, par l'intégrité des sphincters, et par la possibilité de la marche autre que la marche normale. On ne la confondra pas avec l'alaxie, car la coordination des mouvements est intacte lorsque le malade est couché et le sens musculaire est conservé. La chorée et surtout la chorée rythmique offre plus d'une analogie avec l'astasie-abasie, mais ici les membres supérieurs et la face sont agités de mouvements propres, et non de mouvements propagés comme dans l'astasie-abasie; de plus, il s'agit de grands mouvements oscillatoires en avant ou en arrière, peu comparables aux mouvements de flexion brusque et d'extension des jambes. L'effondrement des jambes de certains ataxiques neurasthéniques pourrait également prêter à confusion, mais chez les ataxiques l'incoordination au lit existe, et chez les neurasthéniques il s'agit souvent d'un refus de se tenir debout ou de marcher hors de leur chambre. Toute tentative faite en vue de combattre les résistances du malade s'accompagne d'une angoisse caractéristique.

Dans la maladie de Thomsen, ia rapidité avec laquelle disparaissent les spasmes qui se produisent au début de la mise en marche est un excellent moyen de diagnostic; en outre, les membres supérieurs, le cou, la mâchoire, la langue, sont parfois atteints.

Le paramgoclonus multiplex s'accompagne de secousses étendues à tout le corps ou à une grande partie du corps, secousses survenant sous l'influence d'une minime excitation. Rien de semblable ne se passe dans l'astasie-abasie.

l.Bonnieraémisune théorie particulière de l'astasie-abasie labyrinthique. Rev. deneur., 15 avril 1903.

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