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I. Dieulafoy. Soc. méd. des hâpit., 10 juillet

duellement à son apogée. Dans quelques cas, le délire uréinique conserve presque toute son intensité pendant son évolution, ou du moins il ne subit que des rémissions insignifiantes; dans d'autres circonstances, on observe des rémissions marquées et une amélioration passagère. Certains brightiques sont prédisposés au délire par des antécédents alcooliques, par des troubles antérieurs névropathiques, par l'hérédité. Tantôt le délire urémique fait partie d'un ensemble de symptômes brightiques et le diagnostic ne présente aucune difficulté; tantôt le délire est le symptôme dominant et il revêt une telle importance que le diagnostic offre de réelles difficultés, chose importante à savoir, car on ne sera pas alors exposé à enfermer comme aliéné, dans un asile, un malade qui n'est en somme qu'un brightique, justiciable du traitement de la maladie de Bright, Le délire brightique ne survient pas seulement au cas du mal de Bright confirmé, il peut apparaître alors que le sujet n'est encore entaché que de la petite urémie. De Fleury1 a fait à ce sujet une intéressante publication. 11 a rapporté quatre cas concernant des sujets atteints de troubles vésaniques à la période initiale du brigbtisme. a Les malades, qui n'étaient nullement améliorés par le traitement ordinaire de ces affections, ont vu tout l'ensemble symptomatique s'améliorer très nettement sous l'influence du régime lacté avec -ou sans injections de pilocarpine. Les mêmes symptômes reparaissaient si le lait était abandonné. ))

L'urémie comateuse plonge le malade dans un état apoplectiforme ; il est en proie à une apathie, à une torpeur, à une somnolence dont on peut à peine le tirer et qui aboutit souvent au coma, terminaison* habituelle des différentes formes de l'urémie cérébrale. Cette urémie comateuse est rarement primitive, elle est habituellement l'aboutissant des formes précédentes.

1. De Fleury. Accidents nerveux au cours du petit brighUsme. Le Progrès médical, décembre 1899.

Paralysies urémiques. — Dans quelques cas, on trouve chez les brightiques, chez les urémiques, des paralysies nettement limitées. Ces paralysies revêlent des modalités de toute sorte : hémiplégie avec ou sans ictus apoplectique simulant l'hémiplégie de Thémorrhagie cérébrale1; hémiplégie droite avec aphasie simulant l'embolie de la sylvienne gauche 2 ; hémiplégie avec convulsions épileptiformes; monoplégie avec ou sans épilepsie jaksonienne simulant une lésion des circonvulsions motrices; aphasie sans hémiplégie; hémiplégie faciale3; paralysies partielles des nerfs de la 5* et de la 7e paire; hémiplégie croisée; laryngoplégie.

Quelques-unes de ces paralysies sont dues à des lésions cérébrales en foyer (hémorrhagie, ramollissement), les altérations des vaisseaux de l'encéphale étant fréquentes au cours des néphrites chroniques. Ce n'est pas à ces cas-là que je fais allusion en ce moment. Je parle des paralysies curables ou mortelles, hémiplégiques ou partielles, avec ou sans aphasie, avec ou sans convulsions, qui ne tiennent à aucune des lésions sus-nommées. 11 faut admettre en pareil cas que les accidents paralytiques sont dus soit à l'œdème, soit à l'intoxication d'un territoire cérébral délimité. L'œdème cérébral, avec ou sans épanchement séreux ventriculaire, est consigné dans bon nombre d'autopsies, les lésions rénales ne faisant jamais défaut. Malgré l'opposition de Charcot, cet œdème cérébral et l'anémie qui en résulte, admis par Frerichs, Jaccoud, Rosenstcin, est actuellement un fait acquis; les autopsies ont contrôlé le fait (Carpentier, Raymond, Chantemesse et Tenneson).

Néanmoins on a constaté des cas, concernant des brightiques ayant succombé avec accidents paralytiques, à l'autopsie desquels on n'a trouvé ni lésions en foyer, n

1. Raymond. Rev. de méd., septembre 1885. —Chantemesse et Tenneson. Hémiplégie et épilepsie partielles urémiques. Rev. de méd., novembre 1885. — Perret. Paralysies urémiques. Prov. méd., Lyon, 3 septembre 1887.

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