Widal et Javal. La cure de déchloruration
que l'on qualifie d'emphysème ; par des troubles cardiaques qu'on prend pour une maladie du cœur; par un épanchement pleural qui simule une vulgaire pleurésie ; par Un catarrhe bronchique dont on méconnaît la nature; par des troubles vésaniques qu'on prend pour un accès de manie et pour lesquels on envoie le malade dans un asile d'aliénés ; par des troubles auditifs et vertigineux que l'on confond avec la maladie de Menière ; par des phénomènes nerveux qu'on met sur le compte d'une neurasthénie; par des envies fréquentes d'uriner qu'on attribue à une lésion prostato-vésicale.
La connaissance approfondie des symptômes brightiques en révèle la nature et permet de grouper autour de tel symptôme qui avait appelé l'attention du malade d'autres symptômes qui, pour lui, étaient à peu près passés inaperçus. C'est ainsi qu'on arrive au diagnostic, Je sais bien qu'en fait de diagnostic il y a deux signes de premier ordre, le^ œdèmes et Y albuminurie, qui lui fournissent un appoint considérable. Je fais néanmoins pour l'albuminurie quelques restrictions que je vais développer.
On avait tellement pris l'habitude déconsidérer l'albuminurie comme un signe prépondérant dans le diagnostic des néphrites qu'on n'a pas encore su s'en affranchir. Cette prépondérance date de loin, elle est née avec Bright, le promoteur illustre des innombrables travaux qui se sont succédé sur cette question. Sous l'impulsion de bright et de Rayer, dont je me plais à reconnaître la grande et légitime autorité, l'albuminurie fut longtemps considérée comme l'arbitre souverain dans le diagnostic des néphrites, et il sembla que néphrite et albuminurie dussent marcher de pair comme deux compagnes inséparables. Or, cette prépondérance me paraît usurpée, je ne suis ni le premier ni le seul à le dire1 mais je tiens à bien l'affirmer. C'est dans les néphrites aiguës (jiie l'albuminurie a une importance de premier ordre, elle ne manque jamais ; mais dans les néphrites chroniques