Lépine. Rev. de méd., 1885. - Lancereaux. Met. de méd
à prédominance interstitielle qui sont si communes, l'albuminurie est un signe inconstant, infidèle et trompeur. Non seulement l'albuminurie peut faire défaut à la phase initiale du brightisme (petite urémie), mais elle peut manquer, alors que la maladie de Bright est confirmée, et même pendant les grands accidents urémiques.
Dans ma communication à la Société médicale des hôpitaux sur l'étude clinique et expérimentale de la maladie de Bright sans albuminurie-, et dans ma communication à l'Académie de médecine3 concernant le .brightisme et la dissociation des actes morbides du rein, j'ai rappelé et j'ai cité un certain nombre de cas, quelques-uns vérifiés à l'autopsie, où l'albumine avait complètement disparu pendant une assez longue période de la maladie.
C'est donc un fait aujourd'hui bien avéré, que l'albuminurie n'a qu'une valeur un peu secondaire dans le diagnostic de la maladie de Bright : elle n'est qu'un témoin ; et quel témoin ! témoin infidèle, puisqu'il peut faire défaut ; trompeur, car, nous allons y revenir au chapitre suivant, l'albuminurie peut exister en d» hors de tout état brightique. La conclusion, c'est qu'on risquerait fort de commettre une erreur de diagnostic en donnant à l'albuminurie le rôle d'arbitre souverain qu'elle ne doit pas avoir.
Les remarques que je viens de faire au sujet de l'albuminurie s'appliquent en partie aux œdèmes. Certains brightiques, surtout les artério-scléreux, peuvent traverser une longue phase de leur maladie sans le moindre œdème, tandis que d'autres œdèmes, de nature rhumatismale (Potain), simulant les œdèmes brightiques, n'ont rien à voir avec la maladie de Bright, et sont d'un pronostic bénin.
C'est pour dépister la maladie de Bright dans ses formes frustes (les œdèmes et l'albuminurie pouvant faire défaut), c'est pour la démasquer dès sa phase initiale, ou à l'une quelconque de ses périodes, alors que les grands symptômes
1. Soc. méd. des hôpit., 188G. Séances du 11 juin et du 22 octobre.