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Marie. Revue de méd.y janvier

2. Crouzon. Clinique de l'Hôtel-Dieu. Conférences du mercredi 1906, p.48.

i02â Maladies du système nerveux.

déjà connues1 l'aspect clinique est le même : on constate sur le même membre un naevus zoniforme plus ou moins étendu et une hypertrophie osseuse ; c'est la juxtaposition de ces lésions qui conduit au diagnostic.

Pathogénie. — On voit par rénumération précédente que les troubles trophiqucs peuvent être produits par des lésions centrales et périphériques du système nerveux.

Plusieurs théories cherchent à expliqner le mécanisme de ces troubles trophiques. On a d'abord invoqué la paralysie dss nerfs vaso-moteurs ; mais les nombreuses expériences de Claude-Bernard et de Brown-Séquard nous montrent que la paralysie des nerfs moteurs a seulement pour effet de congestionner la partie à laquelle ils se rendent. a Jamais on n'a vu l'atrophie des muscles de la tête se produire chez les animaux à la suite de la section du cordon cervical du grand sympathique (Vulpian). >)

Une autre théorie a été proposée : celle des nerfs trophiques (Samuel). Le rôle des nerfs trophiques serait a non pas d'opérer direclement, mais d'activer dans la profondeur des tissus les échanges qui constituent l'assimilation et la désassimilation élémentaires ». L'existence des nerfs trophiques comme nerfs distincts n'est pas admissible, mais on n'en reste pas moins en face de ce fait incontestable, que les nerfs puisent quelque part dans le système nerveux leurs propriétés motrices et sensitives. Ce n'est donc pas le nerf qui est trophique, mais ce sont les centres .nerveux qui lui communiquent cette propriété, et par centres nerveux je n'entends pas seulement les agglomérations cellulaires de la moelle ou de l'encéphale, mais encore les agglomérations cellulaires périphériques, disséminées au voisinage des organes et dans leur parenchyme (ganglions nerveux).

Eh bien, les troubles trophiques sont-ils dues à une suspension de ce pouvoir trophique des centres nerveux, ou

1. Rlippel et Trénaunay. Journal des praticiens, 3 février 1900. — Crouzon et Villaret, Soc. de neurologie, avril 1907.

à une exagération de ce pouvoir trophique? Cette question, souvent discutée et diversement résolue, a élé bien exposée par Onimus1; la voici résumée en quelques mots :

D'une façon générale, la nutrition des éléments anatomiques consiste en un échange incessant de matériaux ; c'est l'assimilation et la désassimilation. Quelques animaux inférieurs n'ont qu'une seule propriété, la nutrition : chez eux la nutrition se confond avec la fonction. Au contraire, dans les organismes élevés, la fonction est en apparence plus isolée, elle résulte de l'activité des éléments, des manifestations de leurs propriétés (mouvement, sensibilité, sécrétion), et chimiquement elle consiste en une combinaison des molécules en présence, combinaison qui est presque toujours une oxydation.

La fonction use ce que la nutrition a lentement emmagasiné. La nutrition est une oxydation lente et un acte continu ; la fonction est une oxydation rapide et un acte plus ou moins intermittent.

Quel est le rôle du système nerveux dans l'économie et comment agit-il sur la nutrition et sur la fonction? En fin de compte, il agit toujours comme une force de dégagement, et cela par l'intermédiaire du nerf; le nerf est un conducteur dont le rôle est toujours le même; il décèle et met en activité les propriétés des éléments avec lesquels il communique, il les fait fonctionner, ou, autrement dit, il provoque l'oxydation des principes immédiats qui les composent; et plus il les fait fonctionner, plus il les use. De sorte que le système nerveux serait plutôt antitrophique que trophique (Onimus): il serait trophique quand la nutrition et la fonction sont bien équilibrées; antitrophique quand l'apport ne peut plus suffire à la dépense; il y a, dans ce cas, autophagie de l'élément. Sous l'influence des lésions nerveuses que nous avons décrites (lésions incitatives), les éléments fonctionnent (ou se détruisent, ce qui revient au même) plus et plus vite qu'ils ne se nourrissent;

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