Boutier. Étude sur la sclérodermie. Th. de Paris
d'immobilité et d'un état de gêne des parties affectée», tel est le trait caractéristique de la maladie (Thirial1). »
Quand le sclérème siège aux doigts, ce que M. Bail appelle la sclérodermie dactylée, ceux-ci deviennent raides et diminuent de volume. L'atrophie scléreuse gagne souvent la paume de la main, la peau rétractée place les doigts et le métacarpe en flexion et les immobilise dans cette position. Il survient parfois des ankyloses.
Le sclérème du cou gêne les mouvements de la tête, qui semble immobilisée sur les épaules. A la face, l'affection gagne les deux côtés, contrairement à l'hémiatrophie faciale; la figure ressemble à un masque de cire, et les orifices naturels subissent un rétrécissement considérable. Les paupières sont rétractées et renversées, les ailes du nez sont amincies et aplaties; les lèvres sont diminuées de volume, et le malade, ne pouvant ouvrir ou fermer la bouche que très incomplètement, retient mal les aliments et la salive. Les troubles de mastication et de déglutition sont d'autant plus accusés que la langue et le frein de la langue sont quelquefois frappés de sclérodermie.
Aux membres, la gêne des mouvements est en rapport avec le siège et l'étendue delà sclérodermie; les mouvements de flexion de l'avant-bras, les mouvements d'élévation du bras sont très limités. L'affection est beaucoup plus rare aux membres inférieurs.
La sclérodermie ne reste pas toujours cantonnée au tissu cutané: la maladie atteint aussi les tissus profonds, et dans ce cas-là le mot sclérodermie n'est plus suffisant, on doit lui préférer la dénomination de trophonévrose disséminée (Hallopeau). Dans un cas de M. Bail2, la maladie débuta par les doigts, avec des troubles analogues à ceux de l'asphyxie locale; puis la sclérodermie se déclara nettement. Les "membres inférieurs furent atteints, et il y eut même des troubles trophiques osseux; atrophie de plusieurs phalanges, anky-