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Médical News, 22 avril

2. Lépine. Sur l'opportunité d'une intervention chirurgicale dans la néphrite chronique.

qui est très favorable à l'infection du rein ». En résumé, l'association de la néphrite et du rein mobile est un fait des plus intéressants qui touche d'une part à la pathogénie des néphrites chroniques unilatérales et d'autre part au traitement chirurgical des néphrites chroniques en général. Quand Edebohls vit qu'il pouvait guérir des néphrites chroniques en fixant des reins mobiles, il se dit qu'il pourrait peut-être bien généraliser ce mode de traitement, avec chance de succès, à toutes les néphrites chroniques. Seulement, il y a des néphrites chroniques unilatérales et des néphrites chroniques bilatérales (maladie de Bright), ce qui est bien différent. Comment l'intervention chirurgicale se comporte-t-elle dans ces deux cas? C'est ce que nous allons examiner.

E. — Les néphrites chroniques unilatérales (abstraction faite de la calculose,de la tuberculose, de la syphilis rénale, qui ne nous occupent pas ici) n'existent pas seulement au cas de rein mobile, on les a encore signalées dans d'autres conditions.

Un rein peut être infecté, sans que l'infection aboutisse à la formation de pus ou d'abcès. A plus forte raison s'il s'agit d'intoxication de l'organe. Les toxines microbiennes peuvent déterminer une sclérose infectieuse bien étudiée par Albarran, la sclérose faisant suite à la mortification des éléments de l'organe et à la prolifération de son tissu conjonctif. Ce processus peut se limiter à un seul rein et la néphrite unilatérale est constituée.

Dans bien des cas les chirurgiens ont pu voir et toucher ces néphrites chroniques unilatérales. Ainsi Edebohls, en mettant à découvert les deux reins, a souvent constaté qu'un seul rein était atteint de néphrite. En consultant le tableau concernant 19 cas de néphrite chronique1 opérés par lui, on voit que chez plusieurs malades dont les deux reins ont été mis à découvert la néphrite chronique était unilatérale. L'existence de la néphrite chronique ne pouvait ici être

1. Bassan. Contribution à l'intervention chirurgicale dans les néphrites médicales. Thèse de Lyon, 1903. — - Marsan. Thèse de Paris, 1910.

mise en cloute, car outre l'albumine et les cylindres constatés dans l'urine, on a vérifié l'état du rein décortiqué et l'on a même fait l'examen histologique de fragments qui avaient été prélevés pendant l'opération. Plusieurs opérés ont guéri de leur néphrite, beaucoup d'autres ont été améliorés.

On a publié un certain nombre d'observations concernant des néphrites chroniques unilatérales dont les symptômes principaux sont la douleur et l'hématurie. Les douleurs sont parfois très vives, l'hématurie est souvent persistante ou abondante. Ce sont des néphrites mixtes avec prédominance très marquée des lésions sur l'appareil glomérulaire et sur le tissu conjonctif interstitiel1. Je pense qu'un certain nombre de ces néphrites sont entachées de tuberculose ; néanmoins, dans quelques-uns des cas publiés, la tuberculose ne semble pas devoir être incriminée et il s'agissait réellement de néphrite chronique unilatérale à forme douloureuse et hémalurique guérie par l'opération.

F. — Nous arrivons au côté encore mal élucidé de la question qui nous occupe. Jusqu'ici l'étude que nous avons entreprise dans ce chapitre a surtout visé l'unilatéralité des néphrites et l'intervention chirurgicale au cas de néphrite unilatérale. Mais en lisant les observations concernant le traitement chirurgical des néphrites médicales nous voyons que l'opération a été plusieurs fois dirigée contre des néphrites dites brightiques. Ici il s'agit de s'entendre. Sous peine de confusion, nous ne devons pas spolier les mots de l'idée que l'usage a consacrée. Le terme de néphrite brightique représente l'idée de néphrite bilatérale. La dénomination de maladie de Bright est l'équivalent de néphrite double. La présence de l'albumine et des cylindres dans l'urine ne suffit pas pour motiver le diagnostic de maladie de Bright. On peut avoir de l'albumine et des cylindres alors qu'un seul rein est atteint de néphrite, mais si l'autre rein est indemne, la dépuration urinaire est suffisamment assurée pour qu'on n'ait pas à redouter les accidents petits

1. Michaux. Néphrites chroniques hématuriques. Th. de Paris, 1900.

ou grands du bright isme et de l'urémie; ce n'est pas là du mal de Bright. Il ne faut donc pas dire qu'on a opéré une néphrite brightique alors qu'on a opéré une néphrite unilatérale. Or cette confusion est faite quelquefois par les chirurgiens : elle peut fausser notre appréciation. Telle observation est étiquetée néphrite brightique (ce qui suppose une néphrite bilatérale) et l'on voit en lisant l'observation que la néphrite était en réalité unilatérale.

Toutefois, la chirurgie est intervenue assez souvent au cas du vrai mal de Bright (néphrite chronique bilatérale). Ce côté de la question est fort bien résumé dans la thèse de Bassan1. Je cite textuellement : Dans une publication parue dans le Brit. med. Journal du 23 novembre 1902, Edebohls oppose la décapsulation du rein à la néphrotomie et à la néphrectomie. 11 a fait la décapsulation sur 40 malades atteints du mal de Bright : 23 cas chez des femmes, 1 cas chez un enfant et 16 cas chez des hommes dont 6 étaient des médecins. Dans 16 cas Edebohls a fait une décapsulation accompagnée de néphropexie, dans 4 cas le rein droit fut seul opéré, et dans les 12 autres cas la décapsulation porta sur les deux reins. Chez les 24 autres malades la décapsulation double et totale fut pratiquée, ce qui porte à 36 le nombre des interventions bilatérales faites par Edebohls. Ce qui revient à dire que 56 personnes ont été opérées par lui de maladie de Bright (néphrite bilatérale chronique) et depuis cette époque Edebohls annonce de nouveaux faits.

En quoi consistent les opérations dirigées contre les néphrites? Il n'est pas dans les attributions d'un Traité de médecine d'empiéter sur la technique opératoire, je me contente donc de signaler les procédés opératoires qui sont, suivant les cas, la néphrotomie, la décapsulation, la néphropexie, etc. Par la néphrotomie on remédie à la tension rénale exagérée ; le débridement de la capsule inextensible libère le rein et facilite la circulation et le fonctionnement de l'organe. Pour Edebohls, l'opération doit surtout suppléer

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