Albarran. Annales génilo-ur inaires, 1896, p
A. Berton. Diagnostic différentiel entre la tuberculose et la lithiase rénales. Thèse de Paris, 1900.
l70 MALADIES DE L'APPAREIL UWNAIRE.
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Efd ïSi^îïKion de ce rein droit Or l'.ppl cafôn de l'appareil séparateur montre que, contrairement a ce
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diGrâcSe1Cà cette sélection, on constate qu'à la première ba?S de l'autre rein (celui qui est supposé indemne) doit
filK^'^ « «" «M»,M'e' janV'er 1903
être connu avant de poser les indications opératoires. En aucun cas, il n'est permis aujourd'hui d'enlever un rein tuberculeux sans s'être assuré du fonctionnement normal de l'autre rein (Albarran). Cette précision absolue de diagnostic ne peut être obtenue que par le cathétérisme urétéral. Je viens de constater le fait, ces temps derniers, chez un malade que je voyais avec Albarran. Un jeune homme, sans antécédents héréditaires et n'ayant aucune manifestation tuberculeuse pulmonaire ou génitale, se plaignait depuis quatre mois de poilakiurie douloureuse. Les urines étaient troubles, légèrement purulentes, et l'examen bactériologique y avait décelé le bacille de Koch. La vessie avait sa capacité normale. Les reins n'étaient ni gros ni douloureux à la pression. L'examen cystoscopique démontra que la vessie était saine. Par cathétérisme de l'uretère gauche, Albarran recueillit en une heure et demie 75 grammes d'urine trouble, pendant que le rein droit ne sécrétait que ,45 grammes d'urine limpide. Dans l'urine du rein gauche, on trouva du pus et des bacilles de Koch; dans l'urine du rein droit, il n'y avait ni pus ni bacilles. L'urée, les phosphates, les chlorures étaient d'un tiers plus élevés dans l'urine du rein gauche (rein malade) que dans l'urine du rein droit (rein sain). Il était évident que le rein gauche était seul tuberculeux et l'on pouvait ajouter que les lésions tuberculeuses étaient peu avancées. Albarran extirpa le rein gaucho. Au premier abord, ce rein parut absolument sain; mais, sur des coupes, on mit à découvert les lésions tuberculeuses : tubercule cru à la base d'une pyramide ; cavernule de la dimension d'un pois à la région corticale; granulations tuberculeuses dans le bassinet. Le malade est actuellement en voie de guérison.
Le pronostic de la tuberculose rénale est beaucoup plus grave dans la forme secondaire que dans la forme primitive. La guérison de la tuberculose du rein est possible, car on a retrouvé des cicatricees de cavernes rénales1; mais
1. J'en ai constaté un cas chez un jeune garçon mort de méningite tuberculeuse. '
habituellement, après une durée qui varie d'une à quelques années, si Ton n'intervient pas à temps, le sujet succombe aux progrès de l'hecticité, à l'envahissement tuberculeux des organes génito-urinaires, à des accidents de fièvre uro-septique, à des complications tuberculeuses de l'appareil respiratoire.
Traitement. — Le traitement médical de la tuberculose rénale se réduit à quelques considérations hygiéniques. Le traitement chirurgical, le seul qui soit rationnel, n'a pas sa place détaillée dans un manuel de pathologie médicale. Je renvoie donc aux traités de chirurgie 2. Toutefois, on a pu, à la lecture de cet arricle, se faire une idée des principales indications de l'opération. On a vu que les tuberculoses primitives, d'origine sanguine, sont bien plus accessibles à l'intervention que les tuberculoses rénales secondaires, alors que la vessie, l'uretère et autres organes sont déjà envahis par la tuberculose.
On pratique deux opérations différentes dans la tuberculose rénale : 1° la néphrotomie ou incision simple du rein, ayant pour but d'évacuer le pus qui s'accumule dans le bassinet en cas de rétention. C'est là une opération de nécessité qui présente le grave inconvénient de laisser une fistule persistante; 2° la néphrectomie ou extirpation du rein, dont les résultats se sont améliorés dans des proportions extraordinaires, grâce à la précision du diagnostic, surtout depuis l'usage du cathétérisme urétéral. Vigneron, en 1892, trouvait une mortalité opératoire de 54 pour 100; Albarran2 sur 51 néphrectomies, n'a perdu qu'un seul malade, son premier opéré, mort de méningite. Ces résultats sont d'autant plus remarquables que souvent les malades ont été opérés en pleine fièvre, dans un état de cachexie avancée, et que plusieurs guérisons se maintiennent depuis cinq et six ans.
1. Tuffier. Intervention chirurgicale dans la tuberculose rénale. Société de chirurgie, 13 novembre 1896.
2. Albarran. Traité de Chirurgie de Le Dentu et Delbet,\o\. VIII,pag.86G.
10. SYPHILIS RÉNALE — NÉPHRITE-SYPHILITIQUE SECONDAIRE SYPHILIS TERTIAIRE DU REIN
Dès le début de ce chapitre, faisons justice de certaine théorie (Gùntz), d'après laquelle la médication mercurielle serait en grande partie justiciable des néphrites qui surviennent chez les syphilitiques. Dans un mémoire sur la syphilose du rein1, Mauriac s'élève avec raison contre cette assertion; il suffirait, pour la réfuter, de voir comment se comportent les intoxications mercurielles chez les gens dont la profession est de manier le mercure. Abstraction faite d'un empoisonnement suraigu dû à l'ingestion de préparations hydrargyriques à très haute dose, l'intoxication mercurielle respecte le rein; les doreurs, les miroitiers, les mineurs et tant d'autres ouvriers qui font usage de mercure peuvent être atteints d'accidents multiples : stomatite, lésions osseuses buccales, tremblement mercuriel, et bien d'autres manifestations hydrargyriques, mais leur rein reste indemme. Il n'en est pas du mercure comme du plomb, qui, lui, crée des néphrites (néphrite saturnine). Je vais citer dans ce chapitre des observations concernant des syphilitiques chez lesquels la néphrite aiguë a éclaté trois, quatre mois après le chancre, alors qu'ils n'avaient encore fait usage d'aucune préparation mercurielle ; ce n'est donc pas le mercure qu'on peut incriminer chez eux. Je parlerai également de syphilitiques chez lesquels la syphilis du rein est apparue quinze ans après l'infection, alors que depuis bon nombre d'années ils n'avaient plus fait usage de préparations mercurielles. La question est donc jugée : ce qui crée la néphrite chez les syphilitiques, ce n'est pas le mercure, c'est la syphilis.