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Tuitier et Lejars. Arch. de physiologie, 1891, p

Quoi qu'il en soit, je viens de rapporter une série de faits qui prouvent que rien ne ressemble plus aux coliques néphrétiques calculeuses que les pseudo-coliques néphrétiques qui n'ont rien à voir avec la lithiase rénale. Quand un individu, atteint de coliques néphrétiques, n'est ni arthritique, ni issu de race goutteuse, quand on ne découvre en lui aucun des autres stigmates de la diathèse goutteuse, quand ses coliques néphrétiques ne sont jamais accompagnées d'hématurie et ne sont jamais suivies de l'expulsion du gravier, quand les urines, à aucune époque et sous l'influence du traitement diurétique, n'ont été accompagnées d'aucune émission de sable urique, il est presque certain que cet individu n'a que des pseudo-coliques néphrétiques sans lithiase rénale; reste à savoir pourquoi il les a.

Pronostic. — Ce qui est grave, ce n'est pas la colique néphrétique, c'est la lithiase rénale, dont elle est le témoin ; car on ne sait jamais où l'on va avec la lithiase rénale, on pourra s'en convaincre dans un instant en lisant tous ses méfaits et ses complications. Il y a néanmoins une réelle gravité inhérente à la colique néphrétique ellemême; c'est 1 amirie que nous étudierons un peu plus loin.

Traitement. — Le traitement de la colique néphrétique a surtout pour but. de calmer la douleur. On fait usage d'injections de morphine ou d'héroïne, de potions au chloral, d'inhalation de chloroforme; on prescrit des bains tièdes et prolongés, on conseille des boissons diurétiques et alcalines, du lait coupé avec de l'eau de Vittel. L'aspirine est un excellent médicament que je recommande tout spécialement; il donne les meilleurs résultats. Au moment de l'accès, on donne l'aspirine en cachets, contenant chacun 50 centigrammes, jusqu'à la dose de 1 à 2 grammes par 24 heures, et on lui associe des injections de 1 centigramme de chlorhydrate de morphine.

En dehors des accès, le traitement est celui de la lithiase urinaire : le régime et l'hygiène occupent une place importante. Il faut éviter certain: légumes (oseille, asperges), la

tomate me paraît avoir été indûment réhabilitée; il faut proscrire la bière, le vin, les boissons alcooliques, les truffes, le gibier. On prescrit le carbonate de-lithine à la dose de 25 à 50 centigrammes par jour, la citarine à la dose de 50 centigrammes, ïurotropine à la dose de 1 gramme On con saillera les cures de .Vittel' (Bouloumié), de. Contrex.-ville, d'Évian, de Capvern.

Mais tout cela ne suffît pas. J'ai l'habitude d instituer nour la lithiase urinaire un traitement prophylactique que e ne saurais trop recommander. Ce traitement lejoici: Ouand on envoie un lithiasique faire la cure de Vittel, de Contrexéville, ou d'Éviân, cette cure ne dure en réalité que trois à quatre semaines, ce qui ne remphl pas, il s en tant, toutes les conditions thérapeutiques.

Chez bien des lilhiasiques, goutteux ou non goutteux le sable malgré la cure, continue à se former dans les reins, et par conséquent on reste sous le coup de nouveaux graviers urinaires. Aussi je pose en principe qu'il faut continuera laver les reins toute l'année, et plus longtemps encore, sans temps d'arrêt. Il n'est pas nécessaire, bien entendu, d'avaler les grandes doses d'eau qu'on ingère pendant la cure d'Évian ou de Vittel. Néanmoins il faut prendre par vingt-quatre heures une bouteille et demie d'eau d Eyian en quatre ou cinq fois, en partie dans la matinée et en partie dans la journée. Peu importe après ça, ce qu on boit aux repas, ce qui importe, c'est ce qu'on boit a distance des raoas. J'ai l'habitude de faire ajouter à chaque prise d'eau d'Evian une très petite quantité de lait, 30 grammes

environ

Au début de ce traitement, il se peut que chez certaines personnes l'estomac se montre un peu récalcitrant, on commence alors par des doses un peu moindres et 1 accoutumance se fait vite. Sous l'influence de celte médication aussi simple qu'anodine, la quantité des urines émises en vingt-quatre heures monte environ à 1800 grammes, sans que° les reins soient en rien surmenés. Les urines sont limpides. Par moments cependant, il peut se faire de petites

décharges de sable urinaire, mais ce sable n'a ni la tendance, ni le temps de s'agglomérer en gravier. De plus, si le sujet est enclin à la diathèse goutteuse, il trouve son compte à ce régime, et les mauvaises chances de la néphrite goutteuse diminuent d'autant. Mais je répète qu'on n'obtient le succès qu'en continuant le traitement pendant très longtemps sans interruption.

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