Démon et Pousson. Acad. deméd., 9 janvier 189i, p
PIEUI.AFOY, PATHOS, T. III. 17
le malade soit en pleine urémie. Il vaut mieux opérer trop tôt que trop tard ; pour une chance qu'on a de voir le cours de l'urine se rétablir, on en perd dix en hésitant, en tergiversant et en renvoyant au lendemain une opération qu'on aurait dû faire la veille. Reste à savoir à quelle opération il faut donner la préférence. Je n'ai pas dans un chapitre de pathologie médicale à discuter le côté chirurgical de la question. Chez une jeune femme atteinte d'anurie calculeuse, j'ai vu la sécrétion urinaire reparaître, sous l'influence de l'acte réflexe, provoqué par le cathétérisme de l'un des ure tères pratiqué par Albarran.
D. PYÉLO-NÉPHRITE CALCULEUSE PYONÉPHUOSE
Pathogénie. — La lithiase urinaire est la cause la plus commune de la pyélite1. Tant que le milieu dans lequel se développent les calculs reste aseptique, il n'y a pas de suppuration. Les calculs du rein peuvent évoluer pendant des années sans accidents de pyélite, de même que les calculs de la vésicule biliaire peuvent évoluer pendant des années sans accidents de cholécystite. On voit des gens qui ont eu dans leur vie, dix, vingt attaques de coliques néphrétiques calculeuses, et qui n'ont jamais présenté la moindre suppuration des voies urinaires; on voit des gens qui ont depuis bien des années un gros calcul du rein, avec douleurs lombaires et hématuries, et qui n'ont jamais infecté leurs reins. Des calculs peuvent donc séjourner dans le bassinet, dans les calices pendant bien longtemps, ils peuvent être sclérogènes et susciter des lésions scléreuses, mais ils sont aseptiques et ils ne peuvent pas eux-mêmes provoquer la suppuration. Du reste, cette tolérance des reins pour les calculs aseptiques a été expérimentalement démontrée. Legueu, reprenant les expériences de Tuffier, a introduit aseptiquement, dans le bassinet de chiens, des graviers aseptisés, et après deux mois de contact, le bassinet ne présentait, ni à l'œil nu, ni au mi-