Gosset. Étude sur les pyonéphroses . Th. de Paris
croscope, la moindre trace de suppuration, l'examen bactériologique restait négatif et les cultures restaient stériles1.
Pour que la pyélite se produise, il faut donc que l'infection soit apportée du dehors. Dès 1886, Clado trouvait que l'agent pathogène des infections urinaires est une bactérie qu'il nommait bactérie septique; en 1887, Àlbarran2 l'expérimentait et lui donnait le nom de bactérie pyogène, et nous savons aujourd'hui que cet agent infectieux, dont le nom seul a changé, est le coli-bacille, auquel s'adjoignent fréquemment d'autres espèces, streptocoques, staphylocoques, etc. (Halle)3. Ces agents pathogènes sont introduits dans les voies urinaires à la faveur de lésions multiples, lésions de l'urèthre (rétrécissements, blennorrhagies, maladies de la prostate, cathétérisme septique); lésions de la vessie (vessie qui se vide incomplètement, cystite consécutive aux maladies uréthro-prostatiques), lésions de l'uretère: l'infection suit la voie des pyélo-néphrites ascendantes, l'agent pathogène aborde le rein qui est en état de réceptivité morbide causée par le traumatisme des calculs et la pyélite se déclare.
Anatomie pathologique. — Dans ses formes légères, la pyélite calculeuse consiste en une congestion de la muqueuse des calices et du bassinet avec hypersécrétion et desquamation épithôliale. Dans les formes plus accusées et à l'état chronique, la muqueuse est ulcérée, épaissie, couverte de muco-pus. La forme dite diphthéritique est caractérisée par un dépôt pseudo-membraneux ou fibrineux étalé sur la muqueuse. Parfois les calices et le bassinet forment une poche multiloculaire, anfractueuse, contenant des calculs enchatonnés ou ramifiés, du liquide purulent et une bouillie calcaire. Cette poche peut prendre des dimensions considéra-
1. Legueu. Calculs du rein et de l'uretère. Th. de Paris, 1891.
2. Albarran et Halle. Note sur une bactérie pyogène et sur son rôle dans l'infection urineuse. In Bull, de VAcad, de méd., août 1888. — Albarran. Étude sur le rein des urinaires. Th. de Paris, 1889.
5. Halle. Infection urinaire. Annales des maladies des voies génito urinaires^ 1892.
blés, surtout si l'uretère est oblitéré; alors la substance du rein est refoulée, aplatie, et réduite à une coque qui a subi l'atrophie et la transformation fibreuse. Très souvent l'uretère participe à l'inflammation et à la dilatation du bassinet; il devient sinueux (Halle)1. Si la lésion est unilatérale, le rein sain s'hypertrophie et suffit à la sécrétion urinaire; si la lésion est double, les plus graves accidents (anime, urémie) ne se font pas attendre. Le contenu de la poche peut subir la transformation crétacée, les parois s'épaississent, forment une coque fibreuse et l'uretère se transforme en un cordon fibreux.
Le rein est tantôt gros, hypertrophié, kystique, tantôt atrophié, ratatiné, scléreux. Si la suppuration a envahi le rein, on trouve dans la substance médullaire des abcès développés suivant le trajet des tubes droits, abcès canaliculaires ou rayonnes, caractérisés à la loupe par des stries grisâtres qui représentent la direction des canaux excréteurs, et Ton trouve dans la substance corticale des abcès miliaires, arrondis, globuleux. Parfois le rein, très volumineux au premier abord, ne doit son volume qu'à l'hypertrophie scléro-lipomateuse de l'atmosphère celluleuse péri-rénale, variété de périnéphrite qui va être étudiée un peu plus loin. Dans quelques cas on trouve à l'autopsie une perforation du bassinet, un phlegmon périnéphrétique, une infiltration urineuse avec phlegmon gangreneux, une fistule qui communique avec les organes voisins ou avec la peau.
Description. — La pyélite calculeuse est généralement un accident tardif de la lithiase urinaire; il est rare que la pyélite se déclare dès les premières années de la lithiase ; elle ne survient que chez* les gens qui ont depuis longtemps des coliques néphrétiques, des hématuriesmi des symptômes de gros calculs. Dans quelques cas néanmoins, les suppurations intra-rénales ou péri-rénales peuvent survenir chez des individus lithiasiques, jusque-là indemnes d'accidents.
Habituellement la pyélite s'installe sournoisement sans