Hanviei. Arch. de phyt.^ l870, p
MALADIES DE L'ENCEPHALE. 407
contractiles de la tunique moyenne s'atrophient consécutivement et disparaissent sans substitution graisseuse. Ces raréfactions partielles diminuent la résistance des vaisseaux et deviennent mécaniquement cause d*ectasies et à'anéwrysmes miliaires.
Ces petits anévrysmes, qui ont en moyenne un demimillimétre de diamètre et dont la plupart sont visibles à Tœil nu, finissent par se rompre, et Thémorrhagie se produit. Ces anévrysmes miliaires avaient été entrevus par Gruveilhier (apoplexie capillaire), Meynert, Heschei, par Gharcot, mais nul, |jusqu*à Bouchard^, n'avait saisi les rapports qui existent entre l'anévrysme miliaire et rhémorrhagie cérébrale. Nous savons maintenant comment se forment les anévrysmes miliaires et comment ils se rompent ; on a saisi sur le fait toutes les phases de la lésion, depuis la périartérite initiale jusqu'à rhémorrhagie terminale.
Cette altération et ce processus ne ressemblent pas aux lésions athéromateuses de Tendartérite, lésions qui sont localisées dans les couches profondes de la tunique interne, et, tandjs que Tathérome cérébral est surtout lié à l'histoire des thromboses et des ramollissements, la périartérite scléreuse prépare et provoque l'hémorrhagie.
Est-ce à dire que l'athérome doive être banni de la pathogénie de l'hémorrhagie cérébrale? Non, puisque dans un grand nombre d'autopsies on rencontre à la fois les lésions de l'eudartérite et celles de la périartérite, et l'endartérite mérite de figurer comme cause puissante d'hémorrhagîe cérébrale.
Les altérations vasculaires qui conduisent aux anévrysmes miliaires sont souvent le résultat de l'hérédité ; néanmoins certains états morbides, tels que la maladie de Bright (artério-sclérose), l'alcoolisme, la goutte, peuvent les provoquer. Ajoutons que toute cause de conges-
1. Voir pour plus de détails : Bouchard. Recherches sur la patho* génie des hémorrhagies cérébrales, p. 68. Paris, 1866. — Charcot et Bouchard. Arch, dephys., 1SGS.
lion cérébrale agit pour produire Thémorrhagie chez un individu prédisposé (excès de tension Tasculaire, hypertrophie cardiaque, action brusque du froid).
Le rôle pathogénique de la syphilis est maintenant nettement déterminé. Les lésions de l'artérite syphilitique, qui ont pour les artères cérébrales une vraie prédilection, déterminent habituellement l'oblitération dt vaisseau, la thrombose et le ramollissement consécutif; nous étudierons cette question à l'un des chapitres suivants, mais les lésions de l'artérite syphilitique aî)outissent également à Tanévrysme et à la rupture du vaisseau malade, et par conséquent à Vhémorrhagie consécutive. Nous verrons bientôt, en étudiant la syphilis cérébroméningée, qu'on a réuni une quinzaine d'observations', où rhémorrhagie méningée était manifestement due à la rupture d'une artère syphilitique ; il n'est donc pas improbable que la syphilis ait la même action sur les artérioles du cerveau.
Bien que Thémorrhagie cérébrale soit l'apanage d'un âge avancé, elle se montre aussi aux diverses périodes de la vie. Elle est essentiellement héréditaire, ainsi que je l'ai établi dans un précédent mémoire*, plus héréditaire même que la phthisie et le cancer, elle détermine dans une même famille l'apoplexie et l'hémiplégie, et la gravité des accidents, la curabilité, la mort rapide ou la survie, ne sont subordonnées qu'à la localisation de la lésion cérébrale. Elle frappe plusieurs membres d'une famille, eti n'est pas rare que dans une même lignée, une génération plus jeune soit atteinte avant une génération plus âgée,
Description. — L'hémorrhagie cérébrale se traduit : i* par des symptômes primitifs qui surviennent 'au'moment de l'hémorrhagie ou peu de temps après; 3* par
1. Spillmann. Anévr. syph. des art. cérébr, {Annales de Derm,e( deSyphil.,iSS6),v. 641.
3. Dieulafoy. Gommanication à TAcadéraie de médecine; Toy.Ars. hebdomadaire, 1876.