‹ Manuel de pathologie interne. v. 3 (volume 2)Chapitre 176 sur 246 · Blum. Thèse d'aerrégat. de Paris · texte numérisé non relu

Blum. Thèse d'aerrégat. de Paris

i. Renard. Contracture hystéro-traumatique, ThèMjde Parif, 1816.

sont fortement déviées du côté convulsé ; la joue est parfois agitée de saccades convulsives ». Gharcot est reveiiu plus tard sur cette affirmation, et l'hémiplégie faciale hystérique est actuellement prouvée; elle ne semble survenir en général que dans les formes graves de l'hystérie*.

Les paralysies concernant les organes seront étudiées plus loin.

Contraciureg, — Les contractures hystériqties peuvent atteindre presque tous les muscles volontaires et involontaires; tantôt elles affectent les formes monoplégique, hémiplégique et paraplégique, elles peuvent même se généraliser aux quatre membres, aux muscles lombaires, aux muscles du cou, des mâchoires, de la langue, des globes oculaires, etc. ; tantôt elles frappent isolément un muscle ou un groupe musculaire. Ces contractures sont permanentes; habituellement très douloureuses, elles durent des mois et des années, elles apparaissent graduellement on brusquement et disparaissent parfois avec la même brusquerie; elles succèdent aux paralysies ou s'établissent en dehors de tout état paralytique ; elles ne cèdent pas au sommeil, mais elles cèdent, au moins temporaire ment, au chloroforme.

Ces caractères distinguent les contractures hystériques des contractures qui succèdent aux scléroses des cordons latéraux de la moelle ; ces dernières s'établissent lentement, progressivement, et ne sont pas modifiées par le chloroforme. Néanmoins, il paraîtrait que la contracture hystérique peut, elle aussi, à la longue, et dans des cas tout à fait exceptionnels, s'associer à une lésion des cordons latéraux de la moelle (Gharcot*). Ce fait doit èlre en effet bien exceptionnel, car dans une remarquable observation, contrôlée par Yulpian, on n'a retrouvé aucune trace de lésions médullaires chez une hystérique qui

1. Gasnier. Étude tur la paralysie faciale kysUrtque, Thèse de Paris, 1895.

S. Gharcot Sclérose des eord. lotir, de la moelle épinière chez une femme hffetérique {Soc, méd, des hdp,^ 85 janvier 1865).

50d MAUDIES DU SYSTÈME NERVEUX.

Ces différents moyens n'agissent pas seulement sur rhémianesthésie des hystériques : ils agissent aussi sur i'hémianesthésie qui accompagne les intoxications (alcoolisme et saturnisme) et les lésions cérébrales; il y a même à noter que l'amélioration, qui est généralement passagère dans I'hémianesthésie hystérique, peut être permanente dans les autres cas *.

Hyperesthéstes f névralgies, — Les hystériques sont sujettes à des douleurs variées qui intéressent la peau, les muscles, les articulations et les viscères. Le clou hystérique est une douleur térébrante qui siège au niveau de la suture sagittale. La céphalalgie des hystériques serait, suivant des avis différents, une hyperesthésie musculaire (Briquet), une névralgie, une migraine; elle est quelquefois caractérisée par un point douloureux à la tempe ; mais, quelle que soit la forme de cette céphalalgie, son apparition comme symptôme tenace chez les jeunes filles voisines de la pubôrté est un indice fréquent d'hystérie. La rachialgie est une hyperesthésie des muscles du rachis et des vertèbres, elle est étendue à toute la masse des muscles sacro-lombaires et long dorsal, ou limitée à l'une des régions du rachis ; la douleur rachialgique est facilement provoquée par la pression sur les apophyses épineuses ou sur les muscles.

On trouve chez les hystériques des zones hystérogènes ou plaques hystérogènes, c'est-à-dire des régions qui sont douées d'une sensibilité spéciale et permanente. Avant l'attaque, ces points présentent une exacerbation douloureuse qui fait partie de l'aura. On peut même provoquer l'aura par la pression ou par le frottement des plaques hystérogènes, et si l'on insiste on arrive parfois à provoquer l'attaque d'hystérie aussi sûrement que par la pression de l'ovaire. Réciproquement, l'attaque d'hystérie peut être arrêtée par une énergique pression provoquée sur les plaques hystérogènes. Ces zones hystéro-

1. Aigre. Métallo9eop. métallothérap. txtemm. Th. de Puis, 1179.

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gènes sont très nombreuses, eUes existent à la tète au nWeau du bregma, à Tappendice xiphoîde du sternum» sous les seins, à Fangle de Tomoplate, à la région lombaire, à la région ovarienne, au testicule chez Thomme, aux bras, aux jambes *, etc.

On a décrit également des zones idéogènes qui ne sont habituellement actives qu'à Tétat hypnotique*. L'excitation de la zone d*extase située de chaque côté du vertex met la malade dans l'attitude de l'extase ; l'excitation des zones de baïnllaget siégeant au niveau des apophyses mastoîdes, fait parler la malade avec une vivacité, une volubilité extraordinaires ; l'excitation de la zone de rire, au niveau de la protubérance occipitale externe, détermine un rire convulsif et bruyant que rien ne peut interrompre.

Les femmes hystériques sont sujettes à des névralgies intercostales et à des douleurs viscérales, gastralgie, hépatalgie, ovarie, hystéralgie, que nous allons retrouver à l'étude de chaque organe. Elles ont des crises douloureuses comparables à V angine de poitrine^, des douleurs abdominales dues à l'hyperesthésie de l'ovaire, et des névralgies delà paroi de l'abdomen ; ces symptômes, joints .au météorisme exagéré du ventre, forment un ensemble clinique nommé fausse péritonite.

Aphonie. Mutisme. Aphasie. — Je groupe dans un même paragraphe l'aphonie, le mutisme et l'aphasie hystériques, afin de pouvoir mieux opposer ces différents troubles et montrer en quoi ils diffèrent. Cette étude est tirée des leçons de Charcot*.

Vaphonie hystérique, comme toutes les aphonies, est caractérisée par la perte de la voix; le larynx ne peut

1. Gaabe. Recherchée eur le» zones hystérogènea. Thèse de Bordeaux, 1882.

I. PitrM. Leçons cliniques sur l'hystérie, 1691. S. Angine de poitrine dan» Vhystérie. Marie {Rev, de méd., avril 1882). — Leclerc. Thèse de Paris, 1887. L Cluireot. Progrès médical^ 13 novembre 1886.

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plus émettre les sons nécessaires à la voix. La parole persiste, la parole à voix basse, le chuchotement, qui est le produit de la langue et des lèvres et qui n*a rien à voir avec le larynx. L'aphonie est due à la paralysie des muscles vocaux laryngés; le son est absolument perdu, ce qui n'empêche pas la toux d'être parfois bruyante. L'aphonie hystérique survient brusquement à Toccasion d'une cause morale quelconque ou après un accès convulsif ; elle dure quelques jours, quelques semaines, et disparaît comme elle est venue, parfois à l'occasion d'une émotion morale. Les hystériques aphones ont souvent une plaque d'anesthésie cutanée aux régions sus et sous-hyoïdiennes ^ L'aphonie hystérique guérit par toutes les médications (électrisation, aimantation, métallothérapie) ou résiste à tous les moyens.

Le mutisme hystérique débute soudainement, à la suite d'une frayeur, d'une émotion, d'une attaque convulsive, ou sans cause apparente ; il peut durer des semaines, des mois, des années, il guérit toujours, et soudainement, mais il est sujet aux récidives. Gomme toutes les mani* festations de l'hystérie, il est plus fréquent chez la femme, mais on l'observe également chez l'homme. La muette hystérique est à la fois aphone et muette ; aphone, c'est-* à-dire que son larynx ne peut proférer aucun son ; muette, c'est-à-dire qu'elle est absolument privée de la parole, elle ne peut articuler aucun mot, même à voix basse, elle ne peut pas chuchoter, et cependant elle a conservé tous les mouvements de la langue et des lèvres; elle peut siffler et souffler, mais elle ne peut ni coordonner m imiter les mouvements qui servent à l'articulation des mots. Sous ce rapport, le sujet atteint le mutisme hystérique rappelle le tableau de l'aphasie motrice organique, mais le mutisme hystérique diffère de l'aphasie organique par bien des côtés, et sans parier des autres troubles, tels que l'agraphie, la cécité et la surdité verbale, qui

1. Tbaon. Hystérie et laryiuL (!»»• d§§ maU du larynx, 1881, n* 1).

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rentrent plus on moins dans le domaine de Taphasie, le Biiyet atteint d'aphasie organique, même la plus complète, peut pousser des cris, émettre des sons: il n*est pas aphone ; il peut même prononcer quelques syllabes, quelques mots : il n'est pas muet.

Le muet hystérique a son intelligence et sa lucidité, il écrit avec facilité, il se fait comprendre par gestes, deuxchoses rares chez l'individu atteint d'aphasie organique. Donc la conservation intacte de l'écriture, de la mimique, de l'intelligence, chez un individu, homme ou femme, devenu subitement aphone et muet, sont autant de signes qui permettent d'affirmer la nature hystérique du mutisme, n faut ajouter que ce diagnostic est presque toujours confirmé par d'autres stigmates de l'hystérie, hémianesthésie, anesthésie pharyngée, troubles sensoriels» troubles oculaires, zones hystérogènes, facilité de [N^voquer la contracture d'un membre par l'application d'un lien circulaire. D'autre part, la réunion ou l'absence de ces différents signes permet de reconnaître les simulateurs.

Le mutisme peut être facilement provoqué chez les hystériques hypnotisables, et il se reproduit avec tous ses caractères précédemment énumérés; ce syndrome artificiel» provoqué pendant la période de somnambulisme, persiste quand le sujet est réveillé, a C'est dans l'écorce grise des hémisphères cérébraux qu'il faut chercher la lésion dynamique d'où dérivent les symptômes dont il s'agit, et le mécanisme qu'il convient d'invoquer ici n'est autre chose que celui qui, suivant nous, rend compte de la production des paralysies dites psychiques ou mentales, p (Gharcot.)

Vaphasie avec ses caractères vrais a quelquefois été observée chez les hystériques'; elle est habituellement associée à l'apoplexie hystérique.

I Apoplexie hystérique, — Gliniquement, l'apoplexie

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