David. Aphonie hyëtirtque. Thèse de Paris. 188i
hystérique a tous les caractères de Tapoplexie de cause organique (Debove) ; apoplexie avec ou sans aphasie, avec hémiplégie et presque toujours avec hémianesthésie. L*hémianesthésie est même un symptôme saillant, tandis que rhémiplégie est peu prononcée. Toutes les conséquences de Tattaque, hémianesthésie, hémiplégie, hémichorée, contracture, sont facilement curables par les ^sthésiogènes^
Troubles psychiques, — La femme hystérique est exagérée en toute chose, volontiers elle se donne en spectacle ; et pour se rendre intéressante elle imagine toute sorte de simulations, elle est capable des actes les plus répugnants. Les hystériques sont souvent malicieuses, perverses, dissimulées, menteuses; certaines mentent avec une ténacité et une effronterie inouïes; elles sèment partout la brouille et la discorde ; elles ne savent qu'inventer pour qu'on s'occupe d'elles; elles simulent un suicide, elles jettent le désespoir dans leur famille en annonçant qu'elles veulent se tuer, alors qu'elles n'en ont aucune envie ; elles s'accusent d'actes qu'elles n'ont pas commis, elles portent contre autrui de fausses accusations de vol et de meurtre, elles se disent victimes d'attenlats et de viol, et elles font traîner des innocents devant les tribunaux, quand elles ne les ont pas fait monter sur un bûcher, comme ce malheureux Urbain Grandier que les religieuses ursulines de Loudun accusaient de crimes imaginaires. La plupart des hystériques ont des hallucinations pendant Tattaque convulsive; chez certaines, les hallucinations persistent en dehors des attaques; ainsi, telle femme, calme et tranquille, occupée à lire ou à travailler, se lève brusquement, pousse des cris, croyant voir des bètes fantastiques sur le mur ou sur le parquet. Le délire erotique et religieux leur est familier et les conduit pai'fois à la démence.
L'hystérie rend les sujets qui en sont atteints particu-
1. Apoplexie hyatériqfu. — Achard {Arcfudê méd., janvier et fé» vrier 1887).
lièrement aptes à la neurasthénie^ aux suggestions et à l'hypnotisme, questions qui seront étudiées dans les chapitres suivants.
Il y a une hystérie rabifarme que Grasset a minutieusement analysée et décrite ^
A l'état mental des hystériques est liée une grave question de médecine légale, et l'hystérie a été associée plus d'une fois aux causes célèbres qui ont passionné le public. 11 faut lire au sujet de cette étude la très intéressante obserration de M. Grasset publiée sous le titre de « Roman d'une hystérique » *.
Troubles trophiques, — A l'hystérie sont associés des troubles trophiques nombreux et variés'. Aux troubles trophiques cutanés se rattachent le zona, la chute des cheveux, la chute des ongles, les ecchymoses spontanées, les sueurs de sang. Aux troubles du tissu cellulaire se rattache l'œdème, qui est parfois un œdème bleu. L'œdème hystérique est une tuméfaction dure des téguments qui ne se laissent pas déprimer par le doigt comme l'œdème vulgaire ; à ce niveau la peau est cyanosée, violacée, d'où le nom d'œdème bleu. Cet œdème se localise à une main, à un membre, au bras, k la jambe ; il est presque toujours associé à la contracture ou à la paralysie du membre envahi. Il peut s'établir en permanence et subir, comme la paralysie et comme la contracture, des alternatives diverses.
Quelques observations de sein hystérique signalent le gonflement douloureux du sein avec sécrétion lactée. Tihipault a constaté un cas d'hémorrhagie hystérique du sein et il lui a été possible d'en réunir plusieurs observations semblables*.