Jaccoud. Leçons de clinioue médicale, 1887, p
iyi MALADIES DE L'APPAREIL URINAIRB.
Les autres médicaments, le tanin, Tacide galllque, la fuchsine, qui avait été si fort préconisée, ne me paraissent avoir aucune efûcacité*.
Si les œdèmes sont considérables (œdèmes périphériques et œdèmes splanchniques), si le cœur parait faiblir, si malgré le régime lacté, les urines ne deviennent pas suffisamment abondantes, on donnera tous l6i jours une ou deux cuillerées de vin diurétique de Trousseau dans un demi-litre d'eau d'Évian additionnée de 30 grammes de lactose et de citron. Cette boisson diur rétique sera alternée avec les prises de lait. En pareil cas, Tmfusion de digitale bien maniée et les préparations de caféine rendent également de réels services.
Si les épanchements des séreuses sont considérables» il faut leur donner issue.
Aux grands accidents urémiques d'ordre nerveux, délire aigu, convulsions épileptiformes, coma, œdème aigu dn poumon, il faut opposer la saignée. On pratique une saignée de 200 à 300 grammes et Ton recommence la saignée le jour même, le lendemain, les jours suivants s'il y a lieu. Bien appliquée, la saignée donne habituellement les meilleurs résultats; elle arrête les accès convulsifs qui tuent si souvent les malades. L'amélioration qu'on obtient en pratiquant la saignée est due à deni causes : d'abord la saignée facilite la résorption des œdèmes viscéraux, ensuite elle soustrait une notable quantité du poison urémique. A défaut de saignée» on applique des sangsues derrière les oreilles ou à Tenus.
Je me suis demandé si la transfusion pratiquée chei les urémiques ne pourrait pas agir efficacement, et si rapport de 100 grammes du sang de bonne qualité ne pourrait pas modifier la composition d'une masse sanguine de mauvaise qualité. J'ai pratiqué dix fois la trans* fusion pour des cas analogues.
1 . Dieulafoy. Valeur thérapeutique de la fuchsine dont ie mai eh Drightt 1884 {Gaz. hebd,, D*' 30 ot 33).
Les observations que je possède sur la transfusion du sang dans le mal de Bright sont trop peu nombreuses pour qu*on en puisse tirer aucune conclusion, mais ce qui me parait démontré, c*est que la transfusion de iOO à 120 grammes de sang est inoffensive, même quand elle est pratiquée aux périodes avancées de la maladie. Ce qui me parait également démontré, c'est que la transfusion a une influence salutaire sur les accidents urémiques; elle peut les enrayer pour une durée qui est probablement variable suivant la nature et Vintemilé des lésions. Ce résultat a été bien net chez la femme qui fait le sujet de ma première observation*. Il est évident que les 120 grammes de sang infusés dans la veine de cette malade n'ont pu modifier en rien les lésions rénales, mais les accidents urémiques, céphalée, vomissements, convulsions, état comateux, ont été enrayés ou modifiés.
Nous ne pouvons, pour le moment, tirer d'autres conclusions, mais il est permis de se demander ce qui arriverait si, au lieu de pratiquer une seule transfusion, on en pratiquait une série.
Dans un cas de Stohr, la transfusion fut pratiquée pour des accidents urémiques aigus; le malade succomba treize jours plus tard à des complications pleuro-pulmonaires, mais l'opération, dit Bartels', eut un succès éclatant contre les accidents urémiques. Dans un autre cas, Belina Swiouthowsky pratiqua la transfusion chez une femme en couches éclamptique et albuminurique : le succès fut complet et durable.
La dyspnée urémique, qui revêt parfois une si terrible intensité, peut être combattue par différentes médications, au nombre desquelles sont les émissions sanguines (ventouses scarifiées sur la poitrine). On peut sans in-
1. Dieulafoy. Étude sur la transfusion du sang dans la maladie do Dright {Gat. hehd,, 18 janvier 188i).
t. Bartels. Le» maladie* de* reiru, traduit par Edelman, additions de Lépine. Paris, 18Si.
104 VALADIES DE L'APPAREIL URIKAIRE.
convénient, on doit même faire usage des injections sous-cutanées de morphine A très petite dose; chaque injection contenant un demi-centigramme ou un centigramme de chlorhydrate de morphine. Je ne partage nullement les préventions de certains médecins relativement à Tusage de la morphine chez les brigfatiques; bien maniée, la morphine donne de bons résultats.
Il y a quelques années, j*ai eu Tidée de combattre par Vipéca les dyspnées urcmiques ; la médication réussit d'autant mieux que la dyspnée est plus toxique et moins associée à un œdème broncho-pulmonaire. Je fais donner toutes les heures une pilule composée de 5 centigrammes d'ipéca et de 2 milligrammes d'opium. On arrête la médication dès que l'état nauséeux menace de se terminer par vomissement et on la recommence les jours suivants s'il y a lieu. J'ai vu plusieurs malades atteints de grandes dyspnées urémiques très soulagés par Tipéca. Contre la dyspnée urémique les inhalations d'oxygène ont également été préconisées'.
La céphalée urémique est calmée par l'application de sangsues derrière les oreilles et par l'antipyrine à la dose de i à 3 grammes par jour.
Les vomigêements urémiques et l'intolérance stomacale urémique sont des accidents parfois fort difficiles à combattre. Il faut mettre le malade à la diète absolue; on lui permet quelques morceaux de glace; on lui prescrit» toutes les trois heures, un petit lavement destiné à être gardé et contenant : 150 grammes d'eau, 20 grammes de lactose, un jaune d'œuf et 10 grammes de peptone. Dès que l'estomac est devenu plus tolérant, on donne toutes les deux heures un verre à bordeaux d'eau glacée, précédé d'une cuillerée à café de la solution suivante :
Eau de chaux 100 grammes.
Chlorhydrate de cocaïne ... 4 centigrammet.
Chlorhydrate de morphine. . 1 —