‹ Manuel de pathologie interne. v. 3 (volume 2)Chapitre 32 sur 246 · Durand-Fardel. Thèae de Paru · texte numérisé non relu

Durand-Fardel. Thèae de Paru

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dans la substance corticale et s*ouvrent par des perluis étroits ou par de larges ouvertures dans le bassinet qui est peu malade et non dilaté ; tandis que lorsque la tuberculose du rein se fait par voie ascendante, le bassinet qui est envahi avant le rein, est fort dilaté, fort malade et au lieu de plusieurs cavernes plus ou moins béantes, on ne trouve qu*une vaste excavation festonnée, formée aux dépens de la dilatation du bassinet et de la substance pyramidale du rein. Les planches de thèse de Du Pasquier montrent bien ces différents processus. Les calices et le bassinet sont baignés par un liquide purulent et caséeux, et par places, l'organe est réduit à une coque fibreuse infiltrée de sels calcaires.

Dans quelques cas, le rein tuberculeux, y compris les calices et le bassinet, est transformé en une masse compacte, analogue à du mastic de vitrier, comparé par TufRer au contenu d'un gros kyste dermoïde ^ Cette dégénérescence massive lient à Toblitération de l'uretère, les produits tuberculeux s'étant accumulés sur place sans pouvoir se déverser au dehors. J'en ai observé un cas, chez un tuberculeux mort dans mon service, le rem était transformé en une masse caséeuse, analogue à du mastic, enveloppé par une coque plus ou moins fibreuse.

L'urelérite tuberculeuse oblitérante, peut provoquer rhydronéphrose au vrai sens du mot. Dans une observation de Tuffier, l'oblitération de l'uretère était* absolue, le bassinet, les calices et le rein étaient transformés en une cavité pseudo-kystique, aseptique, contenant un liquide transparent absolument stérile *. D'autres observations analogues ont été publiées'.

En résumé, la tuberculose rénale peut se présenter

1. Bonneau. Société anatomique^ 1889, p. 3Gi. — Guinon. Société anatomiqite^ 1887, p. 583.

2. Tuffier. Tuberculose rénale. Archives générales de médecine, mai 1892, p. 41.

S. fiepio. Société anatomique, 15 janvier 1832.

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sous les aspects suivants : a. — L'infiltration tuberculeuse est surtout cantonnée à la substance corticale du rein (infection sanguine), et y détermine des foyers, des cavernes, des abcès qui se déversent dans le bassinet à la façon d'une Yomique rénale, h. — Les lésions tuberculeuses sont ascendantes et déterminent une pyélo-néphrite avec ou sans obstruction de l'uretère, avec ou sans distension de la glande, avec ou sans rétention uro-purulente et lésions tuberculeuses de la substance médullaire et de la substance corticale, c. — L'urétérite tuberculeuse est oblitérante et associée à la dégénérescence tuberculeuse massive du rein. d. — L'urétérite oblitérante est associée à l'hydronéphrose tuberculeuse, e. — La couche cellulograisseuse qui entoure le rein est atteinte, tantôt de périnéphrite scléro-lipomateuse, tantôt de périnéphrite suppurée. — Telles sont les lésions du rein tuberculeux, et si leur topographie ditfère quelque peu à leur période de formation, suivant que l'infection est sanguine, corticale (primitive), ou suivant qu'elle est ascendante, urinaire (secondaire), on peut dire qu'à un moment donné, toutes ces lésions finissent par se fusionner. Voyons maintenant, dans quel état sont les organes génito-urinaires et le poumon.

Vuretère est l'organe le plus souvent atteint, il Test même toujours dans la tuberculose ascendante. U est augmenté de volume, induré, rétréci, oblitéré, parfois adhérent aux organes voisins, au péritoine, aux vaisseaux utéro-ovariens, à l'iléon à droite, à l'S iliaque à gauche. H forme un gros cordon dur, qu'on arrive à sentir à travers la paroi abdominale.

A la vessie^ la tuberculose évolue sous forme de granulations situées dans le trigonc, plus près du col si la tuberculose est ascendante, plus près de l'orifice des uretères si la tuberculose est descendante. Peu à peu les ulcératious tuberculeuses apparaissent, mais leur évolution se fait avec beaucoup de lenteur.

L'appnroil génital de ri::.unue, vésicules séminales,

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prostate, canal déférent, épididyme, est très fréquemment atteint; cette tuberculose génitale est une des origines les plus habituelles de la tuberculose rénale secondaire. Par contre, la tuberculose de Tappareil génital de la femme est exessivement rare.

J'ai dit au début de cet article que la tuberculose rénale est souvent unilatérale. Si Ton fait une statistique d*autopsies, c'est-à-dire à une période où Tinfection tuberculeuse a eu tout le temps de se généraliser, on trouve que la tuberculose rénale est unilatérale dans la moitié des cas, mais quand on fait la statistique à une époque tnoins avancée, au moment de l'intervention chirurgicale, on peut affirmer que le second rein est indemne dans les trois quarts des cas*, chose essentielle pour l'indication opératoire. Toutefois, alors même que ce second rein n'est pas tuberculeux, il présente assez souvent à une époque un peu avancée, des lésions d'un autre genre, pyélonéphrite, pyélite calculeuse, dégénérescence amytoîde. Le bacille de Koch est facile à trouver aux premiers stades de la lésion rénale; plus tard on constate surtout d'autres microbes, coli-bacille, streptocoque, staphylocoque.

Le poumon est souvent atteint de tuberculose qui précède ou qui suit la tuberculose du rein.

Description. — La tuberculose du rein est insidieuse et latente à ses débuts ; parfois même elle reste presque latente jusqu'à une période avancée, surtout si l'uretère est oblitéré; quand je dis qu'elle reste presque latente, il serait plus vrai de dire qu'elle peut rester méconnue, masquée parfois par une tuberculose vésicale. Dans quelques cas, après avoir parcouru silencieusement une partie de son évolution, la tuberculose rénale se révèle par tel ou tel symptôme qui donne l'éveil, le malade pisse du pus ou du sang; il éprouve de violentes douleurs; un phlegmon périnéphrétique se déclare; quoi

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