Jnt.coud. Clinique de la Chavilèy p
plus rare, Turine est dense et foncée. On y trouve en abondance des urates, de Turée, de l'acide urique ; l'albumine, quand elle existe, est en petite quantité : on découvre au microscope des globules blancs et rouges, des cellules épithéliales, et parfois des cylindres de différente nature. L'insuffisance de la dépuration urinaire qui résulte des lésions que je viens de décrire entre pour une part dans la production des symptômes asystoliques, mais elle n'aboutit que bien rarement à de vrais accidents urémiques. Sous l'influence du traitement que j'ai exposé au chapitre concernant les maladies mitrales, le rein cardiaque reprend ses fonctions, c'est même par le rein que l'asystolie est en grande partie conjurée.
d 3. NÉPHRITES AIGUËS. — NÉPHRITE ALBUMINEUSE AIGUË.
Discnssion. — L'histoire des néphrites aiguës est encore entourée d'obscurité; la nature des lésions, l'étiologie de la maladie, ses modes de terminaison, ont été le sujet d'opinions si contradictoires, qu'il n'est pas possible actuellement de proposer une classification des inflammations aiguës du rein.
Il n'y a pas longtemps, on divisait les néphrites aiguës en néphrite catarrhale et néphrite parenchymatetise; la néphrite catarrhale avait pour attributs d'être légère et passagère, de limiter son processus à l'épithélium des canaux excréteurs et de rendre à l'organe sa complète intégrité, tandis que la néphrite parenchymateuse, plus grave, plus persistante, était localisée à l'épithélium des canaux sécréteurs {tubuli contorti). Pour accentuer cette distinction, on avait imaginé une comparaison qui assimilait la néphrite catarrhale des tubes excréteurs à la bronchite vulgaire et la néphrite parenchymateuse des tubes sécréteurs à la pneumonie lobulaire, à la bronchite
capillaire (Lécorché). Mais cette distinction ne repond ; nullement aux lésions vraies des néphrites aiguës, dans lesquelles le rein tout entier participe plus ou moins au processus morbide. Une autre division consistait à séparer les néphrites aiguës» en néphrite épithéliale et en néphrite interstitielle, Tune envahissant les épithéliums du rein, Tautre le tissu conjonctif ; mais cette division, si simple en apparence, alternativement admise et rejetée, n*a pas sa raison d*être et ne peut servir de base à une description.
Pendant longtemps on avait regardé le processus aigu des néphrites comme exclusivement dévolu aux épithéliums du rein, tandis que le tissu interstitiel de Torgahe ne semblait se prêter qu'à un processus chronique (Bartels). Mais bientôt on crut s'apercevoir qu'on avait eu tort de rejeter la néphrite interstitielle du cadre des néphrites aiguës; on alla même jusqu'à contester la nature inflammatoire des néphrites épithéliales (Klebs) ; OH prétendit que le processus des néphrites aiguës épithéliales n'est pas un processus irritatif, mais seulement un processus dégénératif, et le rôle vraiment actif du processus inflammatoire fut dévolu au tissu interstitiel. C'est alors que les néphrites de la variole (Traube), de la scarlatine (Klebs), de la diphthérie, du choléra (Kelsch), de la fièvre typhoïde, furent considérées comme des néphrites aiguës interstitielles, et l'on put croire un moment que la néphrite interstitielle aiguë allait résumer l'histoire presque entière des néphrites aiguës.
Mais de nouveaux travaux, aidés de l'expérimentation et favorisés par des modes de préparation perfectionnés (Gornil), ont permis de rétablir les faits dans une plus juste mesure ; on a fait la part des lésions interstitielles, on a vu que ce qui avait été décrit comme lésion interstitielle se réduit, en partie, à la diapédèse des globules blancs, et, en somme, la prépondérance du processus morbide est restée au parenchyme. Les lésions des néphrites aiguës sont des lésions parenchymatcuses, qui
MALADIES DES REINS. il
atteignent les différentes parties de la glande, tube excréteur, tube sécréteur et glomérule, lésions auxquelles s'associent, suivant le cas, des altérations interstitielles et vasculaires plus ou moins prononcées.
Les formes anatomiques des néphrites aiguës sontelles variables suivant les causes qui les engendrent, et la néphrite de la scarlatine, par exemple, a-t-elle un type distinct de la néphrite qui survient dans le cours de la Oèvre typhoïde, ou de la néphrite qui éclate après un refroidissement? Nullement. Les néphrites aiguës n'ont pas de type anatomique distinct qui permette de les différencier. Que la néphrite soit primitive (a frigore), qu'elle soit de nature expérimentale (injections de cantharides) (Gornil), qu'elle apparaisse dans le cours de la scarlatine, de la variole, de la diphthérie, de la pneumonie, on peut dire que les altérations aiguës du rein ne revêtent, dans aucun cas, de type vraiment distinct; ces altérations peuvent être plus ou moins étendues, plus ou moins intenses, plus ou moins passagères, plus ou moins durables, plus ou moins dégénératives, elles peuvent aboutir plus ou moins vite à la nécrose des épithéliums, elles peuvent être prédominantes sur telle ou telle partie de l'organe, mais, en somme, elles n'ont aucun caractère propre, et la topographie des lésions, pas plus que leur étiologie, ne permettent d'établir une division des néphrites aiguës en espèces distinctes.
Yoilà pourquoi je réunis dans un même chapitre toutes les néphrites aiguës, autrefois décrites par les auteurs sous le nom de néphrite catarrhale, néphrite aiguë albumineuse, néphrite aiguë parenchymateuse, néphrite épithéliale^.
Malgré cette simplification apparente, la description anatomique des néphrites aiguës reste entourée de diffi' cultes, parce que, suivant la cause, suivant la durée et
1. Lancereaux. Diction, des se. médic.f article Reih, 3* série, t. lli, p. 233.
12 MAUDIES DE L'APPAREIL URINATRE.
suivant Vintensité du processus inflammatoire, les lésions offrent des différences notables. En effet, tantôt les altérations sont superficielles et transitoires, tantôt elles sont profondes et durables.
Il y a des néphrites aiguës légères, dans lesquelles la lésion est plus hypérémique que phlegmasique, et Ton serait tenté de remplacer le mot néphrite par les dénominations d'oedème congestif*, d'hypérémie phlegmasique, de néphrite congestive. Il y a des néphrites aiguës intenses, dans lesquelles dominent les infiltrations leuco< cytiques et la dégénérescence aiguë des épithéliums, tandis que les lésions irntatives du tissu conjonctif et des glo< mérules sont peu accentuées. 11 y a enfin des néphrites aiguës dans lesquelles les altérations diffuses atteignent les épithéliums, les vaisseaux et le tissu conjonctif.
Du reste, une division des néphrites aiguës en néphrite congestive, néphrite légère et néphrite intense serait elle-même purement artificielle; il n'y a pas de limite tranchée entre ces différentes formes, on passe de Tune à l'autre par nuances insensibles. Il n'y a pas de relation absolue à étabhr entre la néphrite et la cause qui lui a donné naissance, car une même cause, la scarlatine par exemple, ou le froid, peuvent engendrer des néphrites congestives, des néphrites légères et transitoires, des néphrites graves et permanentes.
Il faut ajouter cependant que les néphrites intenses sont assez rares dans le cours de la plupart des maladies infectieuses, elles sont fréquentes dans la scarlatine, et assez fréquentes à la suite d'un refroidissement.
Anatomie pathologique. — D'après les considérations précédentes, il n'y a pas Heu d'établir des chapitres distincts pour des formes distinctes, car, nous le répétons, les néphrites légères et les néphrites intenses sont reliées entre elles par de nombreux intermédiaires.
 Yautopsie d'un sujet mort de néphrite aiguë, on
t. Hortolèà. Processus hUtolog, des néphrites. Lyon, 1881.
trouve les deux reins également affectés. Ils sont plus volumineux qu*à l'état normal. L'augmentation du volume tient à la congestion vasculaire et à la tuméfaction de la substance corticale. La capsule se détache facilement, la surface de l'organe est lisse et marbrée. Suivant le cas, le rein est blanchâtre, grisâtre, rougeâtre.
Dans les cas d'inflammation intense, le poids du rein peut dépasser 500 grammes, au lieu de 140 grammes, chifl're normal ; le tissu fail comme hernie à travers la capsule incisée; à la coupe, la substance médullaire paraît normale, la substance corticale est congestionnée et fortement épaissie ; sa teinte est jaunâtre (lésion des tubes contournés), traversée de stries rouges (vaisseaux interlobulaires) et parsemée de points rouges (glomérules).
Étudions actuellement les lésions hislologiques des néphrites aiguës dans chacune des parties de l'organe, tubes collecteurs, tubes sécréteurs, glomérules, tissu conjonctif.
a. Les tubes collecteurs dont l'épi thélium est cylindrique et les tubes droits dont l'épithélium est cubique présentent des altérations identiques; ce sont les lésions d'une inflammation catarrhale : gonflement, multiplication et desquamation des cellules. La lumière des tubes collecteurs est encombrée par des cellules agglomérées et par des cylindres venus de plus haut. On a cru pendant longtemps que ces lésions catarrhales constituaient l'unique lésion des néphrites légères, on sait aujourd'hui que les néphrites, même légères, autrefois nommées catarrhales, présentent également des altérations des glomérules et des tubes contournés».
b. Les lésions des glomérules de Malpighi sont constantes. Sous l'influence de la fluxion, les capillaires du glomérule se dilatent, et à l'intérieur de la capsule s'épanche un exsudât albumineux qui contient des globules