‹ Manuel de pathologie interne. v. 3 (volume 2)Chapitre 49 sur 246 · Pouuon. U Mtrcredi médical, 11 leptembre 18W · texte numérisé non relu

Pouuon. U Mtrcredi médical, 11 leptembre 18W

MAUDIBS DES REIIIS. iS5

leurs ne s'irradient pas le long de Turetère, elles oe retentissent pas sur le testicule, elles disparaissent quand le sujet est au repos, elles se raTiyent quand il travaille. Ce sont bien là les symptômes du calcul immobilisé du rein. Les urines, limpides quand le malade ne se fatigue pas, deviennent bématuriques à la suite du travail. Ces hématuries qui affaiblissent le malade ont tous les caractères des hématuries rénales, ou plutôt aucun de ceux des hématuries yésicales. La palpa tion des deux reins ne révèle aucune augmentation de volume, mais la pression sur le rein droit est douloureuse. L'opération est pratiquée, le rein est incisé et on perçoit avec l'index explorateur un calcul arrondi du volume d'une noisette, roulant dans une cavité d*où il est assez difûcile de l'extraire. Le malade a complètement guéri, a Depuis cette époque, dit Pousson, j*ai eu à diverses reprises de ses nouvelles, il n'a plus eu d'hématurieM. »

En étudiant les œuvres de Sydenham^, qui était luimême goutteux et calculeux, j*ai lu avec le plus vif intérêt sa propre observation, qu*il rapporte en détail et qu*il intitule : Dissertation sur le pissement de sang causé par une pierre engagée dans les reins. En voici le résumé : c L*an 1660, écrit Sydenham, j*eus une attaque de goutte aux pieds, la plus violente et la plus lon^'ue que j'eusse jamais éprouvée. L'accès se termina par une douleur sourde que je commençai à ressentir dans le rein gauche. La goutte s'étant dissipée, la douleur du rein resta. Elle augmentait par intervalles, mais elle était modérée et assez supportable, car je n'ai jamais eu une seule attaque néphrétique, maladie qui est toujours accompagnée de vomissements violents et de douleurs aiguës qui se font sentir le long de l'uretère en tirant vers la vessie. Mais je ne laissais pas d'être bien fondé à croire que j'avais dans le bassinet d'un des reins, une pierre considérable qui, étant trop grosse pour passer

1. Médecine pratique de Thomas Sydenhanif traduit de l'anglais par Jault, 1816, t. II, page 188.

fSe KALADIES DE L'APPAREIL URISaIRE.

par l*uretère, ne causait pas les symptômes de l'attaque néphrétique. Ce qui m'arriva au bout de plusieurs années me prouva que je ne m'étais pas trompé dans ma con> jccture. Car pendant l'hiver de Tan 1666, m*étant beaucoup promené après un grand dégel, je rendis aussitôt de Turine mêlée de sang. La même diose m*arriya ensuite toutes les fois que je faisais beaucoup de chemin à pied ou que j'allais en carrosse sur le .pavé, mais pareiDe chose n'arrivait pas si le chemin n'était pas pavé. L'urine que je rendais alors était effrayante, car elle paraissait être du sang tout pur et par le dépôt, le sang se ramassait en grumeaux au fond du vase. »

Ce cas de Sydenham est un type d'hématurie calculeuse consécutive au gros calcul du rein, et c'est vraiment merveilleux de voir avec quelle précision , avec quelle sagacité, le grand clinicien anglais, que Trousseau plaçait si haut, a décrit et mis en relief les parties importantes de son observation : remarques sur l'association de la goutte et de la lithiase rénale; diagnostic anticipé du gros calcul du rein ; distinction entre le gros et les petits calculs, le gros calcul ne pouvant pas s'engager dans l'uretère, et ne produisant pas par conséquent l'accès néphrétique; hématurie rappelée par les cahots du carrosse sur le pavé ; rien ne manque à cette observation écrite il y a bientôt deux siècles et demi, tant il est vnd que la bonne clinique survit aux théories et aux systèmes et tiendra toujours dans les études médicales ht situation prépondérante ! Dans mes leçons à la Faculté, j'ai donné aux hémorrhagies des gros calculs du rein le nom (( d'hématurie de Sydenham » ; cette dénomination' résumant la nature et les caractères de ces hématuries.

En résumé, les gros calculs du rein peuvent évoluer sans manifester leur présence, ils sont alors latents et le rein est tolérant; mais le plus souvent ils provoquent des douleurs et des hématuries. Les douleurs peuvent exister sans les hématuries, mais les hématuries sont toujours précédées ou accompagnées de douleur. La

douleur est surtout une douleur lombaire, rappelée par / la pression sur la région lombaire ou exagérée par les exercices violents. L'hématurie survient rarement au repos, mais elle est facilement rappelée par la course, par les efTorts, par les cahotements du cheval ou de la voiture. Le traitement des gros calculs du rein est uniquement chirurgical * ; les exemples sont déjà nombreux de gens malades depuis des années et radicalement guéris par l'opération ; il n'y a pas plus de raison pour laisser un calcul dans le rein qu'il n'y en a pour laisser une pierre dans la vessie.

C ANURIE CALCULEUSE.

Occupons-nous maintenant d'un accident calculeux toujours redoutable, parfois terrible; je veux parler de YanuriCf accident qui survient, soit au moment des coliques néphrétiques, soit en l'absence de ^tout symptôme néphrétique douloureux.

Description. — Voyons d'abord comment se présente l'anurie calculeuse qui survient à Voccasion d'une colique néphrétique. En voici une observation :

Cette observation* concerne une dame âgée de 43 ans, qui depuis quelques années a tous les ans, au moins, un accès de coliques néphrétiques, accompagné chaque fois de l'expulsion de graviers et d'urines sanguinolentes. Actuellement, cette malade raconte qu'elle a été prise, depuis deux jours, de douleurs très violentes à la région lombaire gauche, avec irradiations à la cuisse et à la

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