‹ Manuel de pathologie interne. v. 3 (volume 2)Chapitre 62 sur 246 · Potain. Congrès de Limoges · texte numérisé non relu

Potain. Congrès de Limoges

rein cancéreux, rein scléro-graisseux) ne sont nuUeri la conséquence de ses déplacements; le rein mobile sain, la chirurgie de ces dernières années Ta démon Description. — Dans bien des cas, on peut a roi rein déplacé sans même s*en douter; c*est la fc latente. Tel individu se plaint de troubles dyspeptiq «réructations, de tympanisme abdominal ; on rexamin< constate une dilatation de Testomac, du côlon, el (Iccouvre, en plus, un rein déplacé et mobile. Tel a individu est nerveux, neurasthésique, se plaint de tiges, de bouffées de chaleur, de maux de tête, d'il p(''tence, d*anorexie, d'afTaiblissement, d*amaigrissem on l'examine el on constate que ce neurasthésique i rein déplacé. Enfin voici un autre sujet, qui s'est dé v«Tt, lui-même, une tumeur dans le ventre, il n'en épp ni g(>ne, ni douleur; il vient vous en faire part l'examine et on constate un rein flottant. Dans ces < n>nts cas le rein déplacé était associé à divers états i bides sans provoquer ses propres symptômes. ■ Le rein flottant détermine deux symptômes pr

paux : la douleur et une tumeur abdominale avec troi ^'énéraux plus ou moins accusés. L'cctopie rénal signale quelquefois par un début hnuque et violent : suite de fatigues ou d'efforts, ou même sans c appréciable, le sujet est pris de douleurs très vives Fabdomen ; il vient vous trouver et il vous dit : « I semble que quelque chose s'est décroché dan ventre ». On peut remettre le rein en place et le mi guérit. Cette luxation brusque du rein, parfois accoE gnée de tendances à la syncope, peut avoir une orj traumatique.

Dans d'autres cas les symptômes n'ont pas cette 1 querie et surviennent progressivement. La dou! limitée à l'hypochondre ou à la région lombaire du affecté, est souvent accompagnée de tiraillements { pesanteur. La douleur est sourde, ou pulsatile ooi un abct's, rappelée par la marche, par Téquitation.

MAUDIES DES REINS. 235

les exercices et calmée par la position horizontale. Parfois, surviennent des paroxysmes aigus très pénibles, généralement provoqués par des efforts, par la menstruation, et accompagnés de frissons, de vomissements, de lipothymies (Lancereaux). Le simple repos au lit met fin habituellement à ces crises douloureuses.

Chez quelques personnes, les douleurs, par leur caractère, prennent les allures d'une colique hépatique ou d'une colique néphrétique avec irradiations à Turetère, à la vessie, aux lombes, aux cuisses.

Les troubles digestifs, anorexie, gastralgie, ectasie gastro-intestinale, pyrosis, éructation, nausées, vomissements sont fréquents chez les malades atteints d*ectopie rénale. J*en dirai autant des symptômes nerveux, neurasthéniques, hystériques, hypochondriaques.

Le rein déplacé, forme une tumeur qu*on sent profondément située sous le rebord costal et vers les parties latérales de Tabdomen. Cette tumeur donne au toucher la forme du rein, elle est douloureuses à la pression, et généralement assez mobile pour qu'on puisse la déplacer dans tous les sens, la ramener dans sa loge et provoquer \e. ballottement rénal (Guyon). Toutefois il est des cas où lo rein est immobilisé par des adhérences. Le rein flottant ne modifie en rien la composition des urines.

Étranglement rénal. — Je viens de décrire les symptômes habituels du rein déplacé, mais ce n'est pas tout, il faut maintenant nous occuper de ces épisodes aigus, soudain, qui éclatent parfois de la façon suivante : Un individu, ayant un rein déplacé, est pris sans cause appréciable, et tout d'un coup, de symptômes qui rappellent la péritonite aiguë; douleurs vives dans le ventre, irradiations douloureuses, nausées, vomissements, petitesse du pouls, sueurs froides, tympanisme abdominal, faciès grippé, état syncopal, rien n'y manque, c'est bien là le tableau d'une péritonite aiguë par perforation. On pense alors, au premier abord, à la perforation d'un ulcère de l'estomac ou du duodénum, à une péritonite appendicu-

laire ; mais un examen plus approfondi permet de découvrir, dans le ventre, une tumeur mobile, réductible, très douloureuse, qui est le rein déplacé, tumeur d'autant plus volumineuse, que ce rein est momentanément atteint d'hydronéphrose : car ces accidents-là sont des accidents d'étranglement rénal. La crise douloureuse peut persister plusieurs heures, ou plusieurs jours, avec des paroxysmes et des moments d'accalmie, puis tout rentre dans Tordre, si Ton a eu soin surtout de recommander au malade Timmobilité dans la position horizontale. La crise cesse brusquement, elle est jugée par l'émission d*urines abondantes, et par la disparition de la tumeur liquide abdominale. Bien que la démonstration d'étranglement rénal créée par Dietl ne soit pas absolument conforme à la vérité, elle rend bien compte de h- pathogénie de ces accidents qui sont dus à une torsion ou à une coudure de Turetère avec hydronéphrose intermU' iente^ et stase veineuse par arrêt momentané de la circulation dans la veine rénale. Ces épisodes, extrêmement douloureux, peuvent se reproduire fréquemment ils étaient bien connus de Trousseau, qui en donne au débat de sa merveilleuse leçon sur les reins mobiles une description à laquelle il n'y a rien à ajouter*.

Le diagnostic de Tcctopie rénale, facile dans quelques cas, présente parfois de réelles difficultés. Bien des tumeurs abdominales, rénales, mésenténques, liépitiques, ovariques, peuvent simuler le rein déplacé. Le diagnostic de V étranglement rénal est simplifié par la connaissance du rein déplacé ; il faut toujours y penser quand il s'agit de ces pseudo-péritonites qui simulent l'étranglement interne et les perforations gastro-intestinales.

Le pronostic de l'ectopie rénale n'est pas grave, néanmoins sa durée indéterminée, son retentissement flclieax

1. Terrier et Baudouin. Revue de chirurgie^ septembre et octobre 1891.

2. Trousseau. Clinique médicale de V Hôtel-Dieu, t. III, p. 780.

sur l'organisme et les complications qu'elle peut entraîner méritent d*être pris en sérieuse considération.

Le traitement a surtout pour but de maintenir le rein, au moyen de bandages appropriés. La fixation du rein donne de bons résultats (néphrorraphie).

Cette opération consiste à provoquer des adhérences entre le rein et la paroi lombaire.

Voici la statistique rapportée par Tuflier' :

Guérison absolue 86

Amélioration persistante i5

Sur 165 cas ( Résultats satisfaisants 2i

Amélioration temporaire .... 8

Insuccès 2U

S 19. HYDR0NÉPHR08E.

La dilatation des calices et du bassinet consécutive à Taccumulation de Turine a reçu le nom d'hydronéphrose (Rayer), et si l'obstacle qui s'oppose à l'écoulement de Turine siège très bas dans les voies urinaires, V uretère prend part à la dilatation. Chez le fœtus, Thydronéphrose est habituellement double et devient un obstacle à l'accouchement, elle doit être rapportée à une malformation congénitale. Chez l'adulte, les causes de Thydronéphrose sont multiples : compression de l'uretère par une tumeur de la vessie, de l'utérus, de l'ovaire.

Le cancer de Tutérus, en se propageant au trigonc vésical ou aux uretères, provoque une obstruction plus ou moins complète de ces conduits, obstruction parfois intermittente ainsi que l'anurie qui en résulte : l'hydronéphrose en est quelquefois la conséquence. L'oblitération de l'uretère consécutive à la migration d'un gravier

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