Charcot. Des anomalies de Vatax. locom
5. Grocco et Fusari, cités par Pitres. Névrites périphériques {Revue de médecine, juillet 1886). .
croise une jambe sur Tautre, la jambe de dessus étant abandonnée à elle-même, et les muscles étant en relâchement, il suffit de frapper un coup sec avec le bord cubital de la main, sur le tendon rotulien, pour qu'aussitôt, sous rinfluence de la contraction du triceps surral, la jambe s'élève et s'abaisse sous forme d'oscillations. C'est là un type de réflexe tendineux; Vabsence de ce réflexe tendineux rotulien est un des signes les plus précoces du tabès dorsalis ; c'est la conséquence de la dégénérescence des cordons postérieurs de la moelle, l'extension tendineuse périphérique, partie des terminaisons nerveuses tendineuses de Golgi, ne se transmettant plus aux cellules des cornes antérieures de la moelle.
A cette première période de la maladie, appartiennent aussi les symptômes céphaliqnes et les symptômes oculaires qui constituent l'œil tabétique.
Uœil tabétique f peut se présenter sous plusieurs aspects, qu'il s'agisse de troubles paralytiques, de troubles d'accommodation, ou de troubles visuels. Nous allons les passer on revue : Les paralysies oculaires tabétiques sont pré^ coces ou tardives, elles occupent les muscles moteurs da globe oculaire et le releveur de la paupière supérieiire (5% 4*, 6* paires des nerfs crâniens). Les paralysies jmi^ coces (période préataxique) sont généralement plus légères, plus fugaces que les paralysies tardives ; ce sont plutôt des parésies ; elles ne durent que quelques semaines, à peine quelques mois; elles peuvent ne durer que quelques heures. Elles apparaissent et disparaissent rapidement; elles ont pour caractère d'être monoculaires, partielles, parcellaires, n'occupant qu'une seule branche terminale ou quelques branches terminales des nerfs moteurs de l'œil. Suivant la branche nerveuse atteinte, le malade est pris de diplopie fort gênante pour le malade, ou de ptosis. Ces troubles passagers sont sujets à récidives. Les paralysies oculaires tabétiques tardives, celles qui surviennent au cours du tabès confirmé, évoluant tput autrement que les paralysies pri<
coces; elles sont plus lentes dans leur évolution et elles n*ont pas pour habitude de rétrocéder; elles occupent souvent les deux yeux; elles atteignent surtout les muscles qui sont innervés par le nerf moteur oculaire commun, le releveur palpébral (ptosis), les muscles droit et petit oblique. Les muscles innervés par la 4* et par la 6* paire sont moins souvent intéressés. Les paralysies tardives musculaires des quatre muscles droits et dos deux muscles obliques donnent lieu à une diplopie et à un strabisme permanents, dont les caractères sont variables suivant les muscles intéressés. Parfois tous les muscles étant envahis, les globes oculaires sont absolument immobihsés, c'est Tophthalmoplégie externe ^
Les paralysies oculaires tardives dilTèrent donc, par leur évolution, des paralysies précoces; elles en diffèrent également par la lésion qui les engendre, car les paralysies précoces et transitoires ne seraient dues qu*k des névrites périphériques* (Kahler, Déjerine) tandis que les
1. Voyez le chapitre consacré aui paralysies des muscles de VœW.
2. Les troubles oculo-moteurs passagers ont été considérés par P. Bonnier comme des phénomènes réflexes dépendant le plus ^vi\6ralement de lésions systématiques du nerf lahyrinthique, de ses noyaux bulbo-protubérantiels et des fibres qui en sortent pour former un système homologue du système des cordons postérieurs de la moelle. L'appareil labyrinthiquc en effet, tant périphérique que rentrai, est très fréquemment lésé dans le tabès ; et l'on se demande si certains symptômes de cette maladie ne peuvent pas relever de la lésion tabétique de cet appareil, quand on se rappelle avec quelle fréquence ces mêmes symptômes apparaissent au cours d'affections auriculaires absolument indépendantes du tabès. A la surdité, au bourdonnement, au vertige, à l'agoraphobie, au nystagmus, au ptosis, à la diplopie, au myosis, à l'amblyopie, signalés au cours de maladies non tabétiques do l'oreille, Bonnier a ajouté le signe de Uomberg, l'incertitude de la marche dans l'obscurité, les mouvements incohérents des globes sous les paupières closes, le retard de l'accommodation à la lumière, les paralysies de l'accommodation à distance, enfui la mydriase, observée pour la première fois au cours d'une otite chez une surveillante de mon service. Or tous ces troubles existent dans le tabès ; et c'est en s'appuyant sur les rapports anatomiques bien établis, entre les noyaux labyrinthiques et les centres de Toculomotricité, c'est en s'appuyant également sur les nécessités physiolo»
paralysies tardives et permanentes sont dues à des lésions des noyaux bulbo-protubérantiels. Certains tabétiques sont atteints d'hypersécrétion de la conjonctive (Trousseau), crises de larmoiement qui coïncident d'habitude avec les douleurs fulgurantes (Féré, Berger).
Les troubles pupillaires et accommodatifs sont également fort importants : les pupilles sont fréquemment contractées, souvent inégales, et un fait curieux, c'est que dans les cas de myosis consécutif au tabès dorsalis, les pupilles contractées peuvent encore se mouvoir sous Tintluence de Taccommodation, elles se dilatent si le malade regarde un objet rapproché, tandis qu'elles restent i nsensibles à Taction de la lumière (Argyl-Robertson). Le mode accommodateur proprement, dit peut être aussi paralysé, ce qui met les sujets, dont les yeux étaient normaux ou hypermétropes, dans l'impossibilité de voir nettement de près ; la vision pour les objets éloignés est seule intacte. La paralysie de l'accommodation accompagne ordinairement la paralysie des deux réflexes de l'iris (lumineux et accommodateur), et la réunion de ces symptômes sur un même œil constitue Vophthalmoplégie inleiTie,
Uatrophie des nerfs optiques doit maintenant nous occuper : les troubles visuels dus à l'atrophie de ces nerfs, existent dans la proportion de 15 à 20 pour 100. Tanlôt l'atrophie se développe rapidement et la cécité peut survenir en moins d'une année, tantôt la lésion marche lentement, mais elle est fatalement progressive. La lésion n'est pas d'emblée bilatérale ; elle envahit un œil après l'autre. L'acuité visuelle faiblit (amblyopie), le champ visuel se rétrécit phériphériquement sous forme iï encoches ; le sens des couleurs est altéré dans l'ordre
giques de cette association et sur le caractère systématique de Taflëe. tion tabétique, qu'il a pu, à côté du tabès dorsal, du tabès eërébnl, et dans le tabès bulbaire lui-même, proposer une forme, ou une phtn labyrintliique du tabès (Pierre Bonnicr. Le tabet hibyrinihiqm Pressé médicale, 10 juin 1803).
suivant : disparition du vert, du roup^fi, du jaune, du bleu, du blanc; alors la cécité est complète. Si Ton examine le fond de Toeil à l'ophthalmoscope, on constate, au début, une décoloration de la papille du nerf optique dont la teinte rosée normale tend à passer au blanc bleuâtre. Cette transformation est surtout manifeste dans la moitié externe (temporale) du disque papillaire. La papille n'a éprouvé, d'ailleurs, aucun changement ni dans sa forme, ni dans ses dimensions. Les contours sont toujours très nets. A une période plus avancée, o par suite du changement de texture qu'a subi le nerf optique, et en conséquence surtout de la disparition du cylindre de myéline, la papille a cessé d'être transparente; elle réfléchit au contraire fortement la lumière et ne laisse plus voir dans sa profondeur les vaisseaux propres. Il s'ensuit qu'elle ne présente plus la teinte rosée normale et qu'elle offre, au contraire, une coloration blanche crayeuse comme nacrée. » (Charcot.) Ajoutons que les vaisseaux centraux deviennent plus grêles; les artères sont atteintes avant les veines.
L'atrophie optique est souvent un symptôme précoce du tabès; il y a même une forme du tabès, tabès supérieuvy dont les symptômes se bornent à une atrophie des nerfs optiques avec quelques autres symptômes céphaliques (signes pupillaires, parésies oculaires, etc.). L'apparition tardive de l'atrophie optique est beaucoup plus rare. On a dit que l'atrophie papillnire est capable d'arrêter raifection tabélique spinale.
Les troubles auriculaireit sont parfois caractérisés par un affaiblissement du sens de l'ouïe avec ou sans bourdonnements d'oreilles, et il y a en pareil cas une lésion du nerf auditif; mais, dans d'autres cas, les bourdonnements et sifflements d'oreilles sont accompagnés de vertige, d'impulsion et même de chute, d'agoraphobie, sans que le sens de l'ouïe soit a'téré : il est probable alors que la lésion intéresse non pas les fibres du nerf auditif qui président à Vaudition des sonsy mais les fibres qui pro-
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viennent des canaux semi-circulaires et qui président ao sens de V espace (de Cyon) *, ou plus exactement au tew des attitudes de la tète et de la totalité du corps (P. Bonnier).
Les troubles laryngo-bronchiques peuvent survenir dès la première période du tabès. Ils sont caractérisés par des accès de toux quinteuse, coqueluchoîde, avec spasmes de la glotte et sensation d*étoufl'ement. Parfois ces accès sont violents, accompagnés de vertip;e, de vomissements, et même, dans quelques cas, de convulsions épileptiformes* et de perle de connaissance avec chute du malade; c'est Yictus laryngé. L'attaque est brusque on précédée de quelques prodromes; elle dure quelques secondes, quelques minutes, un quart d'heure et plus encore, et elle peut se reproduire un grand nombre de fois dans les vingt-quatre heures. Ces crises laryngées sont dues à l'hyperosthésie laryngée et à des spasmes glottiques. Dans un cas, elles ont disparu après l'opération de la trachéotomie'. Chez quelques malades» le laryngisme tabétique se traduit par des paralysies des muscles du larynx, surtout des crico-aryténoïdiens postérieurs, muscles respirateurs.
Les troubles génitaux, spermatorrhée, impuîssancCi excitation vénérienne, etc., existent à toutes les phases de la maladie, ils peuvent même devancer les autres symptômes* (Founiier).
On a signalé également des crises clitoridiennet, les malades étant prises, sans causer de violentes sensations voluptueuses pouvant se répéter fréquemment, et devançant de plusieurs mois ou plusieurs années les autres symptômes de la maladie*. Nous verrons plus loin,
i . Marie et Walton. Revue mp/nsuelle, janvier 1883. 2. Cherchevsky. Revue de médecine, juillet 1881. o. Krishaber. Gaz. hebdomad., 1888, n* 4rl.
"i. Foumier. Leçons sur la période prseataxique du tak» d'oriêim typhilitique. Paris, 1884. ^^