‹ Manuel de pathologie interne. v. 3 (volume 2)Chapitre 70 sur 246 · rilret. Journal de médecine de Bordeaux., 18SI · texte numérisé non relu

rilret. Journal de médecine de Bordeaux., 18SI

décrivant les formes frustes de Tataxie locomotrice, rpie beaucoup d'autres symptômes peuvent devancer la f)hase douloureuse de la première période; il serait même plus vrai de dire qu'il n'y a pas un seul symptôme, rare ou habituel, qui ne puisse apparaître avant la phase d'ataxie.

Deuxième période. — Les troubles de la synergie musculaire (Trousseau), l'incoordination, peuvent exister dt's le début de la maladie, néanmoins il est d'usage que Vaiaxie marque la seconde phase de la maladie; elle en est le symptôme dominant, mais non exclusif, car les douleurs et les autres symptômes précédemment décrits appartiennent également à cette période. L'ataxie est cîiractérisée par Vabolition progressive de la coordination des mouvements; elle se montre à des époques indéterminées, quelquefois bien des années après l'apparition des douleurs fulgurantes et des troubles céphaliques.

L'ataxie débute par les membres inférieurs; le malade est moins maître de ses mouvements, on constate ch(»z lui des troubles de la station : si on lui demande de se tenir immobile, debout, les pieds rapprochés, les yonx fermés, il est pris d'oscillations et une chute pourrait en êlre la conséquence (signe de Romberg). Le tabéti((ue se tient difficilement sur un pied, il tourne avec dilliculté sur lui-même et il perd facilement l'équilibre. S'il est couché dans son lit et si on le prie de croiser une jambe sur l'autre, il lance sa jambe brusquement et sans mesure, car il ne peut plus diriger la force, la direction et y étendue du mouvement. Chez Taxatique, le mouvement dépasse le but ou ne l'atteint pas : aussi, quand il marche, le malade a-t-il continuellement les yeux lixés sur ses pieds, dont il règle la direction, ce qui explique pourquoi l'incoordination est plus accusée dans l'obscurité, ou lorsqu'on fait marcher le malade les yeux fermés. Plus tard, la marche, devient difficile et désordonnée, le sujet ne peut plus faire un pas sans le secours d'une canne ou d'un appui, il lance follement ses jambes en «ivant et en dehors et frappe le sol avec le talon, jusqu'au

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jour 0^ le mal fait de tels progrès que la marcho et la station debout deviennent impossibles. Brissaud a alliré Fattention sur Timpossibilité où se trouvent ces malades de se tenir dans Fattitude de la demi-génuflexion. Le dérobement subit des jambes, que redoutent les tabétiques, et qui les surprend inopinément, les contraint à raidir les jambes dans la station et dans la marche. Avant les travaux de Duchenne, on prenait ces malades-là pour des paraplégiques, mais il n*est pas question ici de paralysie, ou du moins les symptômes paralytiques sont secondaires et tardifs; qu'on essaye de plier ou d*étendre la jambe d*un axatique, et Ton verra quelle force de résistance il est capable d'opposer; l'intégrité de la force musculaire est à peu près et longtemps conservée chei lui ; ce qui fait défaut, c'est la coordination de cette force musculaire.

Quand l'ataxie atteint les rnemhres supérieurs^ ce qui est habituellement rare et tardif, elle y produit des désordres qui sont en rapport avec les usages de la main; s'agit-il de se raser, de faire un nœud, de prendre entre les doigts un objet un peu fm, le tabétique est maladroit et son mode de préhension est assez caractéristique.

A cette période, et même plus tôt, les sensibilités sont altérées ; les sensations de toucher, de douleur, de cliitouillement, sont diminuées, abolies ou perverties, la sensibilité au froid est seule exagérée. De plus, on obserfe un retard dans la perception de la sensibilité : ainsi, tel malade à qui l'on pique le pied ou la jambe ne perçoit la piqûre que trois, quatre, cinq secondes plus tard. LV nesthésie n'est pas limitée à la peau, elle atteint aussi lesmuqueuses, notamment celle du larynx et tout l'apptreil locomoteur, muscles, tendons, articulations*. A

1. Ces appréciations de la force musculaire sontRaciles é eonstiter au dynamomètre. M. Jaccoud emploie un autre système : II mnwi aux pieds d'un malade couché dans son lit des sacs dont le poids ert connu, et tandis qu'un homme sain, en soulevant ces poids avw It pied, différencie parfaitement un écart de 100 i ISO granames. ftlvique, au contraire, méconnaît des différences de 1 000 à 5 000gmuMi>

MALADIES DE U MOELLE ËPIKIÈRE. Ml

l'état normal, une sensibilité, une tactilité profonde, nous rend compte de Teifort de nos muscles, moins par la sensation de la contraction (sens musculaire de Ch. Bell, sentiment de l'activité musculaire de Gerdy), que par la mesure des résistanres opposées à cet effort par les tendons, les ligaments, les surfaces articulaires et les téguments. En fait. Trousseau le premier a établi une distinction importante « entre la conscience du mouvement accompli et la conscience de la contraction musculaire qui accomplit le mouvement» ». Trousseau ne nie aucunement la sensibilité que le muscle possède, comme tous les tissus vivants, mais il nie le sentiment d'activité musculaire. Ce qui est perçu, ce qui est apprécié, ce qui par conséquent régit à chaque instant la dépense musculaire au cours du mouvement, ce n'est pas la dépense musculaire elle-même, c'est le mouvement proprement dit, et ce mouvement est perçu en ce qu'il lait varier les attitudes*.

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