Vulpiao. Leçons sur les maladies du système nerveux
i. Raymond et Artaud. Rev. meimuelle de nUdeoinv^ Marie. Mal. de la moelle, 1892, p. 2U'.>.
MAUDIES DE LA MOELLE Êl'LNlÈKE. 269
cepen'lant que Tavant-coureur. Ainsi les exemples ne manquent pas de gens atteints d'amblyopie progressive, chez lesquels les autres manifestations de Tataxie locomotrice ne se déclarent que des mois et [des années plus tard. Même remarque pour les paralysies oculaires et pour les névralgies viscérales. — Les crises de gas^ tralgie avec vomissements, qui simulent si bien Tulcère de Testomac, les accès douloureux de la vessie, de Turéthre et du rectum, les douleurs lombaires avec rétraction testiculaire, qu'on prendrait volontiers pour des coliques néphrétiques, sont autant de manifestations qui peuvent marquer le début du tabe* à titre de symptôme isolé. Les troubles auditifs', la surdité avec ou sans vertige (lésion du nerf auditif), les troubles laryngés, les spasmes de la glotte avec ou sans chute de l'individu, Tangine de poitrine, sont aussi des manifestations précoces du tabès dor salis.
Les troubles vésicaux (dysurie, incontinence, rétention), les iTO\x\Aes génitaux (impuissance, sperniatorrhée, satyriasis, crises clitoridiennes), les troubles sécréloires (diarrhée, sialorrhée, sueurs, polyurie), les troubles tropbiques (chute des ongles, chute des dents, mal perforant, état ichthiosique de la peau), peuvent devancer les troubles habituels et classiques du tabès.
Il n'est pas jusqu'à Tarthropathie généralement indolente de la première période qui ne puisse en imposer pour une affection articulaire locale, alors qu'elle se ratlacîhe aux troubles trophiques de l'ataxie. Toutes ces notions seront fort importantes à se rappeler, quand il s'agira de discuter le diagnostic.
Marche. — Diagnostic. — On a divisé l'alaxie locomotrice en trois périodes (douleurs fulgurantes, ataxie et cachexie), mais ces périodes prélent peu à une division
1. Sympt, aud. du tabès (Pierret, Rev. mens.y 1877, p. 101) et CoUet, loeo eitato.
méthodique, car elles sont exlrêinement variables comme durée et comme époque d'apparition. Dans quelques cas exceptionnels, la maladie suit une marche rapide, et elle arrive à sa période d'état dès la première année, mais le plus souvent elle dure de six à vingt ans et même davantage. Dans quelques circonstances les symptômes axatiques n'apparaissent que bien des années après d'autres symptômes tabétiques. Habituellement les troubles cérébraux sont consécutifs aux troubles médullaires, mais dans quelques cas c'est le contraire qu'on observe, et le malade atteint d'abord de symptômes cérébraux (congestions apoplecti (ormes, paralysies, aliénation) ne devient ataxique que plus tard (Fournier). Le pronostic de l'ataxie locomotrice, bien que fort grave, n'est pas absolument fatal, il s'en faut, car la sclérose postérieure s'arrête quelquefois dans son évolution Sous le nom de tabès bénin, Charcot a réuni des observations concernant des gens qui n'ont qu'un petit nombre de symptômes tabétiques, évoluant avec une extrême lenteur, pouvant s>' améliorer et guérir.
Le diagnostic est surtout délicat pour les ataxies frustest; le plus souvent l'erreur est évitée, si l'on a soin de s'enquérir de la nature des crises douloureuses, si l'on a soin surtout d'interroger minutieusement le malade sur tel phénomiMie qu'il a omis de signaler, et si l'on rapproche ce phénomène de tel autre symptôme passé inaperçu. Il fut dcnander au malade s'il n'a jamais eu quelque indice de douleurs fulgurantes, s'il n'a pas été atteint de dipoplie, de strabisme, d'achromatopsie, d'amblyopie. de surdité ou de quelques-uns des nombreux troubles génitaux, vésicaux, trophiques, sécrétoires, que nous avons passés en revue, il faut exai miner avec soin l'état des réflexes et les diverses modalités du sens musculaire. Il est bien rare qu'avec un examen minutieux on ne puisse arriver à reconstituer le diagnostic.
11 ne faut pas confondre le tabès avec quelques états
j)athoIogiques réunis sons le nom de pseutlo-tabes*. Ces
j)seudo-tal>es associés à la polynévrite ^ s'observent à la
suite de maladies infectionsos, de diabète, d'intoxication,
^t surtout dans le cours do l'intoxication alcoolique. Il est
l)on de connaître la possibilité de Terreur afin de l'éviter.
X^ans le pseudo-tabes alcooli(|ue, les troubles douloureux
X=>arétiques et ataxiques sont précoces, rapides et dom-
siants, ils sont associés aux symptômes de l'intoxication
alcoolique, ils sont parfois suivis d'atrophie musculaire,
i Is ne sont presque jamais accompagnés de cette pléiade
symptômes : douleurs fulgurantes, crises vi>céral-
iqiies, paralysies oculaires, désordres des sphincters et
ant d'autres, qui forment dans le \rai tahes la période
rœaiaxique.
On ne confondra pas l'ataxie locomotrice (maladie de
uchenne) avec la maladie de Friedreich. Cette (icruière
^»~*aladie a été improprement dénommée ntaxie hérédi-
"•: dire; elle est en efl'et héréditaire et surtout lamiliale,
^*""*iais l'hérédité joue également un rôle considérable dans
^ .Qi maladie de Duchenne. L'ataxie musculaire décrite par
'riedreich est une afl'ection encore mal caractérisée ana-
omiquement, mais dont la description clinique est bien
onnue*. C'est une affection de l'enfance et delà puberté.
Sans être l'ataxie locomotrice, ni la sclérose en plaques,
i une combinaison de ces deux maladies, elle emprunte
la première l'incoordination motrice des membres et
^ "* absence des réflexes rotuliens, à la seconde le nysta^mnis
^^ t l'embarras de la parole. Mais elle diffère à la fois de
^""iine et de l'autre par ses antres symptômes, par l'étio-
^ c^gie, par son mode d'évolution et son pronostic » ((lliar-
^^ol). Les douleurs fidgurantes, les crises douloureuses
^^^^sicales, les anesthésies, les troubles trophiques, iju'on
**^ncontre dans l'ataxie de Duchenne, font défaut dans
1. Brissaud. Paralysies toriques. Paris. Th. d'agrégation. — Leval- ^icquechef. Des pseudo-tahes. ïli. do Paris. 1885.