Ridiardière. Repue de médectne, juillet
%. Girandean. Accidents vertigineux et a poplecti formes dans les maladieM de la moelle épinière. Th. do Paris, 18Si.
Diagnostic. — Outre les différentes formes que je viens de décrire, la sclérose en plaques se présente parfois sous un aspect insolite^ fruste, dégagée de ses symptômes habituels, et accompagnée de symptômes rares. Ainsi, elle a simulé dans plusieurs observations le tableau clinique du tabès spasmodique; à tel point que certains auteurs avaient vu dans le tabès spasmodique plutôt une variété de la sclérose en plaques qu'une espèce morbide distincte, due à la sclérose primitive et symétrique des cordons latéraux. La sclérose en plaques est quelquefois compliquée d'atrophies musculaires*, et ces atrophies, jointes aux contractures, forment un tableau qui rappelle si bien celui de la sclérose latérale amyotrophique, qu'on s'était demandé un moment si cette dernière maladie mérite d'être placée comme espèce morbide dans les maladies de la moelle; toutefois, les lésions anatomiques justifient cette distinction.
On a longtemps confondu la sclérose en plaques avec la paralysie agilanle, mais dans cette dernière maladie, entre autres signes distinctifs, et ils sont nombreux, le tremblement atteint surtout les poignets et les doigts, fl est continu, tandis que dans la sclérose, il ne survient qu'à l'occasion de mouvements voulus. Bien que la parole soit plus scandée et moins trémulante dans la sclérose en plaques que dans la paralysie générale, il faut néanmoins reconnaître que les troubles de la parole sont parfois identiques; mais, dans la paralysie générale, on n'observe ni les mêmes tremblements, ni les mêmes contractures, et les troubles psychiques sont souvent précoces.
Le tremblement mercuriel a bien des analogies avec celui de la sclérose en plaques; il a une certaine amplitude et il peut être exagéré par les mouvements volon-
1. Zimal. Complicat. de la sclérose en plaques. Th. de Paris, 1874
— Pitres. Anomal, de la sclérose en plaques {Hev. mens., 1877, p. 8'J8).
— Déjerine. Sclérose en plaques à forme de sclérose latérale amfotrophique {Revue de médecine. marsl8»3).
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taires, mais il ne disparait au repos que par interruptions, tandis que dans la sclérose en plaques le tremàlemeai est absolument nul tant que le repos est complet.
Dans quelques cas, les crises gastriques, les douleurs, thoraciques, les troubles de l'équilibre, rappellent ^*aiaxie locomotrice. Dans plusieurs observations, on a noté une prédominance des troubles paralytiques, hémiplégie partielle, à début brusque, à début lent ; monoplégie paraplégie, si bien que le diagnostic avec Yhémorfhagie cérébrale, avec le ramollissement et les tumeuis cérébrales, présente parfois une réelle difficulté*. Cette difficulté est d'autant plus grande, que les attaques de paralysie (hémiplégie ou paraplégie) surviennent parfois dès le début de la maladie.
Uhystérie peut simuler la sclérose en plaques - ; elle peut même lui être associée.
Stiologie. — Vétiologie de la sclérose en plaques est fort obscure. On l'observe surtout à l'âge adulte ; toutefois elle . n'est pas rare chez les enfants '. Les maladies infectieuses (variole, scarlatine, fièvre typhoïde, diphlhérie, dysenterie, pneumonie) paraissent jouer le rôle de cause déterminante^. Ainsi que le fait observer M. Jaccoud, ces maladies sont en effet susceptibles de créer Vappareil symptomaliqiie de la sclérose en plaques, mais il faut attendre de nouvelles observations avec , autopsie, pour afQrmer qu'elles peuvent produire lu maladie*.
1. Gilbert et Lion. ScléroMe en plaques à forme paralijdqiie {Arch. ^^ pffiHmlogU, juillet 1887).
^ Souques. Syndromes hystériques simulateurs. Th. de Paris.
'• Marie. Revue de médecine, juillet 1883.
^ Undoozy. Pa^tog&niê des paralysies consécutives aux maladies «»ff««t Paris. Thèse d'agrégation, 1880.
S' Jaccoud. Leçons de clinique, 1886, p. 298.
g 8. MYELITES AIQUES EN GÉNÉRAL.
Avant de décrire les différentes variétés de myélites aiguës, je crois utile de donner quelques notions générales sur ces affections : au point de vue de leur localisation, il y a des myélites diffuses, dont les lésions disséminées un peu partout, surtout aux renflements médullaires, atteignent à la fois la substance grise et la substance blanche ; il y a des myélites dont les lésions se cantonnent plus volontiers à la substance grise surtout aux cornes antérieures, on les BjppeWe poliomyélites (icoX(6(, gris) ; il y a des myélites dont les lésions se cantonnent de préférence à la substance blanche, on les appelle leucomyélites (Xeuxôç, blanc).
Au point de vue de leur pathogénie, les myélites se divisent en deux grandes classes : les myélites qui sont dues à des agents infectieux ou toxi-infectieux et il faudrait citer ici toutes les infections (fièvre typhoïde, grippe, diphthérie, choléra, coli-bacillose, streptococcie, staphylococcie, gonorrhée, syphilis, tuberculose, etc.), et les myélites qui sont dues à des substances toxiques, (alcool, plomb, ergot, pellagre, arsenic, etc.). Nous allons voir combien ces questions de pathologie humaine ont été éclairées par l'expérimentation. Étudions successivement les myélites par infection et les myélites par intoxication.
Myélites infectieuses. — Pour résumer ce chapitre, je n'ai qu'à m'inspirer des remarquables rapports faits par Grasset et Vaillard *■ au Congrès de Bordeaux.
Expérimentation. — Les expérimentateurs ont reproduit les myélites infectieuses, Gharrin avec le bacille
1. Grasset, Vaillard. Congrès de médecine de Bordeaux, 1893, p. 1 et 29.
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pyocyanique; Roux et Yersin airecla toxine diphthérique ; Grancher, Martin et Leroux-Rebard ^ avec la tuberculose aviaire; Gilbert et Lyon avec la tuberculose humaine; Thoinot et Masselin' avec le staphlyocoque doré; Gilbert et Lion avec le coUi-bacille'; Vincent* avec le bacille typhique; Roger*, Bourges ^ Widal et Besançon' avec le streptocoque.
Ces myélites expérimentales peuvent être obtenues soit en inoculant dans les vaisseaux des cultures vivantes, c'est-à-dire les microbes eux-mêmes, soit en inoculant les produits solubles de ces microbes, c'est-à-dire leurs toxines. Quand Texpérience est faite avec les cultures vibrantes, on peut retrouver les microbes pathogènes au milieu des lésions médullaires; Thoinot et Masselin v ont ainsi i^trouvé le coli-bacille et le staphylocoque; par contre, 'Widal et Besançon n'y ont pas retrouvé le streptocoque. la présence ou la colonisation sur place d'un microbe, n'est donc pas une condition essentielle, à la déterminalion des lésions; il est même démontré que la plupart des microbes pathogènes agissent surtout par leurs toxines, exemple les lésions médullaires provoquées par la toxine pyocyanique (Gharrin), par la toxine diphthérique ^Enriquez et Haillon), par la toxine streptococcique (Manfredi et Traversa). Le microbe pathogène peut avoir disparu et sa toxine pathogène persister ; le microbe pathogène peut avoir été cultivé en un linu fort éloigné de