‹ Manuel de pathologie interne. v. 3Chapitre 104 sur 198 · CoUin. Traité des maladies épidémiques, 1879, p. 59i · texte numérisé non relu

CoUin. Traité des maladies épidémiques, 1879, p. 59i

lALADIES INFECTIEUSES PROPRES A L'HOMME. 285

^j^aines de mille qu'on a compté les gens atteints de

'*'nfeclio palustre et typho-palustre.

Des villes autrefois florissantes ont été ruinées par le

voisinage des marais salants.

Mais le plus grand désastre que Thistoire ait enregistré ^ certainement l'anéantissement de Tarmée anglaise à Valcheren. Nous sommes en 1809; TAngleterre. nous dit IliiersS envoie sur l'Escaut une expédition formidable composée de 470 voiles avec ^ 000 hommes, dans le but ^e prendre Anvers et la flotte française. On n'est pas sans crainte à Paris sur l'issue de cette expédition, mais Napoléon, qui est à Schœnbrunn, rassure tout le monde; d'un trait de génie il comprend que l'armée anglaise périra dans les régions marécageuses et palustres de l'£scaut : il ordonne à ses généraux de retenir l'ennemi dans ces régions sans livrer le combat ; son pronostic se K'éalise, le paludisme exerce chez les Anglais d'eflroyablcs ravages et 27000 de leurs soldats périssent ou vont peupler les hôpitaux.

Paraûtologie. — n était réservé à un médecin francs, Laveran, de découvrir l'agent pathogène du palu- <lisme. C'est le 6 novembre 1880 que Laveran a vu pour 'a première fois les flagella de l'hématozoaire, et sa première publication qui date de 1881 est antérieure de plusieurs années aux travaux de Marchiafava et Gelli « qui Sont arrivés tout simplement à vérifier en 1889 les faits soinoncés par Laveran de 1880 à 1882 )). Le parasite de la malaria est un hématozoaire (héma-

toioaire de Laveran). Ses formes peuvent être ramenées

îiux quatre types suivants* :

!• Les corps sphériques. — Ils représentent la forme

la plus commune du parasite; ils sont formés d'une

substance hyaline, transparente, incolore; les plus gros

peuvent dépasser le volume des globules rouges. Les

^' Thien. Histoire du Consulat et de l'Empire^ t. XI, p. 194. ^ Uvenn. Du paludisme et de son hématozoaire. Paris 1801.

tés aux dépens du globule rouge. Puis les corps sphé- ^ riques émettent les flagella. L'hématozoaire prend tantôL^ la forme d'un croissant accolé à un globule rouge qui a été^ ^e digéré, tantôt 41 se segmente sous forme de corps er-m- -^^n rosace, sous forme de marguerite; les segments ou spores ^^ —s, au nombre de 10 à 20, deviennent libres et s'introduiseiw^i^- nt dans le plasma, où le cycle va recommencer.

Fréquence des types. — Sur 453 cas observés par L^ «^averan, les types de l'hématozoaire, isolés ou combiné .^^aés, étaient répartis de la façon suivante :

Le corps sphérique 389 fois.

Le corps en croissant 107

Les flagella 92

On avait prétendu, ces temps derniers, que le tyj3e du

parasite variait avec le type de la fièvre ; suivant GolgiâKÎ, il y aurait un parasite spécial pour la tierce, pour la

quarte, etc. C'est une erreur; les flagella et les cocr *rps sphériques sont plus fréquents dans le paludisme ai^ gu> les corps en croissant sont plus fréquents dans les ^t^ fièvres palustres chroniques, mais c'est toujours le mC-m i^g parasite. Le dernier travail de Barbes et Gheorghiu pla^^^ide dans ce sens*.

Technique. — Pour trouver l'hématozoaire il fau— ^*^g chercher au début des accès, avant le paroxysme, etcr:::^^^' des malades n'ayant pas pris de quinine. On recu^^^'^e une goutte de sang qu'on étale sur une lamelle, frs— ^^ te couvre-objet doit être luté pour éviter les coura ^^s. Comme réactif colorant, Laveran emploie le bleu de -w^ thylène.

Discussion. — Suivant quelques auteurs, Thém ^lozoaire de Laveran ne serait pas l'agent spécifique du jp^tfdisme, car ce parasite existe chez quelques anim^w, chez le lézard, la tortue, le geai, etc. L'hématozoaire / u

i. Babès et Gheorghiu. Archives de méd, expérimentale^ !•' mars j Ov^

existe en effet dans différentes espèces animales (Dani-

iewky), mais c'est chez l'homme qu'il est pathogène; en

void les preuves fournies par Laveran : Les hématozoai-

fes ont été retrouvés chez les palustres de tous les pays.

Amais ces hématozoaires n'ont été rencontrés chez des

'Qdividus qui n'étaient pas atteints de paludisme. Le d*^-

▼eloppement des hématozoaires se lie intimement à la

production de la mélanémie qui est la lésion caractéris.

'îque du paludisme. Les sels de quinine font disparaître

^U sang les hématozoaires, en même temps qu'ils gué-

''issent h fièvre palustre. On a réussi à transmettre le

Psiludisme d'homme :i homme en injectant dans les veines

^*Un individu non paludique une petite quantité de sang

■"^cueilli dans les veines d'un palustre et contenant des

^hématozoaires (Mario tti et Ciarrochi).

Xtiologie. — Le paludisme n'est pas reproductible Psir l'organisme et il n'est point contagieux; les marais, les ^^eux chauds et humides, les marais salants mal entretenus, le mélange des eaux douces et des eaux salées (Du- ^^alau), les grands mouvements de terre que nécessi. ^nt les canalisations, les constructions , les terrassements, ^^s défrichements, sont autant de milieux favorables au développement de l'agent pathogène. Les terrains inaré- ^^geux qui sont formés par des couches d'eau peu épaisses. Par un limon riche en matières organiques végétales, et ^ui sont exposés aux ardeurs du soleil, sont les plus favorables k l'éclosion de la malaria. Mais la malaria appat'ait également dans des localités qui ne sont pas marécageuses; il est vrai que, en y regardant de près, on voit que, sous l'écorche desséchée de ces localités, se trouvent <les terrains humides qui sont l'origine des effluves miasmatiques. Ainsi s'explique l'apparition des fièvres palustres qui éclatèrent à Paris, lors des grands mouvements de terrains qu'on-eiécuta en 1811, pour creuser le canal ^int-Martin, et en 1840 pour la construction des fortifications.

Toutefois les conditions que je viens d'énumérer ne

•murof, FATiiOL. T. IV. iO

sont pas absolument indispensables à la production du paludisme, car il est endémique dans, des contrées qui sont formées par des terrains sablonneux, graniteux ou volcaniques^.

Ainsi, en Algérie, la malaria se développe sous forme de défrichement de notre colonie, dans des contrées a les plus sèches» les plus stériles, n*ayant ni l'humidité, ni la végétation, ni la décomposition des marais ». La dénomination d'infection palustre, de paludisme, de fièvre palustre qui vient de palus, marais, n'est donc pas absolument exacte; on la conserve par habitude, mais elle ne répond pas à tous les cas.

Le miasme palustre est peu diffusible, il est facilement arrêté par un bois, par une construction, néanmoins il peut être transporté à quelque distance par les vents. L'usage d'une eau marécageuse comme boisson peut déterminer la maladie'; le rapport de Boudin, au sujet de la petite épidémie qui sévit à bord du vaisseau sarde VAragOf ne laisse aucun doute à ce sujet. Une première atteinte, loin de conférer l'immunité, est habituellement rprigine d'accidents ultérieurs. Dans les pays où la malaria est endémique, les habitants, par le fait de l'acclimatement, sont peu sujets aux accidents aigus, mais ils subissent souvent d'emblée la cachexie palustre, et les enfants naissent parfois cachectiques. La race noire jouit d'une grande immunité.

La malaria, très rare dans les contrées froides, est endémique dans un grand nombre de contrées chaudes et tempérées. Telles sont la France (Bresse et Sologne), l'Italie (marais Pontins et Campagne romaine), la Grèce, les bouches du Danube, la basse Hongrie, l'Algérie, la basse Egypte, le Sénégal, Madagascar, l'Inde, la Perse, la Cochinchine, le golfe du Mexique, les Antilles, l'Amérique centrale, etc.

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