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Kelsch et Kiener. Malad. de» paffê chaude, p. 3iL

MALADIES iNFECTIËUSËS PUOPRES A L'IiOMMli;. 303

peau, de Tintestin, du rein, tout cela s^nns ictère comme dans certains cas de purpura infectieux.

Mais à côté de ces cas, où des hémorrhagies multiples B'a^sociçnt ou non aux fièvres bilieuses, il en est d'autres qui, en fait d*hémorrhagies, ne visent que Thématurie. Cette forme y autrefois nommée fièvre hématurique, doit Être nommée fièvre hilieuse hémoglobinurique, car il B'agit ici .d*hémoglobinurie et non d*hématune. La bilieuse hémoglobinurique (Corre) est surtout fréquente dans les régions tropicales, néanmoins on Tobserve dans notre région méditerranéenne, en Grèce, en Algérie. En iroici un exemple :

Un individu, infecté de paludisme, est pris soit d'accès intermittents quotidiens ou tierces, soit de fièvre remittente,cequi implique déjà une gravité que n'a pas habituellement la forme intermittente. Au cas d'accès intermittents, le stade de fnsson est accompagné de douleurs lombaires, d'angoisse épigastrique, de vomissements bilieux, de dyspnée, symptômes qui s'accentuent encore pendant le stade de chaleur. Vhémoglobinurie débute avec le frisson ou avant lui, elle augmente graduellement d'intensité pendant l'accès et elle cesse avec l'apyrexie. Les émissions d'urine qui pendant l'accès prennent successivement la teinte de vin de Bordeaux, de malaga, de bière brune, s'éclaircissent après l'accès.

Les symptômes bilieux débutent eux aussi avec l'accès ; les vomissements de bile sont souvent accompagnés d'évacuations bilieuses intestinales. La rapidité de l'ictère est telle que déjà, pendant le stade de chaleur, la peau est jaune et safranée. L'accès bilieux, très fort dans le premier accès hémoglobinurique, diminue souvent d'intensité aux accès suivants. L'accès hémoglobinurique peut reparaître tous les jours, tous les deux jours; la teinte iclérique ne disparaît pas entre les accès. La rate est volumineuse, le malade est très anémié, mais malgré son apparente gravité, la forme que je viens de décrire est habituellement suivie de guérison.

304 MAUDIES GÉNÉRALES ET IISFEGTIEUSES.

La fièvre bilieuse hémoglobinurique est aulrement torribic. si le stade de chaleur se prolonge, si les accès sont subintrants, si en un mot ta fièvre est rémittente on continue. Alors les vomissements sont plus fréquents, l'ictère est plus intense, les urines sont noires, la langue se sèche, les yeux s'excavent, le hoquet apparaît et le malade succombe tantôt par épuisement, tantôt par anurie et par urémie. 11 y a même des fonnes foudroyantes qui emportent le malade en trois ou quatre joui*s (Leroy de Méricourt).

Dans ces formes bilieuses hémo^'lobrnuriques Turine présente les caractères suivants : sédiment très abondant ; cellules épithéliales, cylindres hyalins, globules blancs, peu ou pas de globules rouges. Héinoff/obine abondante reconnaissable au spectroscope. La couleur de Turine est due à l'urobiline, à des chromogènes, à des pigments biliaires et à Thémoglobine. Quant k la pathogénie de l'hémoglobinurie on la trouvera exposée au chapitre qui est consacré à Thémoglobinurie paroxystique.

FIEVRES PRRNICIEUSBS.

Les fièvres pn lustres sont dites pernicieuses lorsqu'elles apportent dans l'économie une telle perturbation que 1 vie du malade est mise en danger en quehfues jours ou en quelques heures. Tantôt les accidents pernicieux traduisent par l'exagération d'un symptôme habituel^

(lièvre algide, fièvre diaphorétique), tantôt ils sont asso '

ciés à des complications qui frappent certains appareils^ ou certains organes, auquel cas les fièvres sont dite»^ accompagnées : comitaiœ.

Toutefois l'imminence du danger ne réside pas tanK. dans rimporlance de l'organe frappé que dans la nature^ dans la virulence de l'élément mfectieux, qui crée un^ « malignité vraie, primitive, protopathique, se dêclarani d'emblée dans la plupart des cas » (Trousseau).

lALADnS INFECTIEUSES PROPRES A L'HOMME. 305

Les accidents pernicieux sont plus fréquents à mesure Çu'on s'approche des régions tropicales ; on les observe duosquelques contrées de la France, mais presque jamais à Paris. Les saisons ont une influence notable sur leur développement; à Home ils sont plus fréquents de juillet et) octdi>re (Baccelli), et au Sénégal ils apparaissent surtout à la fin de la saison des pluies, d'août en novembre ^ I^es accidents pernicieux éclatent presque toujours sous lorme épidétnique. En quittant le pays où règne la mala- K^iSy on n'évite pas pour, cela le retour des manifestations clés l'impaludisme qu'on y a contracté, mais on évite &*9ccés pernicieux. La race nègre est plus réfractaire que ^st race blanche. Le jeune âge ne crée pas l'immunité; les enfants seraient même plus que les adultes exposés ^uix accidents pernicieux.

Étudions successivement les formes principales que Peuvent revêtir les accidents pernicieux :

Pierres pemicienses cérébro-spinales. — Ce groupe ^^omprend les accidents pernicieux comateux, délirants, eonvolsifs, paralytiques. De ces différentes variétés, la plus fréquente, la mieux déterminée est la pernicieuse Comateuse.

Le coma paludique survient dans le cours d'une lièvre P^tlustre intermittente ou rémittente, dans quelques cas *^ pandt s'établir d'emblée, il résume en lui tout l'accès. ^ans les formes légères on dit que l'accès est soporeux, ^e malade paraissant être sous l'influence de l'opium; ^ans les cas graves on dit que l'accès est apoplectilorme. L^ perte de connaissance avec perte de la sensibilité, évacuations involontaires, immobilité de la pupille, résolution des membres, caractérisent l'accès comateux. Cet ^ccès dore quelques heures, une journée ; il disparait Parfois rapidement sans laisser de traces ; dans d'autres il est accompagné d'hémiplégie, de monoplégie,

1. Bird. AeeuL perme, tPongine paltutre. Th. d'agrég., Paris, muLâror, patrol. t. nr. iQ

806 KALAOIES GÉNÉRALES ET niPEGTIElISBS.

d'amaurose, et on trouve à Tautopsie des congestions, des hémorrhagies des méninges cérébro-spinales*.

La pernicieuse convulsive simule tantôt les convulsions épileptiformes, tantôt le tétanos.

Ces différentes modalités cérébro-spinales peuvent se combiner. Le diagnostic en est simple quand les accidents surviennent chez un malade qu'on savait atteint de paludisme ; mais quand on porte à l'hôpital un homme atteint de contractures simulant le tétanos* de convulsions simulant l'épilepsie, de délire simulant le delirium tremens, de coma simulant Tapoplexie, l'insolation, le coup de chaleur, le diagnostic est parfois difQcile, d'autant plus que l'accès pernicieux cérébral peut être larvé, la fièvre peut faire défaut ou n'apparaître que plus tard. La recherche des hématozoaires peut seule permettre un diagnostic rapide.

Fièvres pernicieuses algides. — Sous cette dénomination, Kelsch réunit les formes pernicieuses dont le caractère le plus apparent est la pâleur cyanique et le froid glacial répandu sur le corps ; telles sont : la cholé-

rique, la cardialgique, la dysentérique, la diaphorétique,^ Talgide, la syncopale.

La pernicieuse algide, la plus grave de toutes, n'es^ pas constituée, comme on serait tenté de le croire, pai^ l'exagération du stade de frisson; c'est pendant le slad^ de chaleur, où même pendant le stade de sueur que 1^ refroidissement se déclare et s'accentue ; le malade n^ frissonne point, mais la peau devient livide et glaciale, ls=^ voix s'éteint, des sueurs froides et visqueuses apparai sent, l'anxiété est terrible, la dyspnée est extrême, l'ai expiré est glacial, le pouls est petit et fréquent, et 1 face prend une expression cadavérique : cadaveris i ginem refert (Borsieri). Ce refroidissement conduit à mort ou peut être suivi de réaction salutaire. A la fièv algide se joignent parfois des symptômes cholériform

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