Acnd. des sciences
t, Acud. des sciences, 188i.
GOnUIlBS A L'HOMME ET AUX ANIMAUX. 531
^tféoné, Tautre exalté, M. Pasteur s'en servit pour inoculer des chiens, il commença par leur inoculer le virus h plus faiUe, et il augmenta progressivement la viruleuoe jusqu'à leur inoculer le virus le plus fort.
Les chiens, ainsi préparés, furent mis en contact avec
des chiens atteints de rage furieuse ; ils furent mordus à
diverses reprises, mais aucun d'eux ne prit la rage, ils
étaient devenus réfractaires à cette maladie, en un mot
ils étaient vaccinés*. Ces expériences furent reproduites
devant une commission nommée par le Ministre de
Tinstruction publique, et les résultais annoncés par
M. Pasteur furent confirmés.
A peu de temps de là, BI. Pasteur découvrit un autre procédé de tfaccination aniirabiqùef plus commode et aussi sûr. H est basé sur Tatténuation du virus contenu <lans les moelles de lapins morts de la rage, à l'aide de la dessiccation de ces moelles*.
Par ce procédé, toute l'activité du virus est détruite au Itout de treize à quinze jours; mais celte atténuation se fait progressivement de telle sorte que, plus on se rapproche du début de la dessiccation, plus la virulence est forte. En procédant avec des moelles par inoculations de plus en plus virulentes, M. Pasteur est arrivé également à rendre toute une série de chiens réfractaires à la rage. Les choses en étaient là, lorsque vint à Paris un jeune berger, du nom de Heister, horriblement mordu, et voué ^ une mort presque certaine. D'accord avec MM. Yulpian et Grancher, M. Pasteur lui pratiqua une série d'injeclions sous-cutanées de moelles rabiques, progressivement virulentes; Tenfant n*en fut nullement incommodé, et la rage ne se développa pas chez lui.
Cest alors qu*on vit affluer à Paris, de toutes les pro- ^ces et de tous les pays, une foule d'individus mordus par des animaux enragés, attirés par l'espoir d'une guétison radicale.