‹ Manuel de pathologie interne. v. 3Chapitre 116 sur 198 · Hermann Foll. Semaine méd · texte numérisé non relu

Hermann Foll. Semaine méd

6. Brouardel. Art. Raob {chez P homme). Met, encpclop. de» se. méé.

GOlOnmES A L'UOMME ET AUX ANIMAUX. 533

fois sur les parties latérales du frein de la langue, mais ces vésicules, nommées lysses (Xuacra, rage), ne possèdent pas les propriétés qu'on leur avait supposées.

Après sa période d'incubation, la rage s'annonce par Ufl stade prodromique dont le caractère dominant est une tendance aux idées mélancoliques. Les malades sont tristes, absorbés, déprimés, alors même qu'ils ignorent le danger dont ils sont menacés, et ceux qui sont au courant de leur situation ont une angoisse de tous les instants avec insomnie, cauchemars, alternatives d'excitation et de dépression. Dans quelques cas, ces prodromes font défaut et la rage éclate brusquement par les symptômes suivants :

Le malade éprouve une hyperesthésie excessive de tous les sens, la lumière, le moindre bruit, les odeurs, tout l'impressionne péniblement. Le satyriasis s'observe dans quelques cas. V hydrophobie est le symptôme dominant, non pas que le malade ait peur du liquide, comme l'iii- <liqnerait le mot hydrophobie, mais le moindre iiiouveïiaent de déglutition provoque des spasmes réllcxcs si douloureux, que les malheureux préfèrent les tourments <le la soif aux terribles sensations d'étranglement et do suffocation que donnent ces spasmes laryngo-pharyngôs ■Wois même ces spasmes se reproduisent au simple '^ect de i*eau, à la vue d'un liquide, ou d'un objet brillant. La salive est à chaque instant rejetée, afin d'évier tout mouvement de déglutition.

Plus tard, ces spasmes laryngo-pharyngés se repro- ^^sent spontanément sous forme de paroxysmes. A ces spasmes, se joignent des frissons, des horripilations, des ^Uvulsions épileptiformes, des contractures tétaniforines. ^es accès, atrocement douloureux, devenant plus longs ^^ plus nombreux, les rémissions sont plus courtes et l^^Us rares. Entre les accès, le patient est en proie à la ^^xireur, certains sont pris de fureur, d'idées de suicide, ^*accè8 de manie; mais l'homme enragé n'a aucune ten- ^xicc à morJro lus personnes qui l'entourent, comme on

le croît vulgairement. Pendant Taccès la température s'élève à 41 et 42 degrés et peut s'élever encore après la mort (Peler).

Cette période dure deux jours en moyenne. La période qui lui fait suite, période paralytique ou asphyxique, ne dure que quelques heures; elle est caractérisée par un épuisement qui conduit au coUapsus et à la mort, mais la mort survient également à la période précédente, au milieu d'accès de suffocation. Dans quelques cas, la marche de la rage semble enrayée pendant quelques jours et la maladie se fait en plusieurs poussées.

Le diagnostic de la rage doit être fait avec les maladies (hystérie, aliénation mentale) dans lesquelles l'apparence de rbydrophobie peut exister à l'état de symptôme. Dans le delirium tremens, la dysphagie, et le crachotement ne sont pas accompagnés des spasmes laryngo-pharyngés si caractéristiques de la rage.

Lanatomie pathologique se réduit à peu de chose. La congestion des organes (poumon, méninges) est censé cutive aux accidents convulsifs et à la gène respiratoire. On a signalé l'état granuleux et la myélite diffuse de la moelle allongée.

Le traitement prophylactique consiste à abattre immédiatement tout animal enragé, et à enfermer pour le tenir en observation tout animal soupçonné de rage.

Chez un individu mordu par un chien enragé, voici les moyens à employer : 1** Laver la plaie, l'agrandir au besoin si elle est anfractueuse, et la cautériser vigourevr sèment au fer rouge ; tout cela doit être fait le plus rapidement possible. La mortalité dans le cas de blessures non cautérisées serait de 84,84 pour 100, tandis qu'elle n'est que de 31,54 pour 100 pour les blessures cautérisées (Bouley)^ La méthode de Pasteur et le traitement par les vaccinations ont été décrits au début de ce chapitre. Le traitement anti-rabique ne parait avoir aucune in-

Page 1