‹ Manuel de pathologie interne. v. 3Chapitre 119 sur 198 · Hartmann et Morax. Soc. de chirurgie, mai · texte numérisé non relu

Hartmann et Morax. Soc. de chirurgie, mai

2. Reymond. Anatomie pathologique et bactériologie des uUpinga^^ "^(h ovarites^ Paris, 1895.

5. Charrier. De la péritonite blennorrhagique chez la femme, pér» métro-salpingite; péri-ovarite\ Paris, 1892 (ouvrage couronné l'Académie de médecine).

^ii6s récemment déflorées, chez les jeunes femmes récem- ■oeot mariées, est caractérisée par des réactions péritoftéaJes parfois très marquées se produisant quelques jours ^près la contamination. C'est surtout à la première époque ^menstruelle qui suit la contagion que surviennent les sym- J)tômes de Tinfection pelvienne. Tantôt les règles sont «n retard, tantôt eUes sont en avance, presque toujours «lies sont modifiées. En même temps éclatent au basventre, ayec ou sans fièvre, de violentes douleurs, avec s^isibilité extrême des parois, vomissements, constipation, «n un mot le syndrome péritonitique ; la prédominance <le$ lésions au niveau des annexes droites peut simuler l'appendicite. Le toucher est douloureux et difficile ; on anrive parfois à constater une masse assez volumineuse, Instante, qui occupe les culs-de-sac, et au milieu de 'aquelle i'utérus est comme enclavé et immobihsé.

Cette blennorrhagie pelvienne aiguë, garde toute son ^iitensité pendant la durée des règles, puis les symptômes ^Wendent au point de faire croire à la guérison. Mais à Mesure que l'époque cataméniale suivante se rapproche, ^ syndrome péritonitique, lui aussi, se montre à nouveau. C'est la forme rémittente de Noggerath; non traitée, elle peut aboutir à la suppuration, bien qu'il s'agisse, au ^ébut» de périmétro-salpingite séro-œdémateuse, plus ^Ue de suppuration pelvienne vraie. Ce sont ces formes ^i, anatomiquement, ressemblent à l'orchite blennor- ^hagique de l'homme.

La blennorrhagie pelvienne chronique succède aux poussées aiguës ou s'installe chronique d'emblée. Elle est ^^actérisée par des réactions péritonéales peu marquées, Psu* des troubles de la menstruation avec aménorrhée précédant les métrorrhagies périodiques. Chez une jeune ^euune qui, après les premiers rapprochements sexuels, présente des douleurs et des anomalies de menstruation m^e l'état général ne peut pas expliquer, il faut penser à ^^ blennorrhagie. Le syndrome péritonitique de la forme ^igud n'existe pas ici, mais par contre il y a un syndrome

366 MALADIES VËNËRIEMNES.

tervention la plus simple, telle que Tincision du cul-de — sac postérieur (opération de Laroyenne). Par cette inci — sioiiy on éyacue des collections parfois considérables^ collections qui sont souvent aseptiques et non purulentes» car on voit, dans la blennorrhagie pelvienne, ces poussées de périmétro-salpingite séreuses, qui ont, cliniquenient, les plus grandes analogies avec les collections purulentes streptococciques des organes et du péritoine pelvien.

Disons en terminant, qu*à aucun moment on ne doit conseiller le curettage. Autant le curettage donne d'excellents résultats quand l'utérus recèle des débris placentaires ou des débris membraneux^, autant on doit s'abstenir de curetter l'utérus quand il s'agit d'endométrite purulente blennorrhagique. Dans ce dernier cas, en effet, l'infection est profondément localisée aux culs-de-sac glandulaires, la curette n*a aucune action utile, elle peut même être nuisible en favorisant la pénétration des gonocoques.

Complications communes aux deux sexes. — Après avoir étudié les complications blennorrhagiques qui sont spéciales à l'homme ou à la femme, passons aux complications communes aux deux sexes.

Rhumatisme blennorrhagique. — Le rhumatisme blennorrhagique apparaît pendant la phase aiguë de la blennorrhagie, ou à son déclin, alors que l'écoulement a cessé, ou bien encore chez les malades atteints de bien- norrhée. 11 survient généralement, mais non exclusivement au cours de la blennorrhagie uréthrale, on Ta observé également chez des sujets affectés de blennoi rhagie conjonctivale. Plus fréquent chez l'homme que chez la femme, en apparence du moins, le rhumatisme blennorrhagique peut se manifester sous des formesmultiples. La forme rhumatismale généralisée, qui es' fort rare, simule au premier abord une attaque de rhu matisme articulaire aigu, fébrile, avec cette différence toutefois, que les sueurs profuses font généralement -^H

1. Charrier. — Du curettage précoce dans l'infecUon puerpérale ^. Archives de midecinef juin 1891.

défaut et que le salicylate de soude reste sans effet; dans G«tte forme polyarticulaire aigué, plusieurs jointures sont tiises en même temps ou successivement, mais en peu jours le rhumatisme se localise à une ou deux join- '^-ores ayec une prédilection bien marquée pour les ge- '^vmx, pour les coudes, pour les poignets. Dans une autre ^orme, l'arthrite blennorrhagique est d'emblée mono- •surticulaire ; son siège d'élection est encore le genou et ^e coude, néanmoins elle peut se développer au cou-de- ;S)ied, au poignet, aux articulations costo-sternales, à Var- ^âhulation stêrruhcîaviculaire. Ces manifestations pseudorhumatismales, parfois très douloureuses, affectent les tissas péri-articulaires plus encore que l'articulation elle- TDftine. Elles s'accompagnent de gonflement, d'empâtement, de rougeur des tissus, au point de simuler un l)hle^on. La marche de ces arthrites est souvent suiNÛguê, elles ont une tendance à passer à l'état chro- 3iiqae, elles laissent à leur suite soit des adhérences iforme pUutigue) qui limitent les mouvements, soit des ^slocations articulaires {fotine dislocanlé) qui apportent, ^8 aussi, une entrave au jeu régulier des surfaces articulaires. Les épanchements de ces arthrites sont ha- MueUement séro-fibrineux, à forme dliydarthrose; ils I^euvent cependant se terminer par suppuration.

Une autre particularité de l'arthrite blennorrhagique ^tde provoquer une atrophie musculaire rapide et pré- <îoce, atrophie qui, même en l'absence d'ankylose, entrave pendant longtemps les fonctions du membre atteint. On ^nstate souvent des déformations articulaires. Dans ^elques rares observations, l'arthrite s'est terminée par ^Umeur blanche.

Les gaînes tendineuses, notamment celles du poignet, ^ea bourses séreuses (douleur du talon), sont souvent infects isolément, ou en même temps que les articulations. Toutes les opinions ont été émises sur la nature du rhumatisme blennorrhagique, lors de la célèbre discussion ^Ui eut lieu à la Société médicale des hôpitaux en 1867.

570 MAUDIES VÉNÉRIENNES.

des observations d'endo-péricardite blennorrhagique, su^ venues en dehors de toute manifestation articulaire; plusieurs de ces observations sont consignées dans un article deCart ^ à qui je vais les emprunter : Prévost* a rapporté un cas d'endo-péricardite survenue au cinquième jour d'une blennorrhagie sans coexistence d'arthrites. — Dans un cas d'endocardite ulcéreuse mortelle, consécutive à une blennorrhagie, Iliss a trouvé des diplocoques ressemblant au gonocoque et se décolorant par le Gram. — Couiicilman a observé, en 1895, un cas de blennorrhagie avec arthrite, péricarditc, et abcès dans le muscle cardiaque; l'urèthre, les articulations, le péricarde et les abcès du cœur contenaient du gonocoque. — Winterberg, en 1894, a constaté la présence de gonocoques sur la valvule mitrale dans un cas d'endocardite ulcéreuse consécutive à une blennorrhagie avec arthrite. — Leyden, en 1895, a contrôlé la présence du gonocoque dans le thrombus valvulaire du ventricule gauche, dans un cas d'endocar — dite suite de blennorrhagie avec arthrite et épididymitei* — Thayer rapporte l'observation d'une femme morts» d'infection générale gonococcique avec endocardite ulcé-^ reuse ; l'examen bactériologique fit constater la présenc» ^ du gonocoque dans les végétations de la valvule miâ traie. — C'est donc un fait acquis, que l'infectior gonococcique peut se généraliser et déterminer la pérÊ cardite, l'endocardite et des abcès du cœur avec ou sanr"-: arthrites blennorrhagiques concomitantes.

Outre les complications cardiaques, citons la phlébk s. *ile blennorrhagique ydoni on a rapporté quelques observatiocHT ^ns indiscutables*.

Autres complications. — Nous avons encore à signal .M' ^Icr d'autres complications de la blennorrhagie.

Système nerveux, — Le système nerveux tout enti(^^ er, paraît pouvoir être atteint par la toxi-infection blennc^ or-

l.Cart. Endocard. ulcér. à gonocoque. Gaz. méd. cfe Paris, 1896,p.^

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