Espagnat. Phlébite blennorrhagique. Th. de Paris
^hagique; les névrites périphériques y occupent le premier rang; depuis longtemps Fournie a signalé la fré- ^ence de la sciatique gonorrhéique ; Gros a réuni dans sa thèse des observations de névralgies crurales et lombo-abdominales *.
La myélite blennorrhagique est admise et décrite par un grand nombre d'auteurs ; mais dans le seul cas où l'examen bactériologique a été pratiqué, on n'a trouvé que des staphylocoques dans le liquide épanché autour de la pie-mère; le gonocoque était absent (Barrié)*.
Les méninges crâniennes et le cerveau lui-même peu- ^nt être atteints par la blennorrhagie.
Rein, — V albuminurie d'origine blennorrhagique est un symptôme fréquent. On admet avec raison une néphrite blennorrhagique' liée à la migration ascendante du gonocoque ou à des infections second aires , ou mieux encore» consécutive à l'adultération des épithéliums par ^imination des toxines.
Organes des sens, — Le gonocoque peut se développer Sur la conjonctive et occasionner une ophthalmie purulente fort grave ; deux cas peuvent ici se rencontrer : ^* un individu atteint de blennorrhagie présente en même ^mps une conjonctivite à gonocoques et il s'agit alors ^'auto-contagion; 2" la conjonctivite se développe chez un ^udividu indemne de blennorrhagie uréthrale ou vaginale ^t Thétéro-contagion doit être invoquée. Tel est le cas du Nouveau-né qui s'infecte au passage. On admet aussi l'existence d'unp conjonctivite bénigne, consécutive non plus à l^ présence du gonocoque, mais à la résorption des toxines.
Les exardhèmes blennorrhagiques peuvent revêtir toutes les formes, érythèmes simples, noueux, orties, polymorphes, purpuriques.
Blennorrhagie ano-rectale*. — Cette localisation de la
1. Gros. Localisation de la blennorrhagie sur les nerfs périphériques, ThéM de MontpeUier, 1894.
2. Barrié. Méningo^myélite blennorrhagique. Ttièse de Paris, 189i. «^* Balier et Souplet. Annales de dermatologie^ 1892.
■^* Vennet Blennorrh. ano-roctale. Gas des hôp.^ 1896, p. 531 et 559«
374 HALADIES VÉNÉRIENNES.
thrites aiguës, que Ton est appelé à rechercher la bien— ^^^ ^ norrhagie. Sans parler des différences principales qu^*-*'J nous avons citées, chemin faisant, entre le rhumatisme franc et le rhumatisme blennorrhagique, il est notoire^' que le séjour au ht favorise à tel point la diminutionrx de l'écoulement uréthral qu'il faut exercer des pressions sur la verge pour arriver à faire sourdre quelques gouttes • de pus révélatrices. Chez la femme le diagnostic peut encore être plus embarrassant; mais l'évolution de«i arthrites blennorrhagiques permet d'arriver au diagnos— s tic, même dans les cas où la blennorrhagie ne saurait, eirx^ apparence, être suspectée.
Traitement. — Malgré l'abondance des moyens pré-^* tendus curatifs, il faut avouer que le traitement de Is--!^ blennorrhagie est encore un des points les moins connus de son histoire. Les traitements dits abortifs (injectioirK au nitrate d'argent, au permanganate de potasse) pouK être efficaces, devraient être prescrits pendant la période d'incubation, c'est-à-dire à une phase de la maladie wCm les symptômes font défaut; cependant, dès l'apparitioir:*: ^^^ ■* des premières manifestations douloureuses, ces injections ^^* ^ maniées par des mains exercées auraient donné quelques succès; je ne conseille pas d'en faire usage.
Lorsque la blennorrhagie est déclarée, le repos, la suppression de la bière, de toute boisson alcoolique, des met^^ ^^ épicés, l'usage de boissons alcalines, les grands bains émoi — lients et journaliers sont les seuls moyens efficaces. Contre^' les érections nocturnes, on prescrira les bromures et enc^ particulier le bromure de camphre. Quand la phase aigu^^ touche à son déclin, on peut faire usage d'injections tringentes au sulfate de zinc, tannin, sels de quinine,« ^^ ^^ nitrate d'argent, résorcine ; on peut également, et mieujvc^ M-J^encore, faire usage de balsamiques : cubèbe, copahu^ -^c-^ti santal. Dans ces dernières années, on a vanté les grand»* -^^"^ lavages uréthraux pratiqués sans sonde ; cette façon àm M^^^ procéder raccourcirait considérablement la durée à^^Mi^e la maladie et constituerait à cet égard un progrès réeitf'-^^s/.
<)uelques médecins conseillent le sublimé très étendu, le ïiitrate d'argent, etc., d'autres recommandent le per- 'Hanganate de potasse (Janet) ^ comme ayant une action ^vraiment spécifique sur le gonocoque. Ce médicament toutefois ne met pas à Tabri des cystites : j*ai connaissance de deux cas consécutifs à son emploi.
On trouvera à l'article rhumatisme secondaire^ le traitement de l'arthrite blennorrhagique chronique par le ^^taplasme de Trousseau. J'en ai plusieurs fois constaté les excellents résultats.
S s. CHANCRE MOU. - CHANCRE SIMPLE.
La dénomination de chancre, employée autrefois ^-omme synonyme d'ulcère rongeant, sert aujourd'hui ^xclusÎTement à désigner deux variétés d'ulcérations ^^ntagieuses, qui dans la très grande majorité des cas ^om d'origine vénérienne. Ces deux variétés nettement réparées en 1850 par Hunter, Ricord, Bassereau, sont l'une ^e chancre mou, encore nommé chancre simple, chan- ^felle (Mauriac), l'autre, le chancre induré, syphilitique, ^s deux chancres sont le résultat d'une infection, mais ^^ns le premier cas l'infection reste locale, dans le second ^^s elle est générale. Ce chapitre sera consacré au chancre ^iiïiple ou chancre non syphilitique.
fitiologie. — Le chancre simple devient plus rare à •^e»ure que les soins de propreté se généralisent ; aussi ^st-ce surtout à l'hôpital qu'on l'observe tandis que dans ^clientèle privée le nombre en est restreint. La contagion **'efl'ectue par inoculation ; le pus du chancre, même très ^Uué, reproduit le chancre. Une écorchure, une érail-
i. Janet. Annal, des mal, des organes génito-urinaires, avril et i^in 1891
soit à distance par rinterinédiaire des lymphatiques toute une série d'accidents. Parmi ces accidents, nous d'terons le phimosis, le paraphimosisy le bubon chancreux qui correspond comme siège aux ganglions qui reçoivent les lymphatiques de la région infectée. L'engorgement ganglionnaire est de règle dans le chancre simple; dans certains cas cette adénopathie devient douloureuse, augmente notablement de volume et finit par suppurer. L'ulcération ainsi créée présente presque toujours les caractères cliniques d'un vaste chancre mou, cependant il semble d'après les recherches de M. Straus qu'il s'agisse alors d'une réinoculation chancreuse sur une ulcération qui au début était due aux micro-organismes habituels de la suppuration. En effet si par des pansements antiseptiques rigoureux on isole la plaie ulcéreuse du bubon, les caractères chancreux font défaut et la guénson s'obtient comme à la suite d'une plaie ordinaire.
Le phagédénisme est une complication qui n'est pas spéciale au chancre mou, on la retrouve à la surface d'un grand nombre d'ulcérations. Véritable gangrène moléculaire que l'on a comparée à la pourriture d'hôpital et à la gangrène des plaies, elle se caractérise par une extension continuelle de l'ulcération primitive qui gagne aussi bien en profondeur qu'en surface et qui expose le malade à une foule d'accidents locaux et généraux, faute d'un traitement hâtif et énergique. Ce qui prouve bien la nature infectieuse secondaire du chancre phagédénique c'est que les pansements antiseptiques rigoureusement appliqués dès le début des accidents, en restreignent le nombre et en modifient très avantageusement la gravité.
Traitement. — Il résulte de cette description du chancre simple et des accidents auxquels il peut donner lieu, que la première indication thérapeutique, c'est la nécessité d'une antisepsie rigoureuse. On y parviendra en prescrivant des lavages répétés avec une solution antisep tique : eau phéniquée, sublimé au 2000* ou au 1000*;
MALADIES YÉMÉRIENNES. 579
bains locaux, pansements antiseptiques avec les substances suivantes : iodoforme, aristol, iodol, salol, solution de chloral, etc. Si ces moyens ne hâtent la cicatrisation du chancre, on prescrira les faibles solutions caustiques suivantes : solution de nitrate d'argent à 5 pour 'O0,solution phéniquée au dixième, pâte au chlorure de
^c(Balïer) (1 partie de chlorure pour 10 d'oxyde de zinc).
^Qfin, si ces moyens sont insuffisants, on aura recours à
des caustiques énergiques tels que la pâte de Vienne, la
P^te de Ganquoin ou le thermo-cautère.
Le diagnostic va être fait au chapitre suivant.