‹ Manuel de pathologie interne. v. 3Chapitre 121 sur 198 · S S. CHANCRE INDURÉ. —CHANCRE SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

S S. CHANCRE INDURÉ. —CHANCRE SYPHILITIQUE

Stiologie. — Toute syphilis, à Texception de la syphilis ^^i*éditaire et conceptionnelleS débute par un chancre, '^lui-ci se développe par contagion, et le virus infectant ^^xii être fourni soit par le chancre, soit par les plaques *^tiqueuses (Langlebert, Rollet). Le chancre se développe ^Otijours au point contaminé ; de là deux grandes classes *e chancres syphilitiques : chancres génilauxetextra-géni- ^«Uic. Les premiers sont presque toujours d'origine véné- *^Giine, les seconds le sont beaucoup moins souvent.

La contagion des chancres extra-génitaux peut s'efTec- ^Uer d*une foule de façons différentes : nous citerons Val- ^^itement, soit que le nouveau-né, atteint de plaques mu- ^euses buccales, transmette la syphilis à sa nourrice (chancre du mamelon), soit que la nourrice atteinte de plaques muqueuses du mamelon contamine son nourrisson (chancre labial ou buccal). Des objets ayant servi à un Syphilitique : biberon, pipe, cuiller, verre à boire des fon-

^ • U syjdiilis dite conceptionnelle est celle qui est transmise à la ^^^^ par un ftetus issu de père syphilitique.

cuisses, fesses] a une évolution un peu différente. Au début c'est une élevure rougeàtre, érosive, on dirait c un simple bouton » érosif et indolent. Puis il s*élargit, il devient saillant, il s'encroûte, et reste toujours indolore.

Ce chancre croûteuxy ou pustulo-croûteux, a les apparences de Tecthyma vulgaire, mais si Ton enlève la croûte après l'avoir préalablement ramollie, le chancre apparaît avec tous ses caractères : surface plate ou légèrement bombée, érosive mais peu ulcérée, lisse, égale, rougeàtre, de coloration chair musculaire, souvent saignante et hérissée de papilles. On y constate parfois une sécrétion pyoïde insignifiante. Les bords du chancre sont plats, non taillés à pic : à vrai dire, il n'y a pas de bords, puisqu'il n'y a pas d'ulcération. La base du chancre est indurée^ parcheminée. A certaines régions, au nez, à la cuisse, le chancre prend quelquefois de fortes proportions.

Tout chancre syphilitique est accompagné d*adéniU multiple, polyganglionnaire, qui n'est guère apparente avant le septième jour, et dont la localisation est en rapport avec la région contaminée par le chancre (adénites de l'aine, de l'aisselle, du cou). Dans la pléiade ganglionnaire syphilitique, on trouve habituellement un ganglion plus volumineux que les autres (bubon satellite) ' c'est celui qui reçoit plus directement les lymphatiques venus du territoire chancreux. Les ganglions de l'adénite syphilitique sont durs, petits, habituellement indolents, ils roulent sous le doigt, ils ne déterminent pas de périadénite, ils n'ont aucune tendance à suppurer, ils persistent longtemps après le chancre, pendant des mois et des années ; ils sont même un excellent moyen de diagnostic rétrospectif.

Non seulement on trouve des ganglions dans la région qui est directement en cause, mais un peu plus tard on peut en constater en diverses régions, notamment au cou, à la nuque. La tuméfaction de la rate a été notée, ians quelques cas.

Des accidents généraux : courbature, fièwe, céphalalgie

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Vespérale» douleurs ostéocopes, insomnie, ai Ihralgies, etc., accompagnent en général Tapparition du chancre. Quant ^Uz (tccidenU secondaires proprement dits, ils peuvent apparaître avant la cicatrisation du chancre ou quelques ^semaines après lui. Le chancre lui-même peut devenir ie point de départ d'une plaque muqueuse.

Contrairement au chancre simple, le chancre syphilitique est habituellement unique, on peut cependant en constater deux ou trois, mais ils sont presque toujours Contemporains, ou du moins lorsqu'il y a réinoculationS cette réinoculation est précoce, elle se fait peu de temps après l'apparition du premier chancre, elle ne serait plus possible à une époque un peu plus éloignée, comme la réinoculation du chancre simple.

Ëtudié au microscope, le chancre présente une infiltration du derme par des leucocytes, on trouve des lésions presque constantes d*endartérite. Ces lésions vasculaires syphilitiques témoignent déjà de la prédilection toute spéciale de la syphilis pour les artères, dès sa période initiale jusqu'aux époques les plus éloignées.

L'agent spécifique de la syphilis n'est pas encore connu. De nombreuses descriptions en ont été données par Kicbs, AjQfrecht, Lutsgarten etc., mais les cultures de ces microorganismes ne sont parvenues à reproduire le chancre ni chez l'honmie ni chez les animaux, quoi qu'en ait pu dire Martineau.

Diagnostic. — Prenons le cas le plus fréquent, supposons un chancre syphilitique des organes génitaux chez i*homme ou chez la femme et faisons le diagnostic avec le chancre simple et avec l'herpès. Voici les signes distinctifs :

1* Le chancre syphilitique a une incubation dont la durée moyenne varie de trois à quatre semaines ; le chancre simple apparaît dès le lendemain ou le surlendetnain après la contagion; l'herpès apparaît spontané-

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