‹ Manuel de pathologie interne. v. 3Chapitre 126 sur 198 · Potain. Ait. Amkmik. Dict. encyclop. des *c. médit · texte numérisé non relu

Potain. Ait. Amkmik. Dict. encyclop. des *c. médit

^^r?e chez les chlorotiques ne suffiraient pas à diffé- ^^der la chlorose des anémies. Étudions cette question ^•^ déUU:

t^e nombre des globules rouges contenus dans le sang ^^«chlorotiques n'offre rien de caractéristique, car il est '^c^rmal, augmenté ou diminué, suivant les cas.

^ Xa dimetuian exagérée des globules rouges n'a pas plus ^* importance, car dans toute anémie, quelle qu'elle soit, ^^ trouble apporté à la formation et au développement ^^s globules fait apparaître des formes anormales d*hé- '^^«ties rappelant plus ou moins nettement l'état fœtal ^^ s éléments*.

£8t-ce donc la composition du globule rouge, la dimi- *^Vition de l'hémoglobine, qui offre une altération spé- ^^iale à la chlorose? Cette altération de rhémoglobine *^*«st pas absoluibent spéciale à la chlorose, car elle ^x.iste à divers degrés dans d'autres anémies, et notam- *^ent dans l'anémie des cancéreux (Hayem). Ce n'est donc Pa.s la nature des modifications du sang qui, seule, peut établir une barrière entre les atiémies et la chlorose ; Certes, la diminution de l'hémoglobine chez les chloroticpies est un élément important dont nous devons tenir Compte, mais c'est l'ensemble de symptômes, c'est surtout l'étiologie de l'affection, qui donne à la chlorose la place distincte qu'elle doit occuper. Ainsi se trouve Idéalisée l'opinion autrefois émise par M. Sée, que ce qui distingue surtout la chlorose des anémies, c'est son origine.

Les lésions hématiques ne sont pas les seules obserdans la clilorose. Nous devons la connaissance de (ions cardio-vasculaires et génitales aux travaux de Hokitànsky, de Bamberger et surtout de Virchow. Ces altérations ont permis à l'école allemande d'étayer une tliéorie organique de la chlorose.

Un défaut de développement de l'appareil vasculaire,

l'Ha\em. Recherché» eur Vanatomie nurmaie et pathologique du »«wff. Parti, 1878.

^ une véritable aplasie artérielle, telles sont les anomalies * les plus fréquentes.

L*aorte est parfois tellement rétréde que sa lumière laisse à peine passer le petit doigt; son calibre est celui de la carotide ou de Tartère iliaque. Les tuniques sont amincies et le vaisseau se laisse étirer comme du caoutchouc. Les intercostales et les lombaires naissent d*une façon asymétrique sur Taorte descendante. La tunique interne est hérissée d*élevures réticulées; elle est souvent le siège d*une dégénérescence graisseuse qui est toute superficielle, contrairement aux lésions dt* l'athérome.

Les malformations cardiaques sont variables dans la chlorose. Le cœur est tantôt d'une petitesse remar- — -. quable, tantôt plus gros qu*à l'état normal. Pour Yirchow, ,^ -,-, qui base son opinion sur un grand ncmbre d*aulopsies«. ^s, le cœur chlorotique est originellement petit et reste d^^ ^e faible volume, en cas d*olighémie permanente. Si 1^ .Ma masse du sang devient trop considérable, le cœur ayan.^- jÊit à lutter encore contre Tangustie de Taorte s'hypertrophi .k~ ie et se dilate.

L'altération des organes génitaux est relativement fn^» -équente dans la chlorose. Ces organes sont quelquefo -^Hois hypertrophiés, plus souvent atrophiés. La dispositi(=3Dfl infantile de l'utérus et des ovaires est fréquemme~ -~=ni relatée dans les observations de Yirchow. Cet aute ur considère ces anomalies génitales comme secondaires et

l'hypoplasie vasculaire comme lésion primordiale, cai^=zise de la chlorose.

Si ces lésions, rarement observées en France, sont 1 réquemment signalées dans le protocole des autopsies a. fiemandes, il faut savoir qu'en Allemagne, sans se y-^réoccuper des symptômes présentés pendant la vie, on appelle aorlU chloroticx toute aorte petite, pâle, et (X ^at les branches présentent des anomalies d'origine.

Du reste cette théorie de la chlorose ne serait z^pUcable qu'à quelques cas, elle a été intinuée par d'auti^ .

^xilopsies, elle ne mérite donc d'être conservée qu'à titre

^"exception.

DeBcription. — La femme chlorotique n*est généra-

^ binent pas amaigrie ; son visage et ses mains ont un ^ spect blafard et jaunâtre de vieille cire, auquel s*âjou-

^^nt parfois des reflets verdAtres; les lèvres, les gencives, ^^s conjonctives sont exsangues et décolorées, le regard ^st triste et langoureux, la conjonctive est bleutée, la ice est boufQe, les paupières sont parfois œdéniatiées. •et œdème, qui n'est pas seulement cl*origine anémique,

^''observe aussi aux jambes, aux malléoles. Les joues se

Colorent parfois d'une rougeur subite et passagère qui ans quelques cas prend une remarquable intensité ^^Jtloroëiê forliorum).

Les troubles nerveux rappellent un peu ceux de Tliys- ^^rie. La chlorotique est triste, mélancolique^ irritable et ^ bizarre; elle se plaint de maux de tète, de vertiges, ^^'éblouissemenfs, d'insomnie, de rêvasseries, de né- '^^ ralgie faciale et intercostale. Elle est toujours fatiguée; Souvent elle se sent prèle à défaillir; le moindre exer- ^^ice, la moindre émotion Tessouffle, accélère sa respira- ^ ion et provoque des battements de cœlir. Ces palpitations ^ont parfois violentes et surviennent sous forme d'accès. ^^lertaines malades sont sujettes aux liémorrhagieê, aux ^^émoptysies, aux épistaxis, aux métrorrhagies. L'anes- ^liésie et l'hyperesthésie s'observent également; la pa- ^^ésie musculaire peut aller jusqu'à la paralysie.

r.hei la chlorotique, l'appétit est tantôt exagéré (bou- ^ iiuie), tantôt supprimé (anorexie), il est souvent dépravé C pica, malada). A cette perversion se joignent fréquem- ^^ent des troubles dyspeptiques, tels que flatulence stov^acale, gastralgie, pyrosis, vomissements, ballonnement

^-tu ventre, constipation.

L'hypopepsie, l'hyperpepsie, l'hyperchlorhydrio ont été

également constatées (Jayem^;

I Altératùm fiu chimixme »tomacal .iati» ta chlurnse. Société iiiéd . ^«»b6|iit.,30 octobre 18U1.

Les troubles fonctionnels des organes génitaux sont constants; on se demande même parfois s*ils sont la cause ou Teffet de Tétat chlorotique. L'aménorrhée et la dysménorrhée sont habituelles, la ménorrhagie est plus rare (Trousseau). La leucorrhée est très fréquente et le sang menstruel est séreux et décoloré. La chlorose n'est pas un obstacle à la fécondation ; la grossesse a même quelquefois une heureuse inlluence.

Les wines sont pâles, pauvres en urée et en phosphates; elles contiennent de Turo-hématine*.

L'examen des clilorotiques fournit les résultats suivants : à l'auscultation du cœur on entend fréquemment un souffle systolique, qu'on a localisé à rorifice aortique» à Torifice tricuspide (Parrot)* et aux autres orifices. Le doigt légèrement placé sur la région des vaisseaux du cou, au-dessus de la clavicule, perçoit un frémissement cataire^ et l'auscultation de ces vaisseaux, surtout du côté droit, fait entendre un souffle systolique, intermittent, d'origine artérielle, et un souflHe continu .avec renforcement, d'origme veineuse, dont le timbre plus ou moins musical a été comparé au ronron du chat, au bruit du rouet, au bruit d'un jouet qu'on nomme le o diable o, d'où la dénomination de « bruit de diable » donnée par Bouillaud.

Ces bruits de souffle ne sont pas du reste l'apanage exclusif de la chlorose et n'ont pas l'importance diaj;nostique qu'on leur avait autrefois attribuée. Le souffle intermittent, artériel, s'explique facilement, mais l'explication du souffle continu avec renforcement est plus difficile : on a successivement invoqué la vibration des parois du vaisseau, l'état spasmodique de ces parois*, les vibrations des valvules veineuses (Ghauveau). Les veines du cou sont parfois animées de battements. A ces

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