‹ Manuel de pathologie interne. v. 3Chapitre 13 sur 198 · Troufieau. Cltn. de l'Hôtel-Dieu, U I · texte numérisé non relu

Troufieau. Cltn. de l'Hôtel-Dieu, U I

or, nous savons, au contraire, que cet individu peut parfaitement prendre la variole la plus légitime. Enfin ces deux exanthèmes, varicelle et varioloïde, peuvent évoluer simultanément ou successivement sur le même sujet. Donc varicelle et variole sont deux maladies absolument distinctes.

La grande autorité de Trousseau avait si bien tranché la question, que personne en France n'essayait plus de soutenir l'ancienne doctrine de l'identité de la varicelle et de la variole ; on était dualiste. A l'étranger, au contraire, certains observateurs étaient restés unicistes, proclamant l'identité des deux maladies (Kaposi, Hébra). Leurs opinions ont récemment trouvé chez nous quelques partisans, qui risquent fort de rester isolés, car la doctrine de Trousseau est plus vivante que jamais. Les idées que notre grand maître faisait prévaloir avec tant de raison et tant de bon sens, au nom de la chnique, ces idées viennent d'être, une fois de plus, confirmées par des observations inattaquables, dont voici le résumé :

Senator et Tordeus ont vacciné avec succès des enfants qui venaient d'avoir la varicelle; d'Espine a vu une varicelle évoluer au vingt-deuxième jour d'une variole. Que les unicistes veuillent bien méditer le fait suivant : On envoie par mégarde au pavillon des varioleux, un enfant de treize mois, chez lequel Œttinger constate une varicelle caractéristique, dont l'évolution fort bénigne se fait tout à fait normalement. En peu de temps l'enfant était comjïlêtement guéri de sa varicelle. Œttinger, n'ayant constaté sur le corps du petit malade aucune trace de vaccination antérieure, avait bien recommandé, dès le jour de l'entrée, de procéder à la vaccination. Or la vaccination ne fut pratiquée que dix jours plus tard. Deux jours après cette vaccination tardive, l'enfant présentait les symptômes d'invasion d'une variole qui évolua avec une telle gravité que le petit malade succomba, bien que les pustules vaccinales eussent apparu, aux trois points d'inoculation vaccinale, en même temps que l'éruption variolique. Quel fait instructif! Si varicelle et variole

étaient la même maladie, cet enfant qui venait d*avoir la varicelle n'aurait pas contracté quelques jours plus tard la variole, et si varicelle et vaccine étaient la même maladie, ainsi qu'on a essayé de le soutenir, le vaccin n'aurait pas pris, chez cet enfant qui venait d avoir la varicelle. « Ce fait, dit Œttinger, joint à celui de Sharkey et à bien d'autres, vint plaider une fois de plus en faveur de la spécificité de la varicelle. Ce n'est qu'un fait, mais par cela seul qu'il est irréfutable, il doit prévaloir contre toutes les hypothèses contraires qu'on pourrait formuler*. »

Tel est bien mon avis, qui n'a jamais varié.

Traitement. — Le traitement de la varicelle consiste en quelques soins hygiéniques, légers purgatifs, régime lacté. On donne un bain quand la maladie est terminée, c'est-à-dire après douze ou quinze jours; mais jusque-là le malade doit être tenu à l'écart, car la varicelle est fortement contagieuse pour les enfants; la contamination et la dissémination se font avec la plus grande rapidité.

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