‹ Manuel de pathologie interne. v. 3Chapitre 130 sur 198 · TrouweaiL Clin, de VHôtel-Dieu^ (. II!, p. 4U · texte numérisé non relu

TrouweaiL Clin, de VHôtel-Dieu^ (. II!, p. 4U

2. Laurencin. Lyon médical^ 18d8, p. 205. S. Sue, méd. éanÂÛfitaux, 1887, p. ilX

mot : c'est une dystrophie générale, tandis que la chloroanémie vraie porte principalement, peut-être uniquement sur le sang. En comparant la phthisie et la chloroanémie au seul point de vue commun, c'est-à-dire Taltération du sang, et, au point de vue des phénomènes qui en résultent, on peut s'assurer de leur prédominance dans la chloro-anémie primitive, et de leur signification moindre dans l'anémie organique : i* les bruits de souffles vasculaires qui sont si marqués et si caractéristiques de la diminution du nombre des globules et de leur déformation, manquent presque toujours dans la chlorose organique ; — 2' le souffle cardiaque des orifices artériels et auriculo-ventriculaires ne constitue jamais dans la phthisie anémiante un souffle vrai, c'est plutôt un bruit de claquement valvulaire exagéré; — 3* la circulation est constamment accélérée dans la tuberculose anémiante, et les palpitations sont en permanence, qu'elles soient ou non accusées par la malade; chez la chlorotique, au contraire, la circulation conserve son type et son rhythme particuliers; — 4* la dyspnée chez la chlorotique est plus tardive, mais plus complète en raison de l'hypoglobulie. — Voici maintenant la preuve positive de la dénutrition, qui frappe immédiatement la phthisique, et épargne complètement la chlorotique : 1* la fatigue musculaire est précoce, complète, c'est elle qui empêche la marche, surtout sur un sol ascendant; c'est aussi cette fatigue musculaire produite par la dénutrition qui produit la dyspnée ; de sorte que la phthisique n peut plus exécuter les moindres mouvements san dyspnée; — 2" la peau, au lieu d'être décolorée, pâl (par suite do la diminution de l'hémoglobine), présen chez la phthisique une teinte grisâtre, terne, comme eh les cachectiques; — 5" la menstruation, après certaine irrégularités, se supprime, quoique plus tardivement qu dans la chlorose; mais alors les fonctions menstruelle sont totalement et défmitivement compromises; — 4* I chlorose est apyrélique ou plutôt elle ne présente jamai

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lin mouvement fébrile, comparable à celui de la tuberculose ; — 5* Tamaigrissement se dessine dès le début, tandis que la chlorotique conserve ordinairement son embonpoint. Au résumé, Tétat des muscles et de la peau, les oxydations et la nutrition générales, tout indique ici une déchéance immédiate, qui chez la chlorotique ne frappe que le sang».

La maladie qu'on trouvera décrite au chapitre précé- <lenty sous le nom d^anémie pernicieuse progressive (Biermer), ne parait pas avoir encore une valeur nosolo- ^que indiscutable, elle ressemble fort à la cachexie chlo- •^tique el pourrait bien ïi'être qu'une chlorose exceptionnellement grave (Jaccoud) *; les symptômes anémiques y sont excessifs; il y a des hémorrhagies rétiniennes, des êpistaxis, des pétéchies, de la fièvre ; plus tard surviennent la diarrhée et les œdèmes cachectiques ; la maladie n*est Pds fatalement mortelle, mais elle est extrêmement grave'. Dans le traitement de la chlorose, le fer occupe le prei^ier rang. On administre le fer en pilules ou sous forme <le sirop, et on a soin de le faire prendre au moment du ^^pas. Le sirop d*iodure de fer, le sirop de citrate de fer ^nimoniacal sont habituellement bien tolérés. Les eaux ferrugineuses de Saint-Moritz, de Spa. etc., rendent les '^èmes services. Les préparations ferrugineuses doivent ^tre continuées pendant plusieurs semaines consécutives ^t reprises à différents intervalles. Les préparations arse- J^'cales, les iabalalions d'oxygène, l'hydrothérapie, les ^^i lis de mer ont également leur indication. La chloro- **<lue devra rechercher l'air, la lumière et le soleil. La ^^lorose s'améliore souvent, elle peut guérir, mais je le **^Pète, elle est sujette aux récidives.

tte suc ovarien, l'ovarine a été proposée dans le traite- ^^^ïit de la chlorose*; le nombre des observations est

^ - G. Sée. Maladies du poumon.

^» Jaccoud. Paihol. interne^ t. III, p. 882.

^* Lépine. Hevue mensuelle^ 1877.

^- Sj^lmann et Etienne. Congrte de Nancy. Séance du b août 1896.

encore trop restreint pour qu*on puisse se prononcer sur cette médication, a priori très acceptable.

CHLORO-BRIGHTISME.

Après avoir décrit la chlorose sous ses différents aspects, j'arrive aux relations de la chlorose et du brightisme telles que je les ai fait connaître dans ma communication à TAcadémie de médecine*. Cette association sur laquelle mon attention est éveillée depuis bien des années, je l'ai décrite sous le nom de chloro-brightisme. Mais, pour éviter tout malentendu, posons nettement la question.

Sous la dénomination de chloro-brightisme je ne fais nullement allusion à ces malades, jeunes femmes ou tilles, chez lesquelles le brightisme, surtout quand il est associé à la syphilis, est accompagné d'une anémie plus ou moins considérable; la description du chloro-brightisme, dans mon idée, doit s'adresser aux malades, femmes ou filles, qui présentent les symptômes, les attriliuls, le masque de la chlorose, la teinte caractéristique du visage, la décoloration de la peau et des muqueuses, les troubles utérins de toute espèce, dysménorrhée, aménorrhée, leucorrhée, ménorrhagies; les essoufflements et les palpitations à tout propos; les troubles dyspeptiquesavec ou sans anorexie; des bruits de souffle au cœur e aux vaisseaux, une diminution parfois considérable d» nombre des globules rouges, et un abaissement plus o»moins accentué de la richesse globulaire.

Je pense qu'en pareil cas il n'y a pas d'erreur possibF^nA/e sur l'interprétation des faits, et, quelle que soit l'id^^^^ee théorique qu'on adopte sur la pathogénie de la ililiiiii i^

on peut affirmer, je crois, que toute jeune fille ou jeur ^Jne femme présentant les symptômes que je viens d'énuméi'iaK"^/' est bien une chlorotique ou une chloro-anémique.

Eh bien ! bon nombre de ces chlorotiques sont en mé! 1. Dieulafoy. Académie de médecine. Séance du 20 juin 1893.

^mps des brightiques; je vais essayer de démontrer la

mérité de ce que j*avaDce en appuyant ces considérations

^Ur une trentaine d*observations. la plupart recueillies

^ans mon service de l'hôpital Necker; mais je vais d'a-

^H)rd, par un exemple, montrer sous quelle forme se fait

'* association du chloro-brightisme :

On est mandé dans une famille, pour une jeune fille

4« quinse à vingt ans qui, depuis quelque temps déjà,

^ Itire l'attention de ses parents par des symptômes de

^^Uoro-anémie, et le dialogue suivant s'établit entre la

•'•"lère et le médecin :

« Voyez, monsieur, comme cette enfant est pâle et déco- ^ ^i^rée, elle a un teint de vieille cire ; à voir ses mains, ses , ses gencives, on dirait qu'elle n'a plus de sang. En effet, madame, c'est bien là Tapparence de la chlo- *^^se. — Elle n'est plus réglée depuis quatre mois, continue ^ ^ mère de la jeune fille, elle a été prise d'une perte de sng il y a plusieurs mois et, depuis lors, ses règles n'ont lus reparu; par exemple, elle a des flueurs blanches, ce ui la fatigue énormément. — Oui, madame, c'est bien i fait de la chlorose. — Et son appétit, monsieur! elle e mange rien, elle n'a de goût que pour la salade et les r^ets vinaigrés; aussi, voyez comme elle a dépéri ! un la fatigue, elle ne peut ni marcher vite, ni monter étage sans éprouver de l'oppression, de l'essouffle- ■mentt des battements de cœur. — C'est la chlorose, ■madame. — Elle a sans cesse des maux de tète, dos évralgies, des vertiges. — C'est la chlorose. — On l'a 3i.a8eultée» comme vous allez le faire, et on a dit qu'elle h des bruits de souffle. — C'est la chlorose. — On a examiné son sang et on a trouvé que le nombre des globules rouges ^ presque diminué de moitié. — C'est la chlorose. — Souvent, elle a les yeux bouffis, les jambes gonflées. — C'est la cblorose. »

Et ce dialogue^ qui rappelle un peu le dialogue de Toinette et d'Argan daqs le Malade imaginaire, ce dialogue ie termine par cette question de la mère : a Mais enfin

monsieur, quel traitement allez-vous donner pour guérir cette chlorose? — Votre fille, madame, a besoin de viande saignante, de bons bouillons concentrés, de jus de viande, de gelées, de vins généreux, d'extrait de quinquina, de préparations ferrugineuses, arsenicales, et nous arriverons à triompher de cette chlorose. »

Mais avant même la fin de la réponse, on a été brusquement interrompu. Ce n'est pas la peine, vous dit-on, de nous indiquer encore ce régime de viandes et de vins généreux ; voilà dix fois qu'on l'a conseillé, et chaque fois il a dû être abandonné, ma fille est plus malade dès qu'elle le recommence.

Et en effet ce traitement n'avait eu aucune efficacité, il ^ avait même été fort mal toléré, parce que la malade en ^^ci question n'est pas seulement une chlorotique, elle est..:^r^t encore et surtout une chloro-brighlique. Qu'on l'interroge^^»* e avec soin dans le sens du brightisme, et l'on verra qu^^» e depuis plusieurs mois, elle se relève deux, trois fois 1^^ Ja nuit pour uriner, elle a des crampes dans les mollets ; elli» -flc a souvent la sensation du doigt mort et des secousse -s^^m^ électriques, la cryesthésie date chez elle de longtemps^^ s, elle ne peut arriver à se réchaufler les genoux et le^:^^es pieds ; elle a souvent de légères épistaxis matutinales, ser:^ fis urines ont une faible toxicité et présentent parfois u ^ "' nuage d'albumine. En un mot, cette jeune chlorotiqiJML-.^iie est en même temps entachée de brightisme. Cette céphal^» -'ée mise sur le compte de la chloro-anémie pourrait bien èiim' ^<re brightique; ces œdèmes des paupières, du visage, di jambes, qu'on avait mis sur le compte de sa chloi anémie, sont d'origine brightique. Chez cette jeune fiir c'est le brightisme qui domine.

Et si je suis aussi affirmatif dans mes conclusions le chloro-brightisme, c'est que dans les trente obser tions qui font partie de ma communication à TAcadénr on voit le chloro-brightisme évoluer sous toutes ses mes; souvent sans albuminurie, parfois avec albuma ne; chloro-brightisme contre lequel ériioue compM ^/f>>

ment le régime tonique et fortifiant de la simple chlorose et dans lequel réussit presque toujours le régime lacté des brightiques. Car c*est un fait bien digne de remarque que la plupart de ces femmes et de ces filles, atteintes de chlorobrightisme, dont les symptômes s'aggravaient sous i*influence du régime carné, voient leur situation s'améliorer, souvent rapidement, et dans quelques cas complètement, sous l'influence de la cure de lait. Sous l'influence de cette cure en effet, le teint se colore, les globules rouges augmentent de nombre, leur valeur globulaire s'accentue, les œdèmes disparaissent, l'essoufflement et les palpitations diminuent d'intensité, les forces reviennent, la menstruation tend à se rétablir, on acquiert alors la conviction que des deux facteurs qui entrent dans l'association du chloro-brightisme, c'est au brightisme que revient souvent la plus large part.

On peut se demander ce que deviennent à la longue ces femmes chloro-brightiques et quel sort leur est réservé au point de vue de l'évolution de la maladie de Bright. Gubler, qui avait entrevu la question et qui avait signalé l'albuminurie chez les chlorotiques, Gubler s'était demandé si cet état, composé de chlorose et d'albuminurie, ne pouvait pas un jour ou l'autre aboutir à la maladie de Bright <.

Je crois pouvoir répondre à ces questions. Dans la très grande majorité des cas, le chloro-brightisme n'aboutit pas à la maladie de Bright confirmée. Cet état morbide ne se traduit que par les petits accidents du brightisme arec ou sans albuminurie. Dans quelques cas néanmoins, et j'en ai rapporté des observations, le chloro-brightisme a ûm par aboutir aux graves accidents chloro-urémiqucs et même à la mort.

Dans une de ces observations il est question d'une jeune fille de vingt ans qui avait été soignée dans mon

1. Gubler. Article Albuminurik du Dictionv-aire de» sciences médû esiet.

BHOLAIOr, PATHOL. T. IV. 27

service pour un chloro-brightisme sans albumine. El se marie peu de temps après, la grossesse se fait dai de bonnes conditions, sans albuminurie, mais trois joi:^ n après Taccouchement la malade est prise de Tiolenti <$ attaques d*éclampsie avec anurie totale pendant vini

quatre heures et albuminurie les jours suivants. Toutef «=»is la malade a guéri.

Une autre observation concerne une jeune fille soi^rm^e pendant deux ans comme chloro-anémique ; les accidermts de la soi-disant chlorose augmentent, la vue se troiil>l6 et M. Galezowski constate une rétinite brightique ; je vois à mon tour la jeune malade et je constate des accider^ts chloro-urémiques mortels, consécutifs à des accidei^^s cbloro-brigh tiques qui avaient évolué lentement.

J'ai vu un jour, en consultation, une jeune mala^® dont l'observation a été rapportée parle D' Hays. Cet*© jeune fille était atteinte d'accidents chloro-urémiqui^^ mortels avec hémorrhagies multiples. La maladie de cei-*® jeune fille avait débuté, six ans auparavant, sous les apP^~ rences du chloro-brightisme, l'albuminurie n'ayant app»^^ que quatre ans plus tard.

Ces quelques observations prouvent que le chlox*^^ brightisme, tout bénin qu'il est en général, peut né»**~ moins dans quelques cas, aboutir à des accidents grst^^^ de chloro-urémie et se terminer par la mort.

Dans une observation de chloro-brightisme publiée p^"* HanotS il est question d'une jeune femme qui, dan^ ^ cours de son chloro-brightisme, fut prise d'accidents iX^^ miques convulsifs qui cédèrent à la saignée et au ré^^^^ lacté. Une observation de Labadie-Lagrave >, concerne i-*^® jeune fille atteinte de chloro-brightisme, qui fit mJ^*® poussée aiguë et une attaque d'urémie à l'occasion d**^^^ grippe, chloro-urémie terminée d'ailleurs parla guéri^^^

1. Hanot. Accidents urémiqiies au cours de la chlorose. So^^**^* médicale des hôpitaux^ séance du 13 avril 1894. .

2. Labadie-Lagrave. Du chloro-brightisme. Le Bulletin mid*-^^ ' 12 février 1896.

^n cas de chloro-brightisme rapporté par Boudet s*est ^rminé par la mort.

£n face d'une chlorotique il faut donc toujours penser . la possibilité du brightisme, il faut rechercher avec soin L les petits accidents du brightisme » ; il y a là une ques • ion de pronostic pour l'avenir, surtout au point de vue .e la grossesse et de V état puerpéral. Une jeune fille chloro- »rightique sera plus ex posée qu'une autre à Talbuminurie Tavidique et aux accidents éclamptiques.

Les soins hygiéniques, les préparations ferrugineuses et rsenicales conseillées dans la chlorose sont également pplicables au chloro-brightisme, mais le régime lacté Tfrme dans ce dernier cas la base du traitement.

La pathogénie du chloro-brightisme peut être diverse- Dent interprétée. Si je me suis personnellement abstenu ['hypothèses, c'est que je n'en ai trouvé aucune qui ftuisse me satisfaire complètement ; je me suis contenté L'observer les faits sans en proposer l'explication. lanot a proposé la théorie suivante : a Dans la chlorose, e travail de la nutrition intime est troublé et accumule lans l'organisme des produits de désassimilation incom- •lètement oxydés qui, éliminés par les reins, finissent ■arfois par produire une néphrite épithéliale. Leur action ■ocive est souvent facilitée par la coïncidence de Taplaie rénale artérielle signalée par Lancereaux, et qui fait Lu rein un organe de moindre résistance. »

Chatin*, dans un remarquable travail clinique et expéri- Dental, a cherché à vérifier ce ralentissement des oxydasons dans la chlorose; il était permis, dit-il, de supposer, sa. la théorie précédemment présentée était vraie) que la «)xicité urinaire devait être augmentée chez la chloroîque, du fait de l'élimination des produits insuffisamment ^3ydés, et que cette toxicité urinaire devait, au contraire, ^tre au-dessous de la normale, une fois la néphrite

!• CShatin. Du chloro-brightisme ; toxicité urinaire et oxydations ^nns la chlorose. Thèse de Lyon, 1894.

constituée, c'est-à-dire dans les cas de chloro-brightisi Or les faits expérimentaux n'ont pas répondu à o hypothèse; la toxicité est toujours diminuée dani chlorose; cette diminution de la toxicité (( ne pa pas due à une diminution des causes d'auto-intoxicati l'état d'insuffisance rénale latente, se manifestant les petits signes du brightisme, peut y avoir une gra part. )) (Ghatin.)

NEDVIÈME CLASSE

Maladies rhumatismales et dystrophiques

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