Lécorché. Traité de la goûtiez p
£tiologie. — Pathogénie. — La goutte, ou pour mieux dire la diathèse goutteuse, peut être acquise, mais elle est héréditaire dans les deux tiers des cas.
Par hérédité goutteuse, il faut entendre l'hérédité de la diathèse dans sa totalité. Ainsi des parents goutteux procréent des enfants qui peuvent avoir toutes les autres manifestations de la diathèse moins la goutte; ils peuvent être asthmatiques, ils peuvent être atteints des lithiases urinaire et biliaire, auxquelles j'ai ajouté la lithiase appendiculaire, mais il se peut qu'ils échappent à la goutte articulaire. Par contre, des parents asthmatiques, graveleux, néphrétiques, mais n'ayant jamais eu les manifestations articulaires de la goutte, procréent des enfants qui pourront être de francs goutteux articulaires ; on sait avec quelle clarté tous ces faits avaient été mis en lumière par mon illustre maître Trousseau*.
La goutte est beaucoup plus fréquente chez l'homme que chez la femme, elle est l'apanage des classes riches, et il est probable que la bonne chère, les excès de vin, l'absence d'exercice, favorisent son développement. La goutte peut apparaître dès le jeune âge, mais c'est là une exception. Le premier accès de goutte est plus précoce quand la maladie est héréditaire que lorsqu'elle est acquise, il se montre habituellement entre trente et quarante ans. Chez les goutteux, il suffit quelquefois d'une violence extérieure, d'un choc, d'une entorse, démarches forcées, de chaussures trop étroites pour rappeler un accès.
On a dit que la goutte est due à un excès d'acide uriqué dans le sang. Mais cette dyscrasie urique, seule, ne suffirait pas à expliquer la goutte, car dans bien des cas la dyscrasie urique apparaît à l'état aigu (maladies aiguës) ou à l'état chronique {cirrhose, leucocythémie), sans qu'il survienne pour cela la moindre manifestation goutteuse.