‹ Manuel de pathologie interne. v. 3Chapitre 148 sur 198 · Clinique de l*Uôtetrùieu, l. U, p. 7i · texte numérisé non relu

Clinique de l*Uôtetrùieu, l. U, p. 7i

488 MAT.ADIES DYSTROPHIQUES.

Symptômes nerveux, — Les symptômes nerveux s#' rencontrent à chaque instant dans Thistoire du diabète nous étudierons plus loin les grands accidents nenreux: mais, ici, je me contente de passer en revue les sym-.Mnr«lC'*^ ptômes nerveux atténués, parfois de nature indécise, quJL^ ft> « doivent figurer au nombre des petits accidents. Que d»l3 ^^^ gens, faute d'un examen attentif, sont pris pour de^l^ iiypochondriaques, pour des neurasthéniques, pour de ^1=^ '^ nerveux, et sont en réaUté des diabétiques. L*un se plaine mi c^'l de faiblesse musculaire^ de lassitude dont il ne sait explii I cf ^^> quer la cause; il devient paresseux, tout le fatigue, î ^^^^ n'aime plus marcher, il ne chasse plus, il ne fait plux-V-I^l I d'escrime, il ne peut plus lire à haute voix, par moments m~^^ e la voix lui manque (parésie laryngée).

L'autre se plaint de douleurs musculaires, de crampe^^^^^^^P de courbature, de lumbago, de pleurodynies, de sciatique^ mj pqi d'hyperesthésie, on le prend pour un rhumatisant et il es3^ ^ < diabétique.

Celui-ci présente des troubles de sensibilité aux membres ':■ «.Ar inférieurs et une dissociation syringomyélique de la seii %i^^sse\ sibilité, qui fait penser au premier abord à une maladiJ J^-^adi de la moelle épinière (Vergely*).

Celui-là est pris de symptômes psychiques, diminutio^>jV -Mioi; de la mémoire, tendance au sommeil, inaptitude au trs'V^ travail, symptômes qui font supposer un début de lésion cén'x '^cérébrale, alors qu'ii s*agit de troubles diabétiques.

Symptômes génitaux, — Trop souvent on met sur compte de Page ou des excès, la frigidité, le défav d'érection, l'atraiblissemeut du sens génital qui doivex être mis sur le compte du diabète.

L'uréthrite, la balanite et le phimosis (diabéUdes gérixi ^nitaies), sont au nombre des manifestations diabétiqu ..^^-^xies qui doivent être le mieux connues*. Le contact prolou^ ^: -"gé

1. Vergely. Troubles de la sensibilité chei les diabétiques. Disses ssodation syringomyélite. (Gaz. hebdom., 12 août 18V3.)

2. Fournier. Diabétides géuitales^. France médicaUy 5 août 1S02.

DIABÈTES. 489

de quelques gouttes d'urine altérée, la fermentation acétique, alcoolique, lactique, butyrique du sucre urinaire et Tapparition possible de champignons analogues à Taspergillus (Friedreich) expliquent ces diabélides génitales, L'urélhrite, localisée à la partie antérieure du canal de Turèthre, détermine un écoulement blanchâtre, incolore, accompagné d'un violent prurit, et trop souvent pris, bien à tort, pour une gonorrhée. Parfois le gland est rouge, tuméfié et on constate une balanite (pàXavtç, gland) qui peut durer des mois sans que le malade en soupçonne la cause. Souvent le prépuce est rouge, enflammé, épaissi, suppurant, recouvert de vésicules ulcérées analogues à l'herpès, et douloureuses au contact de l'urine. Encore un degré et le phimosis est constitué (<pctx6ç, cordon). Bien des gens ont ainsi une uréthrite, une balanite diabétique, ils n'en parlent pas, ils n'osent pas en parler, se croyant atteints d'accidents syphilitiques et ils arrivent progressivement au phimosis. S'ils s'adresssnt à un médecin inexpérimenté, la nature du phimosis est méconnue, on conseille une opération, qui peut être ^rave (étant donné que le malade est diabétique), alors que le traitement médical peut avoir facilement raison de ces accidents même quand ils sont invétérés. Ce sont des faits que J'ai plusieurs fois constatés. Nous avons vu avec Terrier un diabétique chez lequel un phimosis datant de deux ans fut guéri par le régime et par le traitement médical.

Tels sont les petits accidents du diabète qui, groupés ou isolés, peuvent mettre sur la piste du diagnostic, en l'absence de signes révélateurs plus importants.

La période initiale du diabète, plus ou moins latente, dure aussi longtemps que le diabète est modéré, mais, si le sucre augmente, la maladie se traduit par des symptômes qui peuvent être plus ou moins accusés, mais qui font rarement défaut ; c'est une sécheresse insolite de la bouche et de la gorpe, c'est une soif ardente et parfois impérieuse, ce sont des urines fré-

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quentes, abondantes et présentant des caractères spéciaux. Tous ces symptômes vont être étudiés en détail

a. Lu glycoswie^ ou présence du sucre dans les urines, dépend de Thyperglycémie. A Tétat normal le sucre du sang (1 pour 1000) n*a aucune tendance à passer dans les urines, mais, dès que l'hyperglycémie atteint 2,50 pour 1000, lu glycosurie apparaît. Le passage du sucre dans Turine est favorisé par la quantité d*eau que le sucre attire et retient dans le sang, chaque gramme de sucre lixant 7 grammes d*eau. Dans les cas extrêmes la quantité d*eau retenue dans le sang peut atteindre 400 grammes.

Au début de la maladie, la glycosurie est légère et intermittente : dans les cas ordinaires la quantité de sucre rendue en 24 heures est de 25 à 60 grammes, tandis qu'elle peut atteindre 500 grammes et dépasser 1000 grammes dans les diabètes extrêmement graves. « S'agitil d'iiypergenèse, la quantité de sucre perdue en 24 -heures est vraiment sans limites, elle n'a d'autres bornes que celles de la formation anormale, qui peut être double, triple ou quadruple de la formation physiologique ; or cette quantité peut être approximativement fixée à ^00 grammes par jour*. » Sous l'influence des aliments sucrés et farineux la glycosurie au^'menle ; qu'on supprime ces aliments et la glycosurie s'amende ou disparait si le diabète est léger, mais dans les cas graves elle persiste. C'est ce qui a fait dire à M. Jaccoud, qu'à la première période, le diabétique fabrique le sucre avec les aliments féculents, tandis qu'il le fabrique avec sa propre substance (autopbagie) à une période plus avancée. Le sucre peut disparaître momentanément des urines sous Tin — îluence d'une phlegmasie ou d'une maladie fébrile; ik. diminue notablement à la période de consomption.

Chez le diabétique, la quantité de sucre rendue d'un^ semaine à l'autre, d'un jour à l'autre, est extrêmement variable, abstraction faite des écarts de régime et d'hy-

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