Jaccoud. Pa^h. interne^ t. III, p
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^éne. Worms a très bien mis en relief celte variabilité dans les quantités de sucre émises ; il n'existe vraiment aucune fixité dans ces quantités. « Un diubétique se présente chez le médecin et lui dit : J'ai 52 grammes de sucre, absolument comme il dirait : j'ai 52 ans, et il exhibe une analyse remontant à une époque souvent éloignée où ce chiffre est consigné. On examine son urine séance tenante, et l'on constate qu'elle contient iO ou 80 grammes de sucre. La veille on aurait trouvé ^O ou 10 grammes et le lendemain il y en aura 2 ou 75 grammes^. » Plusieurs fois J'ai vu des diabétiques, se croyant fort malins, parce qu'ils avaient fait analyser leurs urines à deux ou trois jours de distance chez deux pharmaciens différents ; ils viennent trouver leur médecin et lui disent avec quelque dépit : a J'ai fait analyser mon urine chez deux pharmaciens ; l'un a trouvé 18 graminesy l'autre en trouve 45 ; l'un des deux commet une grossière erreur. » Ce n*est pas le pharmacien qui s'est trompé, c'est le malade qui juge mal les faits; sa glycosurie peut parfaitement s'être modifiée à quelques jours, à 24 heures de distance. C'est Turine rendue après les repas qui contient la plus grande quantité de sucre. Les uiines diabétiques sont décolorées, habituellement acides et d'une densité qui monte de 1018, chilfre nor- •^al, à 1030,1060, à cause du sucre qu'elles contiennent. Souvent on trouve une augmentation notable de l'urée (00 grammes au lieu de 25), des chlorures (56 grammes ^u lieu de 10), de l'acide phosphorique (10 grammes au Heu de 2).
Le sucre diabétique est sensiblement analogue à la Blycose végétale, il dévie à droite la lumière polarisée, *>^ais injecté dans le sang il disparaît plus vite que la 6lycose végétale. Il est facile de déceler le sucre dans les urines; le réactif le plus employé est la liqueur cupro- Potassique, qui donne après ébullitiou un précipité rou^e
& Woitiu». AoaUémw un médecine, 18U5.
40S KàLADIES dystropoiques.
ou jaune orangé. L*analyse quantitative se fait au moyen du saccharimètre.
Les urines diabétiques, en contact avec le linge ou avec les habits, laissent souvent en se desséchant des taches poisseuses et pulvérulentes.
b, — La polyurie (abondance de Turine) accompagne la glycosurie, mais elle n'en suit pas exactement les oscillations; elle est due probablement à un excès de tension intra-vasculaire provoquée par l'eau du sang. Le diabétique qui perd 50 grammes de sucre en 24 heures ne rend pas plus de 2 litres d'urine. La polyurie atteint rarement 10 et 12 Htres, elle est moindre que dans le diabète insipide.
c, — La polydipsie (exagération de la soif) est liée aux symptômes précédents. Eu modifiant les conditions normales de l'osmose, Thyperjilycémie attire dans le sang l'eau des tissus. Cette déshydratation produit la soif, la sécheresse de la bouche et de la gorge, la diminution de l'exhalation pulmonaire et de l'exhalation cutanée; elle entre probablement pour une large part dans la production des troubles cutanés, musculaires et nerveux. Certains diabétiques, tourmentés jour et nuit par la soif, boivent 12 à 15 litres de liquide par 24 heures; cependant la polydipsie est moindre dans le diabète sucré que dans le diabète insipido.
On voit même des diabétiques, qui ont de fortes proportions de sucre dans Turine et chez lesquels la soif n'est presque pas exagérée.
d, — La po'yphagie ou augmentation de la faim est un symptôme moins constant et moins précoce que les précédents; il tient aux pertes considérables que fail l'économie en sucre, en sels, en urée. Cette exagération de l'appétit compense pour un temps les pertes subies par le diabétique, et certains sujets prennent même de l'embonpoint. Mais plus tard des troubles dyspeptiques surviennent, cette grande quantité d'aliments n'est plus digérée, l'amaigrissement fait des progrès et la période
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cachectique se prépare. Le diabète gras et le diabète maigre ue constituent pas deux espèces distinctes, Tembonpoint et rémaciation ne sont que des phases successives ou alternantes d'une même maladie, Tembonpoint est même excessif lorsque le diabète se déclare chez des gens déjà atteints d'obésité.
Complications. — Les symptômes secondaires ou inconstants et les complications qui peuvent survenir au cours du diabète sont si nombreux et si variés qu'il est nécessaire, pour les étudier, de les réunir en quelques groupes.
Symptômes cutanés. — La létraction de V aponévrose palmaire s'observe assez souvent*. La peau du diabétique est sèche et rugueuse, l'eczéma, l'ecthyma simple ou gangreneux (Hardy). Térythème de la vulve et des aines, l'intertigo de la commissure des lèvres (Hardy), la friabilité des ongles, le prurit préputial, vulvaire ou cutané, sont des symptômes préquents. Le zona a été signalé par Vergely*.
Anthrax j phlegmons^ gangrène. — Les furoncles, l'anthrax, le phlegmon, la gangrène diabétique, sont des accidents précoces ou tardifs, et qu'on peut observer chez des diabétiques qui ne rendent pas plus de 30 à 60 grammes de sucre par jour.
Du reste, le diabèle ouvre la porte au parasitisme; le poumons du diabétique est un milieu favorable pour le bacille tuberculeux ; sa peau, son tissu cellulaire se laissent facilement envahir par les microbes de la suppuration. Le développement de ces microbes, qui ont pénétré le plus souvent par une écorchure, par une éraiHure des téguments, est singulièrement favorisé par la présence du sucre dans les tissus (Bujvid). Les nécroses, les gangrènes résultent de troubles circu-
1. Vigée. Rétraction de l'aponévrose palmaire chez le diabétique. Tb. de Paris, 1893.