Vergely. Progrès médical, 26 septembre
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latoires, mais les microbes saprogènes apportent fré
quemroent leur contingent aux gangrènes humides, inflammatoires.
Les furoncles et les anthrax sont très fréquents chez les diabétiques*.
U anthrax est presque toujours unique, il siège à la nuque, au dos, à la fesse ; il débute insidieusement, sans réaction vive, sans douleur violente; il peut se compliquer de gangrène et de phlegmon, néanmoins il guérit assez souvent après élimination des parties mortifiées. Sur 123 cas de diabète, Marchai (de Galvi)* a observé Tanthrax 17 fois. Le phlegmon, accident au moins aussi fréquent que Tanthrax, est rarement primitif, mais une simple écorchure de la peau, une piqûre (Verneuil), un érysipèle, une plaie quelconque peut devenir chez le diabétique l'occasion d'un phlegmon. Le phlegmon diabétique ne présente pas la réaction vivement inflammatoire des phlegmasies franches, il est souvent difllis et peut se terminer par gangrène du tissu cellulaire, par phagé- (ténisme, avec accidents infectieux et adynamiques mortels. Le phlegmon appartient à toutes les périodes du diabète, et il se développe avec une telle facilité qu*il commande la plus grande attention au chirurgien qui pratique une opération chez un diabétique (méthode aniiseptique).
Les phlegmasies des diabétiques ont une notable tendance à se terminer par gangrène, qu'il s'agisse de phlegmasies viscérales ou de phlegmasies cutanées (poumon, amygdales, organes génitaux); parfois même la phase inflammatoire initiale présente une si faible réaction, que la gangrène parait seule en cause. Mais à côté de ces accidents gangreneux qui succèdent à la pneumonie, il l'anthrax, à l'érysipèle, au phlegmon, il y a chez le
1 . G. Sëe. Dyspepsie* gastro-intesiinaUitf 1881, p. 16S. t. Marchai (de Calvi). Recherches sur les accidents dinbétiquss, Paris, 1863.
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diabétique une gangrène primitive analogue à la gangrène dite sénile.
Cette gangrène diabétique si bien étudiée par Marchai (de Calvi) atteint surtout les membres inférieurs (Peter*) et |>eut revêtir différents aspects. Parfois elle est sèche et superficielle; elle envahit de préférence les orteils, elle apparaît sous forme de plaques érythémateuses, douloureuses, quelquefois symétriques, aboutissant à des eschares noires qui tantôt se terminent par la guérison, tantôt 8*étendent et momifient le membre dans une assez grande étendue. Des plaques gangreneuses peuvent également apparaître en d'autres points du corps. Dans quelques ca;^ la gangrène .n*est plus superficielle, elle envahit en bloc le membre dans une de ses parties ; les orteils sont douloureux, ]e& téguments deviennent bleuâtres et se refroidissent, une tuméfaction œdémateuse se déclare, des ampoules se forment, un liquide sanieux s'écoule, et Test hare envahit progressivement les parties profondes, dénudant les muscles et les tendons. La pathogénie de ces gangrènes est multiple; on 'peut invoquer l'artérite oblitérante, l'état du sang, la qualité inférieure des tissus diabétiques, la présence de microbes saprogènes ot pyogènes.
Le mal perforant plantaire^ ^ la gangrène de la verge^, sont des accidents plus rares.
Duvernoy a réuni un certain nombre d'observations dans lesquelles, mal perforant et plaques gangreneuses du pied se développent en même temps ou se sucement*.
Les œdèmes qu'on observe dans le cours du diabète ont des causes multiples, parfois ils sont le fait d'une albuminurie concomitante, de thrombose veineuse ou de cachexie, mais dans quelques cas ils paraissent actifs,
1. Peter. Leçotu de clinique médicale^ t. H, p. 769. 1 Kinnissoii. Arch. de méd.^ janvier 1885. 3. Yaquex. il nu. de dermnt. et syph.y 1887, p. Cj7. i. ArcfUvês d0 médecine^ novembre 18^1.
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rapides dans leur évolution, et rentrent prôbablenient dans la classe des œdèmes d*origine neryo-Yàsciilaires (G. Sée).
Troubles digestifs. — Chez le diabétique la bouche est sèche, la sécrétion salivaire est diminuée, la langue est épaisse, rouge, parfois pileuse et sillonnée de crevasses. L'aspect pileux est dû à une proliféralion exagérée de répithélium qui entoure les papilles. La carie dentaire est fréquente, et, sous Tinfluence de péHostite alvéolodentaire, les dents, quoique saines, sont expulsées de leurs alvéoles. (Magitot.) Ces phénomènes sont dus à Taltération de la salive, et probablement à la présience d*un acide provenant de la fermentation du sucre.
La dyspepsie est rare ou du moins lente à apparaître, malgré la quantité d'aliments et de boissons ingurgités par le diabétique. Le foie est assez souvent- hypertrophié ; dans quelques cas il présente des lésions de cirrhose pigmentaire qui ont été étudiées ailleurs.
Troubles oculaires, — Nous avons déjà signalé la (HminU" lion de V amplitude (faccommocfation ; signalons également la parésie du sphincter pupillaife (mydriasé) et surtout les paralysies des muscles mofeut^ des globes oculaires. L'oculo-moteur commun est plus souvent atteint que les autres nerfs moteurs. De ces paralysies, les unes sont légères et passagères, les autres, celles qui surviennent à une époque avancée du diabète, sont beaucoup plus tenaces.
La cornée est parfois intéressée (kératite neuro-paralytique, ulcérations de la cornée.) L'iris est souvent atteint (iritis, tantôt plastique, tantôt avec hypopion).
La cataracte est une des complications les plus fréquentes et les plus importantes du diabète. Elle est habituellement double. De consistance molle chez les jeunes sujets, elle ne diffère pas, chez les personnes âgées, de» cataractes séniles ordinaires. Sa marche est d'autant plu» rapide que le diabète est plus grave.
Le fond de l'œil peut également être atteint : la réti-^
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niie diabétique est caractérisée par des hémorrhagies
P^us ou moins étendues, et par des exsudations en forme
^e taches blanches, arrondies, disséminées sur la rétine.
Contrairement à la rélinite brightique, ces taches exsu-
<^£ttives ne forment pas de larges plaques, elles ne se
disposent pas en étoile autour de la macula. Parfois
^ *-£i.flection se complique d* atrophie blanche du nerf
^^^ffi^tique, atrophie qui marche progressivement et n*est
l^s^s précédée d*œdème papillaire. L'atrophie peut exis-
*- ^ wr seule, indépendamment de la rétinile glycosurique
( *-• ^corché).
Enûn, on observe parfois une ambhjopie Jégère qui *^ ^^ s'accompagne d'aucune lésion ophthalmoscopique. '^ ^ ie est passagère et paraît tenir à des troubles d'inner- ^^ "^^ tion.
les sens de l'ouïe (bourdonnement), de Todorat et du ST^ir^iit sont rarement atteints.
Accidents pulmonaires, — La fonction respiratoire est ^ ^^^ofondément troublée chez certains diabétiques ; ils ont Î!J^ ^^^e haleine qui rappelle assez bien la pomme rainette ;
absorbent moins d'oxygène, ils rendent moins d'acide
rbonique et moins de vapeur d eau, leurs poumons
nt en état de réceptivité l'avorable aux agents de la
ppuratioUy de la gangrène, de la tuberculose, de la
leumonie.
Les diabétiques sont exposés aux fluxions de poitrine, X broncho-pneumonies, aux pneumonies, et chez eux pneumonie est parfois si redoutable que le sujet peut ^re enlevé en une ou deux journées (pneumonie fou- ^^^n)yante de Bouchardat). Habituellement les pneumonies ^ abétiques n'évoluent pas franchement, elles n'élèvent ^s fortement la température, et facilement elles passent la suppuration, à la gangrène, les agents pathogènes 3 ces complications, ayant, avons-nous dit, une prédiction marquée pour le poumon diabétique.
On a néanmoins observé des cas de pneumonie lobaire iabétique franche» le sucre disparaissant dans les urines
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au moment de la pneumonie, la défervescenoe se faisant «^ ^^ii classiquement au neuvième jour et le sucre reparaissanV^ mt-^ h dans les urines aussit^ après la guérison *.
La tuberculose pulmonaire * est une complication fréquente du diabète sucré. C'est par erreur qu'on lui avai . assigné autrefois des formes spéciales. On rencontre t^e: les diabétiques toutes les formes ée la tuberculose pul monaire : granulie, tuberculose chronique, pneumoni» tuberculeuse; mais la tuberculose chronique reste néan: moins la forme la plus habituelle. La tuberculose diabé^^^^ tique est souvent acquise, les sujets atteints n'ayan^r^^^ïJ aucune tare liéréditaire. fille apparaît également chez le diabétiques jeunes et âgés. Contrairement k une opiniov émise autrefois, les hémaptyties peuvent être abondante: ^^^^ ^■ et répétées. La tuberculose diabétique est plutôt Tapa^^ ** nage des périodes avancées du diabète, uéanmoitis on 1*;. '^ ^'* observée et je l'ai vue chez des diabétii|»es dès la pre^^^*"*^* mière phase de leur diabète. ^
La pleurésie des (tiabétiques est parfois sucrée. Ta^'^'^^^ observé avec M. le docteur Ramon une diabétique, don^^^^^^ le liquide pleurétique retiré par ia tlforacentèse contenait ^'^ trois grammes de glycose par litre.
Accidents nerveux '. — Passons en revue les trouble-; nerveux diabétiques d'origine périphérique, et d*origin^ centrale avec ou sans lésions cérébrales.
Les troubles nerveux «ensitifs ou moteurs d'tnigin^ périphérique peuvent être mis sur le compte de névritebien étudiées dans ces dernières années*. En fait de blés de sentibilMéf l'anesthésie et Itiyperesthésie ont ét^ ^=^ également observées. Les névralgies eccupeut les nerf^^^* intercostaux, k sdatique, le trguflieau, le pneumogaa^ "^ Irique (Peieï); elles sont parfois sym^étriques. (Worms '
1. Merklen. Gaweite des hôpitaux^ 19 mai 1891. 3. Peter. Clinique médicale^ 1. 1, tOi.
3. Dreyfus. Paihoginie et accidents nerveux du diabète sucré, Ti d'ngrégfttioti. Ihiris, 1*885.
A. Âuébé. Ard^^ médecine expérimentale^ Mptoinbre 18S0.
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Dans une série de safants mémoires M. Yergely a appelé l'attention sur les accès d'angine de poitrine associés au diabète^, sur le sona diabétique, sur la dissociation syringomyélique de la sensibilité chez les diabétiques*.
t Les troubles de moUlité sont des plus variés : Certains diabétiques éprouvent une lassitude douloureuse et une fatigue musculaire excessive, principalement aux muscles des jambes et des lombes, iki explique cette atonie musculaire par la déshydratation des muscles et par Finsufiisance de Toxygène destiné à la resfHration musculaire (Sée); il est probable qu'il s*y joint une diminution de l'influx nerveux. On observe de véritables paralysies^ tant6t paralysies parcellaires, limitées à un bras, à un groupe musculaire, aux musdes de la face, de la langue, du larynx, tantôt généralisées sous forme hémiplégique ou paraplégique. Ces paralysies diabétiques peuvent survenir à toutes les périodes de la maladie; elles ont pour caractère d'être incomplètes et fugaces.
Je viens d'étudier les paralysies d'origine périphérique, mais dans d'autres cas les paralysies reconnaissent pour cause, une artérite oblitérante cérébrale, Tathérome, le ramollissement, l'hémorrhagie cérébrale ou l'hémorrhagie méningée. Ces différentes lésions provoquent, suivant ie cas, l'apoplexie, Thémiplégie, l'aphasie.
Les trouUes cérébraux occupent une place importante dans l'histoire du diabète. Le diabétique devient apathique, paresseux, il a de vrais accès de sommeil, il manque c d'appétit pour la pensée ». (Lasègue.) L'excitation cérébrale, le délire, Vaphasie généralement transitoire, le coma, font partie du cortège des troubles cérébraux. Le coma notamment (Kussmaul) est un des accidents terribles du diabète; dans la statistique de Frerichs, sur 250 décès
1. Vergely. Communication à l'Académie de médecine, t2 nOT.1881. Gaz, hebd., 1883.