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Guinon et Souques. Arch, de neurologie ^ noyemhre

DIABÈTES. 507

et une hygiène bien comprise, vivent indéfiniment; j*ai soigné bien des diabétiques, et les accidents sérieux m*oiit paru exceptionnels chez ceux qui ont bien voulu traiter leur maladie autrement que par le mépris. I) ne faut pas établir le pronostic sur les diabétiques qui viennent à l*b6pital, car nous n*y voyons généralement que des diabétiques fort avancés ou en proie à de graves complications.

Quand on fait le relevé des diabétiques qu*on soigne en ville, on voit que les cas graves ne sVlèvent pas à plus de 6 à 8 pour 100. Dans les cas bénins qui forment la très grosse majorité, se trouvent les diabétiques qui rendent 15, 20, 50 grammes de sucre par jour, sans même s*en douter et qui améliorent leur situation dès qu'ils veulent se soigner. « Rien n'est plus commun, que de voir des personnes terrorisées parce qu'elles ont su, d'une façon ou de l'autre, que leur urine renfermait du sucre; il est très avantageux pour l'avenir même des diabétiques légèrement atteints, qui constituent la grande masse, et qui se soignent, de savoir combien les cas graves sont rares. » (Worms.)

Anatomie pathologique. — Les lésions qu'on trouve à l'autopsie sont inconstantes ; néanmoins deux organes le foie et le rein, présentent fréquemment des altérations.

Le foie peut être le siège de congestion, d'hyperlropliie, de cirriiose, de pigmention ; il y a même une variété de diabète qui coïncide avec une cirrhose hypertrophique pigmen taire* dont je viens de parler il y a quelques instants.

Les altérations des reinn sont importantes ; elles sont ainsi résumées par Straus*.

(( En ce qui concerne les lésions rénales dans le diabète, on voit qu'à côté des lésions banales de cet organe,

1. Brault et Gaillard. Ârch. de méd.^ janvier 1888. a. Straus. Arch. de pHyuinl.. jni'let 1887.

508 NAUDIES DYSTHOPHIQUES.

telles que la néphrite interstitielle, parenchymateuse ou diffuse, etc., il existe une altération toute spéciale, spéciale par sa nature, spéciale aussi par sa topographie. Gomme topographie, cette altération porte nettement et exclusivement sur la zone limitante, où elle frappe les tubes droits (tant larges que grêles) de Henles, et aussi, selon moi, quelques tubes collecteurs. Cette lésion n'occupe pas la totalité de la zone limitante; elle y est répartie en foyers plus ou moins nombreux et étendus, surtout dans le voisinage des faisceaux de capillaires delà région. Pour ce qui est de la nature de la lésion, elle se présente histologiquement sous deux aspects, selon les réactifs employés : par les réactifs ordinaires, elle apparaît comme une métamorphose hyaline ou vitreuse des cellules de revêtement des tubes en question ; c'est la lésion découverte par Armanni; si Ton emploie, avec les précautions voulues, la gomme iodée, les mêmes cellules se montrent inliltrées de glycogène; c'est l'altération découverte par Khriich. ))

Traitement. — Le traitement des diabétiques a donné lion à de nombreux travaux; Robin en a fait le sujet d'importantes communications*. Voici comment je comprends la question :

Chez le diabéiique,Ie régime alimentaire domine toute la thérapeutique. Règle générale, le diabétique doit être sobre d'aliments féculents et doit s'abstenir d'aliments sucrés; on peut néanmoins lui permettre de sucrer son café ou son thé avec la saccharine. H choisira dans ses boissons les vins qui ne sont pas sucrés. La bière, le lait sont permis; le lait est même un aliment pour le diabétique (Frémont), il m'est souvent arrivé de recommander aux diabétiques la cure du lait. Suivant le cas, on remplace le pain; par du pain de gluten ou par du pain fait avec de la farine d'amandes (pain de Pavy).

Le diabétique ne doit jamais réprimer sa soif; qu'il

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