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llobin. Aca.lèmie de méJecitie

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« boive de l'eau et qu'il en boive en quantité; il s'oppose ainsi à la déshydratation des tissus et il favorise l'élimination du sucre.

Vantipyrine est un merveilleux médicament, on le donne à la dose de 50 centigrammes à 3 grammes par jour.

11 ne faut jamais donner Tantipyrine ni à forles doses ni à doses suivies; on la prescrit deux ou trois jours par semaine.

Les préparations arsenicales et alcalines (et les eaux correspondanles) doivent être prescrites. Comme préparations arsenicales on donnera l'arséniate de soude à la dose quotidienne de 5 miligrnmmes au moment des repas.

Le traitement alcalin, les eaux chaudes de Vichy et de Carlsbad jouissent d'une réputation bien méritée.

Les bains, les douches, les frictions, les massages, doivent être prescrits. L'exercice à pied ou à cheval, l'eslîrime, la natation, sont nécessaires pour activer la destruction du sucre musculaire. Les sueurs profuses doivent être évitées, et il ne faut pas oublier que c'est après des fatigues ou des excès qu'on voit souvent apparaître les symptômes du coma diahétique.

Il n'est pas nécessaire, il est même nuisible, à mon sens, de chercher à faire disparaître tolalement la glycosurie: tel diabétique qui était robuste et bien portant avec 50 ou 60 grammes de sucre par jour, maigrit et s'affaiblit si on lui donne un régime sévère qui tait disparaître le sucre rapidement et totalement. Sous l'influence d'un régime absolu, le sucre peut en effet disparaître complètement et très vite, mais le diabétique est exposé à l'albuminurie, à l'amaigrissement, k la tuberculose.

Je ne saurais trop insister sur ces considérations. Je vois souvent des diabétiques que Ton traite, ou qui se traitent, avec la plus grande sévérité jusqu'à ce qu'il ne reste plus la moindre trace de sucre dans leurs urines. C'est mauvais; je répète qu'on favorise ainsi Talbumi-

510 HAUDIES OYSThOPUIQUES.

nuiie. J'ai pour habitude de laÎMer toujours an diabétique A, 5, 6, 8 grammes de sucre par joiu*; je préfère qu'il ait quelques grammes de sucre de plus, que de le voir maigrir de quelques kilos.

Le régime et le traitement des diabétiques ne doivent donc être, ni trop sévères ni sévères d'emblée ; il faut savoir ménager Us diabétiqueê; les aliments féculents, les pommes de terre, ne doivent pas être absolument défendus, tout cela dépend de l'intensité du diabète et de rétat général du malade.

J'ai voulu me rendre compte de l'efticacité possible des injections sous-^utanées de suc du pancréas chez les diabétiques ; je ne peux encore me prononcer sur ce moyen, je vais en publier l'observation dans les Archives de médecine expérimentale,

La chirurgie est souv^it appelée à intervenir chez les diabétiques (anthrax, phlegmons, gangrènes). Autrefois on n'osait pour ainsi dire pas toucher au diabétique^ on i^edoutait toutes les complications opératoires. Aujour^ d'bui, depuis les méthodes aseptiques et antiseptiques*, on a pu voir que ces craintes sont singulièrement exa — gérées; la chirurgie peut intervenir, et intervenir trè^ efficacement chez les diabétiques, néanmoins il ne fanait, pas se dissimuler que les opérations faites en pareill*:3 circonstance ne sont pas absolument exemptes d*incon — vénients*. L*in!oxication est d'autant plus à redcmtex" chez le diabétique, que son foie et ses reins sont adultérés; un diabétique chez lequel le diabète suit uae marche rapide, cachectisante, avec albuminurie, supportera bien moins l'opération que le diabétique chez lequel le diabète évolue lentement Lassant la nutrition à peu près intacte.

Quoi qu'il en soil, il faut compter chez le diabétique avec l'administration du chloroforme; il faut compter

1. Legendre. Rôle de la chirurgie dan» le diabète eucré. Th. de Paria, 1895.

DIABÈTES. 511

avec les énflhèfneêqm se développent soit spontanément, soit sous rinfluence des antiseptiques; il faut savoir qu*il y a des antiseptiques, qui mal éliminés, grâce à Tadultération du foie et des reins, peuvent provoquer de graves accidents toxiques ; il faut savoir enfin que la vitalité moindre des tissus s*oppose parfois k la solidité des sutures et à la rapidité de la cicatrisation des plaies

§ 6. DIABÈTES INSIPIDES.

A. DlABÈTF AZOTVRTQUE. AKOTURIE.

LV.xcès de matières aiotées dans Turine ne suffît pas pour constituer le diabète azoturique; Tazoturie est un symptôme commun à une foule d elats morbides, tandis que le diabète az''turique (Démange*), comme le diabète sucré, est une maladie géeérale, caractérisée par une déperdition exagérée et constante des matières azotées et par des symptômes généraux : polyurie, polydipsie, polyphagie, qui rappellent en partie le tableau du diabète sucré.

Description. — Le diabète azoturique débute parfois brusquement, il est annoncé par une faim dévorante (Bouchard), par des sueurs profuses (Rendu), par une soif ardente. Plus souvent il s'installe insidieusement ; la soif et Tappétit augmentent graduellement et les urines deviennent très abondantes.

L*urine, acide et transparente au moment de son émission, devient alcaline et se trouble par le repos. Elle con-

1. De VaxoturU. Th. d'agrég. Paris, 1887. — Diab£tb AZoruaiQOB. DicL des u. méd., t. XXVIU, S* parti«, p. 661

512 MALADIES DYSTROPHIQUES.

tient du mucus et des sédiments (acide urique et urates), mais elle ne renferme ni sucre ni albumine. Sa densité oscille de 1002 à 1015 et varie avec sa quantité. Elle est azoturique, c'esl-à-dire qu'elle contient en excès de Tarée, de Tacide urique et des matières extractives azotées. En vingt-<(uatre heures l'urée atteint 40, 60, 100 grammes (Bouchardat), au lieu de 25 grammes, chiffre normal ; Tacide urique atteint 9 grammes (Bouchardat) ; les matières extractives azotées (créatinine, uroxantliine) atteignent et dépassent 70 grammes (Bouchard*). L'excès porte également sur les chlorures et sur les phosphates.

Dans quelques cas de moyenne intensité, la maladie peut durer indéliniment sans devenir redoutable ; mais dans les cas graves la force musculaire décroit, le malade éprouve une fatigue excessive et il est exposé aux troubles nerveux de toute nature que nous avons étudiés dans le diabète sucré. A une période plus avancée, l'appétit se perd, l'amaigrissement devient extrême, la cousomptioii fait des progrès, des oedèmes cachectiques apparaissent. La mort survient par le fait de cette dénutrition excessive ou elle est due à quelque complication (hémorrhagies, gangrènes, phthisie). Malgré la gravité du pronoêlic^ la guérison définitive a plusieurs fois été obtenue.

Le diagnostic repose en entier sur l'examen des urines. Cet examen est d'autant plus important, que dans quel- ({ues cas l'azolurie est excessive bien (|ue la polyurie fasse défaut (Bouchard). Le diabète azoturique est parfois associé à la phosphaturie; et même la phosphaturie prend une telle importance que M. J. Teissier a décrit à part un diabète phosphatique.

Êtiologie. Pathogénie. — Le diabète azoturique est plus fréquent à l'âge moyen de la vie. Il parait se développer principalement sous l'influence de causes nerveuses, émotions violentes, chagrins, lésions cérébrales, traumatisme, syphilis.

1 Leçons clin, de la CharUé, Iribunt mttd,, i97:t-IV7&.

* DIABETES. 513

Quant h la nature intime de la maladie, il est probable qu'elle tient à une désassimilation exagérée des tissus. Uans ce travail de désassimilation , doit-on incriminer surtout le foie que des théories récentes considèrent comme la source principale de l'urée? Mais si le foie fabrique de Turée, c*est aux dépens des matières albuminoïdes dédoublées en glycogène et en urée ; or, comme le fait observer M. Démange, dans le diabète azoturique il n'y a pasdeglycosurie*,doncla théorie serait en défaut, l/azoturie est un vice général de nutrition sous Tinlluence probable du système nerveux. Nous n'en savons pas davantage pour le moment.

Gomme traitement, il faut mettre le malade au repos absolu, le nourrir fortement, .surtout avec une alimentation azotée et lui prescrire les médicaments qui paraissent s'opposer le mieux à la dénutrition : l'arsenic la valériane, l'opium à dose élevée.

B. POLTURIE ESSENTIELLE.

La polyurie essentielle est souvent nommée diabète insipide. Je n'ai pas à décrire ici la polyurie secondaire qui est associée à différents états morbides (mal de Bright, hystérie), je n'ai en vue que la polyurie essentielle.

Description. — La polyw-ie et la polydipsie qui en est la conséquence forcée constituent toute la maladie. Certains individus boivent et urinent iO, 20, 30 litres en 24 heures; ces chiffres ont même été dépassés. Les besoins d'uriner fréquents et impérieux deviennent pendant la nuit une cause fatigante d'insomnie. La soif est excessive, on voit des malades qui avalent d'un trait un et deux litres de liquide; la privation de liquide leur est si intolérable qu'ils boiraient tout ce qui leur tombe sous la

1. C'esl le corollaire des opinions de M. Bouchard qui considère Tazoturie survenant au cours du diabète sucré comme un fait surajouté, indépendant, et non comme un symptôme connexe.

DIEOLAFOT, PATBOL. T. !▼. ZZ

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main; jamais ils ne se couchent sans avoir fait leur provision pour la nuit; ils ne se mettent pas en voyage sans avoir pris leurs précautions.

Cette maladie se déclare parfois brusquement. Elle peut durer mdétiniment sans compromettre la santé, car Téconomie ne fait aucune déperdition, et les urines claires, limpides, à faible densité, ne contiennent pas plus de substances en 24 heures qu'une urine normale.

On n'observe ici ni les troubles nerveux ni les désor dres de nutrition si caractéristiques du diabète sucré, les facultés intellectuelles sont intactes, les fonctions génitales s'accomplissent normalement. La phthisie pulmonaire, si fréquente dans le diabète, n'a été constatée que 2 fois sur 70 cas (Lancereaux*).

La polyurie essentielle peut durer bien des années sans compromettre l'existence; toutefois les fonctions digestives sont souvent ralenties, et la constipation est très opiniâtre. Les enfants supportent moins bien cette maladie.

On connaît peu les causes et la pathogénie de la polyurie essentielle. Dans quelques cas In maladie est héréditaire ; un grand nombre d'observations constatent l'influence des causes nerveuses, émotions vives, traumatisme de la tête, chutes sur différentes parties du corps, lésions du cerveau, de la protubérance, du bulbe, du quatrième ventricule.

Gomme traitement, il faut éviter bien entendu toute boisson diurétique; les aliments sucrés et féculents doivent être pris en petite quantité.

L'opium, la valériane, le bromure ont donné quelques bons résultats. On pourra essayer l'électricité sous forme de courants continus (Le Fort).

Dans quelques cas, où la polyurie paraît être associéf à la syphilis, on peut essayer l'iodure de potassium.

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