OBÉSITÉ
g 7. OBÉSITÉ.
Description. — (/obésité est l*état pathologique causé par rhypertrophie généralisée du tissu adipeux. A un degré peu prononcé elle se confond avec V embonpoint; poussée à Textrème, elle prend le nom de polysarcie ou <i''adipose. Les adiposes localisées telles que les lipomes, l'hypertrophie lipomateuse des muscles, Tadipose souscutanée paralytique doivent être distinguées de Tobésité. La répartition du tissu graisseux chez Tobèse ne se fait pas d*une façon uniforme et identique. Le tissu Cellulaire sous-cutané et intermusculaire, les franges épiploïques, le mésentère, Tatmosphère celluleuse des reins, la surface du cœur, le tissu cellulaire de Torbite, peuvent être envahis par la graisse. Chez les gros mangeurs, l'obésité atteint surtout les parois abdominales au point d'y former de véritables bourrelets cutanés avec distension de la peau et vergetures comparables à celles de la grossesse. Chez certaines personnes, la graisse s'accumule au cou (triple menton) aux mamelles; Tadipose n'existe pour ainsi dire jamais à la verge et au scrotum. Les viscères, le foie, les reins, le cœur en particulier peuvent être envahis par la graisse.
Une distinction importante doit en être fait entre la ïïarcharge graisseuse compatible avec la vie des éléments cellulaires, et la dégénérescence graisseuse qui, elle au contraire frappe des éléments voués à la mort ou déjà même nécrobiosés. La première appartient à Tobésité, elle est curable, la seconde est le résultat d*infections et dlntoxications, elle est incurable. Cependant lorsque la polysarcie est extrême et invétérée, elle est une cause de gêne, de fatigue pour le fonctionnement des organes et la dégénérescence graisseuse ou scléro*grai6« seuse vient souvent s*sûoutar à la surcharge graisseuse.
516 MAUDIES DYSTROPHIQUES.
A partir de ce moment, les accidents éclatent et finissent par emporter le malade.
A un degré peu prononcé, lorsqu'elle est récente, lorsqu'elle ne s'accompagne d'aucune lésion viscérale proprement dite, telle en un mot qu'on l'observe chez les sujets jeunes, l'obésité ne provoque qu'un peu d'essoufflement à l'occasion des mouvements et des efforts ; la respiration est légèrement bruyante, la fatigue est rapide, aussi les obèses sont-ils assez apathiques et ont-ils peu d'aptitude aux exercices physiques.
Les digestions sont généralement lentes, pénibles, après les repas survient une légère somnolence, mais là se bornent d'habitude les troubles de la santé, si bien que l'obésité peut être considérée bien plus comme une infirmité que comme une maladie véritable.
Au contraire lorsque l'adipose est excessive, et que le malade n'est plus jeune, il a généralement la face fortement colorée et même cyanosée; sa démarche est lourde, lente, pénible, l'oppression s'accroît au moindre mouvement; l'ascension des escaliers devient tout particulièrement pénible, la parole est brève, entrecoupée, pas moyen de prononcer une phrase un peu longue sans s'arrêter pour reprendre haleine. L'appétit est tantôt augmenté, tantôt diminué ; la soif est presque toujours accrue. Les digestions sont pénibles; après les repas, le sommeil devient un besoin impérieux; l'aptitude au travail intellectuel n'est pas toujours diminuée; c'est même là une particularité intéressante. L'exploration du foie dénote fréquemment une augmentation de volume et la sensibilité de cet organe.
Les selles sont souvent peu colorées. Les battements du cœur sont sourds, mal frappés, parfois irréguliers, le volume du cœur est augmenté et !a pointe est difficile à trouver. La peau se couvre de sueur au moindre exei^ cice, elle exhale une odeur fétide toute spéciale, due à l'exagération de la sécrétion sébacée et aux modifications chimiques subies par cette sécrétion; elle s'irrite très
BÉSITË. 517
facilement, aussi Tintertrigo, Teczéma sont-ils fréquents chez les obèses.
Les urines présentent des altérations importantes qui serrent souvent de guide à la pathogénie et à la thérapeutique de Tobésité.
Sans parler de la polyurie, de la glycosurie et de l'albuminurie qui se rencontrent souvent chez les obèses arthritiques et nerveux, le dosage de l'urée, etd'une façon générale le dosage des produits azotés, a conduit à diviser les obèses en deux groupes, suivant que les substances azotées urinaires sont augmentées ou non de quantité. Chez certains obèses la proportion de l'urée est diminuée.
Bon nombre de malades succombent à des accidents liés aux dégénérescences viscérales qui ne manquent presque jamais à un moment donné. L'asystolie progressive est un des modes de terminaison les plus fréquents; la mort survient encore à l'occasion d'une maladie intercurrente : pneumonie, bronchite générahsée, érysiyèle, etc., qui chez tous les obèses ont une gravité extrême. D'autres malades succombent à une affection diathésique dont l'obésité n'est elle-même qu'une manifes^tion. Ici encore la polysarcie en diminuant la résistance vitale des tissus, agit défavorablement.
Ëtiologie et pathogénie. — L'obésité est une maladie de tous les âges, plus fréquente chez les adultes et rare chez les vieillards du fait de la décrépitude générale. Les femmes y sont plus sujettes que les hommes ; elle appa- >rait surtout au moment de la puberté, après le mariage, à l'occasion d'une grossesse, surtout de la première grossesse, enfin au moment de la ménopause. La vie génitale a donc sur l'apparition de l'obésité une importance capitale.
Maladie souvent héréditaire, elle survient chez certains sujets à la suite d'une affection aigué (fièvre typhoïde et pneumonie), elle est alors la conséquence des modificalions profondes apportées à la nutrition.
318 MALADIES DYSTROPfilQUES.
Obésité, migraine, lithiase biliaire, gravelle urique, asthme, rhumatisme articulaire, goutte, diabète, sont autant de manifestations d'une nutrition ralentie telles qu*on la rencontre chez les arthritiques.
C'est encore au ralentissement de la nutrition que Ton a rattaché la surcharge graisseuse dans quelques mala* dies du système nerveux, l'hystérie en particulier et l'anémie pernicieuse progressive.
A l'état normal la graisse fixée dans les tissus a une double origine, V alimentation et la désassimilation, La graisse pathologique a la même origine, cependant l'alimentation graisseuse exagérée ne produit pas l'obésité plus sûrement que les aliments féculents sucrés, et les boissons alcooliques (vin, eau-de-vie, bière), témoin les Esquimaux qui se nourrissent presque exclusivement de graisse et qui ne sont pas plus atteints d'obésité que les habitants des pays méridionaux. Pour que ces causes alimentaires produisent tous leurs effets, il faut qu'elles agissent sur des sujets chez lesquels les oxydations sont ralenties et la combustion de ces substances incomplète. Le défaut d'exercice, l'absorption de grandes quantités d'aliments d'épargne, en diminuant la quantité d'oxygène absorbé et utilisé favorisent le dépôt des gouttelettes graisseuses dans les tissus. La désassimilation exagérée conduit à un résultat identique, mais ici la source de la graisse est due aux substances quaternaires. Dans les intoxications et les infections, la production de graisse se fait aux dépens des éléments azotés ; il en est d& même dans l'anémie pernicieuse progressive. Chez ces malades, on trouve dans l'urine un excès d'urée et une substance albuininoïde formée également aux dépens des éléments protéiques incomplètement brûlés (Bouchard*).
Traitement. — L'hygiène alimentaire de l'obèse comporte les indications suivantes : pas de sucres, pas de