P. i'arie. Soc, méd, dtê MpU., ivril
MYXŒDÈHB. 525
l'avantage à la première. Les effets thérapeutiques merveilleux obtenus par l'injection de corps thyroïdes ne semblent-ils pas indiquer que la glande sécrète une substance utile au bon fonctionnement organique? D'ailleurs nous commençons à connaître la nature intime des principes actifs du suc thyroïdien. Baumann a découvert là thyroïdine, substance organique renfermant en combinaison intime de Tazote et de l'iode. Celte substance très active extraite du corps thyroïde guérit à elle seule le myxœdème, comme l'ont montré des observations très précises.
Au point de vue pratique, on doit toujours s'assurer de son existence dans les extraits des glandes donnés dans un but thérapeutique ; sa présence est toujours facile à déceler, grâce à l'iode qu'elle contient. Récemment, S. Frànkel de Vienne a isolé une substance cristallisable ne renfermant pas d'iode, qu'il appelle thyroantiloxine et qui atténuerait les symptômes causés chez les animaux par l'extirpation du corps thyroïde. La chimie ne nous a sans doute pas dit son dernier mot sur la nature des diverses substances du suc thvroïdien.
Traitement. — Le traitement spécifique du myxœdème consiste à introduire dans l'économie les substances thyroïdiennes dont l'absence cause tout le mal.
La greffe de corps thyroïdes d'animaux, les injections hypodermiques d'extrait thyroïdien, ont été les premières méthodes employées ; elles sont aujourd'hui abandonnées.
Howitz a eu le mérite d'être le premier à instituer le traitement du myxœdème par injection de pâtes préparées avec les glandes thyroïdes. Cette méthode est la seule employée aujourd'hui. On peut se procurer des tablettes toutes préparées d'extrait thyroïdien, mais la meilleure préparation est celle que l'on fait soi-même avec le corps thyroïde du mouton, que l'on doit administrer par lobes avec la plus grande prudence pour éviter les accidents d'hypertiiyroïdation, accidents qui peuvent aller
S%6 HàUDIES dystrophiques.
jnsqo*à similer les symptômes de la maladie de Basedow et qui sont annoncés le plus souTont par de la cé^ialalgie, des syncopes de l'albuminurie, etc.^.
Sous l'influence du suc thyroïdien, la température centrale s'élère, on assiste à une démyxœdémisatioii rafâde des téguments, la torpeur cérébrale disparait et les sujets reviennent rapidement i la santé. La guérison ne peut se maintenir que par une ration d'entretien, soit un ou deux lobes par semaine, qui doÎTent être absorbés durant toute la yie.
Tels sont les principes de cette médication thyroïdienne, qui est, on peut le dire, une des plus belles conquêtes de la médecine contemporaine.
§ 9. SCROFULE. — LYHPHATISHE.
Si l'on s'en rapporte aux descriptions que l'autorité de nos devanciers avait rendues classiques, on voit que la scrofule « est une dystrophie constitulionnelle dont les manifestations, de nature inflammatoire pour la plupart, occupent les ganglions lymphatiques, la peau, les muqueuses, le tissu cellulaire, les tissus ostéo-fibreux et les viscères » (Jaccoud). Il y a même, disait Bazin, dans l'apparition de ces manifestations multiples une sorte de régularité, qui, pour n'être pas absolue, n'en a pas moins quelque valeur, Ainsi la peau et les ganglions lymphatiques sont les premiers affectés, et cela dès le jeune âge; plus tard c'est le four des muqueuses et du tissu con- ^ jonctif : en troisième lieu, viemient les lésions du squelette et des jointures, enfin les altérations viscérales.
D'après l'ancienne description, la scrofule débute dèf la première année de la vie : les enfants à la mamelle, ou voisins de la dentition, ont des éruptions impétigi*
t. p. Morisot Guerlain. — Brissaad et Louques; Soc, wUd. de$ hâpk tmtut, MTril 1894.