SCROFULE. — LYMPHATISME
neuses de la tête et de la face (croûtes de lait, gourmes). Plus tard ce sont des blépharites chroniques, de l'impétigo, des croûtes, des suintements du nez et des oreilles, des engelures qui s*ulcèrent. Les engorgements ganglionnaires apparaissent souvent vers la seconde dentition (tempérament lymphatique). Les adénites scrofuleuses se font par poussées successives, sont souvent limitées aux ganglions du cou et atteignent parfois les ganglions bronchiques et les ganglions mésentériques (carreau). Les adénites cervicales sont isolées ou multiples; elles se terminent par résolution ou aboutissent à des suppurations quelquefois interminables, qui laissent des cicatrices indélébiles.
L'aspect du petit srrofuleux est caractéristique : la lèvre supérieure est volumineuse et avançante, le nez est tuméfié, le menton est aplati ; les amygdales sont exubérantes ; Tenfant est sujet aux angines et aux coryzas.
A un âge plus avancé apparaissent les scrofulides, dermatoses qui ont pour siège de prédilection la tête et la face. Ces scrofulides sont surtout érythémateuses, vésiculeuses et pustuleuses; elles ont souvent une teinte violacée et ne provoquent ni douleurs ni démangeaisons.
Les manifestations plus tardives de la scrofule sont le coryza chronique et ulcéreux avec ou sans ozène, les scrofulides ulcéreuses de la gorge, le lupus, dermatite ulcéreuse ou tuberculeuse qui a pour siège de prédilection le nez et les joues.
Aux mêmes époques apparaissent les abcès froids, les lésions articulaires et osseuses, périostite, carie, arthrite fongueuse, tumeur blanche, et enfin la dernière période de Bazin comprend la scrofule testiculaire, génito-urinaire, la scrofule mammaire, cérébrale, la phthisie bronchique et pulmonaire.
La scrofule, maladie diathésique, innée ou acquise, peut s'arrêtera une période quelconque de son évolution; elle débute rarement après Tàge de la puberté, mais elle présente souvent de longues rémissions, et tel individu.
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déjà adulte, Toit surrenir des lésions scroftaleuses, tiers qu'il n'en avait plus trace depuis son enfance.
Cet aperçu général de la scrofule répond au tableau classique tel qu'il nous avait été légué.
Mais de ce tableau que reste-t-il aujourd'hui? Pas grand'cbose. Le démembrement de la scrofule s'est fait au profit de la tuberculose et un peu au profit delà syphilis; la scrofule a donc perdu toute autonomie; dans bien des cas la scrofulo-tuherculose a remplacé l'ancienne scrofule.
Cependant, de cette ancienne scrofule, il y a quelque chose à conserver : ainsi les éruptions impétigineuses de la face et de la tète, qui surviennent pendant l'allaitement et aux approches de la dentition, les croûtes de lait et les gourmes, comme on les appelle vulgairement, qui persistent et se reproduisent avec ténacité, les érythèmes et les suintements du nez et des oreilles, tout cela forme un tableau clinique qui répond à l'idée qu'on se fait, sinon de la scrofule, du moins du lymphatUme, Je sais bien qu'on pourrait dire que les enfants svyets à de telles manifestations seront plus enclins que d'autres A devenir un jour scrofulo-tuberculeux ; nous discuterons plus loin cette question qui prouverait en tout cas Tafft iiité de ces différents états, mais nullement leur identité.
Ce qui est certain, c'est que chez les siyets dits lymphatiques, la résolution se fait mal dans certaines parties fluxionnées ou enflammées, il semble que la circulation lymphatique soit entravée ; les catarrhes des muqueuses nasale, oculaire et pharyngée persistent indéfiniment, les ailes du nez et la lèvre supérieure restent empâtées et épaissies, les blépharites s'éternisent, le coryza et l'angine récidivent à la moindre occasion, les ganglions lymphatiques en subissent facilement le contre-coup, les amygdales s'hypertrophient et restent volumineuses; ces dilIV»rentes lésions donnent au sujet lymphatique un asped caractéristique.
ue qui est également indéniable, c'est que ces sigei'
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« lymphatiques » sont moins bien armés pour la défense, ^e il terrain » est, chez eux, de qualité inférieure; la peau ^t. les muqueuses se laissent assez facilement envahir P^^u* les habitants habituels des surfaces muqueuses et -Kitanées, microbes pyogènes et saprophytes; de là, '**équence d'impétigo , de furoncles, de suppurations mjtanées avec ou sans adénites consécutives. Cette scrole atténuée, ce « tempérament lymphatique » si Ton ut conserver une ancienne dénomination, mérite de irder sa place dans nos descriptions de pathologie, mais ut le reste de Tancienne scrofule doit être reporté ailleurs. Ainsi les lupus, les scrofulides ulcéro-crustacées, les adénites dites scrofuleuses, les scrofulides des membranes uqueuses, les écrouelles, tout cela est à restituer k tuberculose et à la syphilis. La plupart des adénites *on regardait comme scrofuleuses sont en réalité ^^Csberculeuses. Leur nature tuberculeuse est démontrée Tanatomie pathologique et par Texpérimentation, leur substance inoculée provoque la tuberculose. adénites surviennent souvent chez des sujets qui ""avaient eu jusque-là aucun accident scrofuleux ; elles meuvent persister longtemps à Tétat de tuberculose locale^ " améliorer, puis reparaître, s'aggraver et être suivies ^ tuberculose des ganglions bronchiques, de bronchites spectes et de phthisie pulmonaire. Cette évolution est arfois très lente à se faire; elle peut durer un grand ombre d'années, mais dans quelques cas la marche es accidents est beaucoup plus rapide* : Un individu (le est fréquent chez les soldats), n'ayant aucun antécéent scrofuleux, est pris de bronchite ou de pleurésie, u Inen il a un abcès froid, une carie osseuse, et cela ans aucune trace de phthisie pulmonaire ; néanmoins a sauté faiblit, des adénites apparaissent, adénites d'aparence scrofuleuse, mais en réalité tuberculeuses, et
1. CUarvot. Gaz,hebd.y 1882. — Clavclin. Tuberculoses des ganyliom ymphnliquêa chez VaduUe, Th. de Paris. 1881.
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Ibientôt se déclare une tuberculose pulmonaire aigué ipA. euIèTe le malade.
La syphilis, à sa période tertiaire, provoque des adénites qui revêtent parfois l'aspect de gommes ganglionnaires (Foumier^). Ces gommes ganglionnaires siègent surtoufll aux régions inguinale, sous-maxillaire, cervicale. Au dé — but, elles sont dures et indolentes ; plus tard, elles s^^ ramollissent, s'ulcèrent en forme de cratère et laissen C écouler une matière épaisse, visqueuse et purulente . L'analogie est parfois si grande entre ces adénopathies syphilitiques et les adénopathies autrefois appelées scrofuleuses que le traitement seul peut trancher le diagnostic. On voit donc qu'on peut supprimer le groupe des adénopathies dites scrofuleuses.
Le groupe des angines scrofuletises malignu doit également être supprimé; ces angines sont tantôt d'origine syphilitique (acquise ou héréditaire], tantôt d'origine tuberculeuse.
Le lupus de la peau et des muqueuses est également une lésion d'origine scrofulo-tuberculeuse ; la description du lupus et des angines iupiques est faite en détail au premier volume de cet ouvrage.
Les collections purulentes, les abcès froids, auxquels on attribuait trop facilement une origine scrofuleuse, doivent être rattachés à la tuberculose ; des tubercules et des bacilles ont été trouvés dans leurs parois.
La scrofule, suivant les anciennes descriptions, atteignait les articulations et les os ; elle y déterminait des tumeurs blanches, des caries avec suppuration, des trajets fistuleux avec issues d'esquilles. Mais en y regardant de près, on a vu que ces lésions, dites scrofuleuses, arthrites chroniques, ostéo-arthrites fongueuses, tumeurs blanches, sont, anatomiquement et cUniquement, de nature tuberculeuse*.