Gaueher. France méduaUf
tache la tumeur dorsale du poignet (Gubler), tumeur indolente, due probablement à Tinflammation des gaines synoYiales, et dont la disparition suit la guérison de la paralysie.
Les paralysies saturnines ont été bien étudiées dans la remarquable thèse de Mme Déjerine-Klumpke ^ Ces paralysies habituellement localisées peuvent revêtir les types suivants : a. type antibrachial de Remak; c'est la forme la plus commune, intéressant les muscles extenseurs des doigts et du poignet ; b. type supérieur ou brachial, la paralysie intéressant les muscles du groupe Duchenne- Ërb : le deltoïde, le biceps, le brachial antérieur, le long supinateur; c. type Àran-Duchenne : la paralysie intéressant les muscles de la main, les éminences thénar, hypothénar, les interosseux, et simulant d'autant mieux Tatrophie musculaire progressive, que la paralysie saturnine de ces groupes musculaires est toujours accompagnée d'atrophie; d. type inférieur ou péronier: c'est une forme rare, la paralysie intéressant surtout les muscles péroniers et extenseurs des orteils avec intégrité habituelle mais non constante du jambier antérieur.
Dans quelques cas les paralysies saturnines ne sont pas localisées sous forme de groupes musculaires ; elles tendent à se généraliser et la généralisation est lente ou rapide. Bien qu'elle puisse, dans ses formes lentes, envahir tous les muscles du tronc, elle est néanmoins plus prononcée aux muscles des membres, surtout aux extenseurs des doigts et du poignet. Dans les rares observations où la paralysie saturnine a une généralisation rapide, elle a une marche ascendante ou descendante, et peut envahir, en bloc, en quelques jours, les muscles des membres du tronc, de l'abdomen, du thorax, les intercostaux, le diaphragme; la paralysie ne respecte que les muscles de la tète et du cou. Malgré l'apparence de gravité
1. Polyiif'vriU's en gânfiral; parai;/», et atrop. snturn. en particulier. Th. de Paris, 1889.
de ces formes paralytiques rapides, Tamélioration survient rapidement et la terminaison par la mort est Texception.
Dans la paralysie saturnine, la contractilité électrique se perd rapidement, avant la contractilité volontaire, tandis que dans la paralysie radiale a frigore la contractilité électrique est habituellement conservée. Les muscles affectés de paralysie saturnine ont une tendance à Fatrophie.
Le tremblement saturnirif bien décrit dans la remarquable thèse de Latont*, affecte surtout les mains et a peu de tendance à se généraliser. 11 est habituellement • recédé de faiblesse musculaire, et il diffère des tremblements alcooliques en ce qu'il s*accroit avec la fatigue et augmente vers la fin de la journée. Ce tremblement saturnin n*est souvent qu'un tremblement hystérique, provoqué par le saturnisme.
Valrophie musculaire ne frappe en général que les muscles paralysés ; dans quelques cas, cependant, l'atrophie musculaire d'origine saturnine peut exister et se généraliser sans se comphquer de paralysie ; nous avons observé un cas analogue avec M. Geoffroy. L'atrophie musculaire saturnine réalise parfois, aux mains, le type Aran-Duchenne de l'atrophie musculaire, au point que le diagnostic ne peut être fait que par la notion étiologique, par la profession du malade.
Dans ces derniers temps on a signalé (Debove*, Achard', Letulle^) dans le saturnisme l'existence d'attaques hystériformes, se montrant aussi bien chez les hommes que chez les femmes, mais de préférence chez les vieux saturnins. Cette hystérie saturnine serait identique comme manifestations à l'hystérie vulgaire ; ce serait à elle que l'on devrait rattacher la plupart des cas d'hémi-
1. Ë. Lafont. Étude $ur le tremblement eatumin. Th. de Paris, 1869.