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Lëcorché et Jalamon. Maladie* dai, reu

OIEULAFOY, «UTUOL. T. tf, 7

linms du rein une action puissante et persistante ; je considèrp m Ame, pour ma part, que le plus grand danger de la scarlatine, abstraction faite de quelques accidents rares, réside dans les complications rénales, présentes ou futures. Dans la statistique de la scarlatine, faite à l'hôpital des Enfants malades en 1895, Apert a consigné la néphrite dans la proportion de 20 pour 1 00, dont 6 pour iOO de néphrites graves*. Mais la clinique hospitalière ne nous renseigne pas sur l'avenir de ces enfants atteints de néphrite scarlatineuse, onlesperdde vue, beaucoup d'entre eux quittent l'hôpital ayant encore de l'albumine dans l'urine, leurs reins sont adultérés, et bon nombre de ces enfants sont des candidats au mal de Bright. La lésion rénale peut sommeiller; elle peut être ravivée plus tard par des infections nouvelles, par la typhoïde, parla grippe, par les oreillons, par la syphilis, elle peut se réveiller sous le coup de refroidissements, mais en tout cas, quand le roin a été touché par la scarlatine, il n'en perd pas de sitôt le souvenir. Telles sont les différentes modalités des néphrites scarlatineuses, néphrites légères du début, prenant le masque de la simple albuminurie ; néphrites du déclin de la scarlatine, plus souvent bénignes que graves, avec prédominance des œdèmes ; néphrites à urémie rapide, néphrites passant à l'état chronique, avec ou sans rémission, avec ou sans guérison apparente plus ou moins prolongée. Voilà le bilan de la néphrite scarlatineuse. J'ajouterai que la néphrite scarlatineuse est plus ou moins fréquente suivant les épidémies (Bartds).

Peu de lésions ont été aussi disculées que la néphrite scarlatineuse. On l'a successivement considérée comme une néphrite catarrhale, comme une néphrite interstitielle, comme une néphrite des glomérules (glomérulite de Klebs), comme une néphrite parenchymateuse. Elle

1. Apert. La scarlatine à l'hôpital des Enfants malades en 1895. ^Sifcicif 7n/^icah»dés hôpitaux, 8 itpI 1890.

fait partie du groupe des néphrites diffuses aiguës, toxiinfectieuses, étudiées dans un autre Yolume. Suivant le cas, la phlegmasie est légère ou intense ; suivant l'époque de la mort et suivant la nature du processus, on trouve à l'autopsie des reins plus ou moins volumineux, gros rein blanc, gros rein hémorrhagique, rein rouge hyperhémique, rein blanc mou œdémateux, rein en voie d'atrophie scléreuse, mais le caractère des lésions n'est pas tellement accentué qu'on puisse faire de la néphrite scarlatineuse une néphrite à part*.

La glomérulite, les hémorrhagies glomérulaires et tubulaires, l'œdème interstitiel, c'est-à-dire la diapédèse d'un grand nombre de globules blancs dans la capsule de Bowmann, entre les glomérules et entre les tubes (néphrite aiguë lymphomateuse de Wagner); la tuméfaction trouble de l'épithélium, la nécrose et l'état granulo-graisseux de l'épithélium des tubes contournés, sont, suivant le cas, les lésions dominantes de la néphrite scarlatineuse.

Cette néphrite scarlatineuse est d'origine toxi-infectieuse ; elle est due aux micro-organismes qui accompagnent la scarlatine à titre d'infection secondaire et qui ont été retrouvés dans les reins (streptocoques, microcoques, diplocoques), elle est due aux toxines élaborées par ces microbes et surtout au poison de la scarlatine^ dont la nature nous est encore inconnue.

Hématurie, — L'hématurie est un symptôme assez fréquent au décours de la scarlatine ; si le sang rendu dans les urines est en quantité assez considérable, les urines prennent une teinte noirâtre, brunâtre et au fond du vase où elles ont été recueillies on voit se former un dépôt de sang plus ou moins épais. Mais si l'hémorrhagie rénale est légère, elle peut passer inaperçue à un examen superficiel. Habituellement, l'hématurie est associée aux

1. Lépine. Sur les lésions de la néphrite scarlatineuse (Revue de médecine^ 1882, p. 187).

52 hâudies Générales et infectieuses.

autres symplômos de la néphrite aiguë, elle les précède ou elle les accompagne, qu*il s'agisse de scarlatine classique ou de scarlatine fruste ; une chose même est remarquable, c'est la fréquence de l'hématurie dans les scarlatines frustes. Forte ou légère, l'hématurie persiste plusieurs jours, ou même plus longtemps ; puis elle disparait, laissant la néphrite aiguë continuer son évolution, passagère ou durable. Un des malades cités par Trousseau fut pris d'une hématurie qui dura plus d'un mois et cette hématurie fut le prélude d'une néphrite qui dura près d'une année. L'étudiant en médecine dont j'ai parlé un peu plus haut, fut pris, au début de sa néphrite scarlatineuse, d'une hématurie qui dura trois jours. Âssex souvent, l'hématurie scarlatineuse, coïncide avec l'apparition des œdèmes et de l'anasarque. Un des petits malades, dont parle Trousseau, fut pris, dans un milieu épidémique, d'une scarlatine fruste caractérisée par une anasarque considérable, et par une hématurie ; la poussée s'était faite à la fois, brutale et véhémente, aux reins sous forme d'héraorrhagie, et au tissu cellulaire souscutané sous forme d'oedème généralisé.

Toutefois, l'hématurie scarlatineuse n'est pas fatalement associée à la néphrite ; le rein peut saigner sans que l'hématurie soit nécessairement le prélude d'une néphrite. Blondeau rapporte l'observation d'un petit garçon de huit ans atteint de scarlatine fruste indéniable ; l'enfant fut pris, entre autres symptômes scarlatineux, d'une hématurie qui dura quarante-huit heures; cette hématurie ne fut pas suivie de néphrite; quelques jours plus tard les urines avaient repris leur limpidité normale et ne contenaient pas d'albumine*.

Signalons enfin les hématuries scarlatineuses qui sont associées aux hémorrhagies multiples dont l'ensemble complète la forme hémorrhagique de la scarlatine.

Anuvic scarlatineuse. — Vanurie scarlatineuse a plu-

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