‹ Manuel de pathologie interne. v. 3Chapitre 27 sur 198 · Ann, de l'Insltiut Pasteur j 1888, p · texte numérisé non relu

Ann, de l'Insltiut Pasteur j 1888, p

Au streptocoque s'adjoignent souvent d'autres microbes, staphylocoques, coli-bacille, pneumocoque, bacille saprogène (Babès), etc. Le streptocoque revêt chez le scarlatineux des aptitudes et une virulence spéciales, mais ce streptocoque n'a par lui-même aucune spécificité, il provoque chez les animaux des suppurations et l'érysipèle; et l'angine scarlatineuse paraît pouvoir engendrer 1 érysipèle par contagion*.

Traitement. — La scarlatine légère et de moyenne intensité ne demande que quelques soins hygiéniques. Les formes graves, à température très élevée à prédominance nerveuse, seront traitées au moyen des affusions d'eau froide ou des bains froids. J'ai souvent constaté les bons effets de ce traitement dans le service de Trousseau, et je l'ai plusieursfois mis en pratique suivant ses préceptes.

Le malade étant mis à nu dans une baignoire vide, on lui jette sur le corps trois ou quatre seaux d'eau à la température de 20 à 25 degrés centigrades, l'affusion devant durer une demi-minute environ. Ou bien on place le malade sur un lit de sangles ; deux grands seaux contenant de l'eau à 20 degrés centigrades, additionnée de vinaigre aromatique, ont été préparés à l'avance, et, au moyen de grosses éponges, deux personnes lotion nent rapidement et fortement le malade. Dans les deux cas, après l'affusion comme après la lotion, le malade est placé tout mouillé dans une couverture de coton ; on lui donne une infusion de camomille, de thé ou de menthe poivrée, et une réaction salutaire, généralement suivie de transpiration et d'abaissement de la température, ne tarde pas à se faire. On peut renouveler les affusions plusieurs fois en vingt-quatre heures.

Suivant le cas, on peut mettre le malade au bain froid, d'après la méthode qu'on trouvera décrite au traitement de la fièvre typhoïde.

L'acétate d'ammoniaque, 2 à 5 grammes, dans une

1. Jaccoud. Scarlatine et érysipèle {Gaz. des hôptt., 18 juin 1891).

potion ; le musc, 20 centigrammes à 1 gramme, le sirop d'éther, le bromure de potassium, rendent également quelques services dans les formes nerveuses graves.

Dès le début de la scarlatine et en prévision de néphrite possible, le malade doit être mis au régime lacté (Jaccoud). C'est là un précepte essentiel. Non seulement je prescris le régime lacté exclusif pendant la maladie, mais je le continue encore deux ou trois semaines après la guérison; on évite ainsi, ou l'on atténue, je le crois du moins, les complications rénales tardives.

Le traitement de l'angine scarlatineuse diffère suivant que l'angine est diphthérique ou non. Dans tous les cas, il faut toujours pratiquer avec soin l'antisepsie pharyngée. A cet effet on fera usage d'irrigations pratiquées avec 50 grammes de liqueur de Labarraque pour un litre d'eau bouillie. (Roux). A la liqueur de Labarraque on peut adjoindre des badigeons de la gorge avec le topique suivant, préconisé par Roux :

Men£ :::;.*:} *^ *^ grammes.

Au cas de diphthérie compliquant l'angine scarlatineuse, on fera usage d'injections de sérum antidiphthérique ; mais dans ces angines, l'adjonction du streptocoque au bacille diphthérique crée une virulence généralement exaltée. C'est surtout en pareil cas, que l'injection de sérum produit des éruptions morbiUiformes que Sevestre * attribue principalement à l'infection streptococcique. Ce fait serait en rapport avec la statistique de Marfan et Apert-, qui ont constaté que chez les scarlatineux atteints d'angine membraneuse non diphthérique et soumis aux injections de sérum anti-diphthérique, la fréquence des éruptions post-sérothérapiques est de 28 pour 100, tandis qu'elle n'est

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