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tion, une rougeole vulgaire, de moyenne intensité, celle qu*on observe le plus habituellement, me réservant d'étudier ensuite les formes plus rares de rougeoles anomales et hémorrhagiques.
11 est d'usage de diviser révolution de la rougeole en quatre périodes : Tincubation, l'invasion, l'éruption, la desquamation.
A. — Vincubation est une période habituellement silencieuse, pendant laquelle l'économie couve la semence morbide; néanmoins, dans quelques cas on observe pendant cette période des élévations de température, desmalaises, de la toux, du coryza; c'est déjà une ébauche des symptômes qui vont éclater à la période suivante. L'incubation a une durée de huit à onze jours.
B. — Invasion, — L'invasion de la rougeole n'est pas . aussi brusque que l'invasion de la variole et de la scarlatine. Les allures de la fièvre méritent d'être connues; tantôt elle est légère, tantôt elle atteint 39 à 40 degrés avec frissons, céphalalgie, éternuements, on dirait un fort rhume. Souvent la fièvre baisse le lendemain et les jours suivants pour reparaître après l'éruption.
Dès le début de la maladie, les muqueuses du nez et des yeuXf parfois aussi les muqueuses des trompes d*Eus'tache, du larynx et des bronches, sont atteintes de catarrhe; les yeux sont rouges, larmoyants, tuméfiés; le catarrhe nasal provoque des éternuements avec sécrétion nasale abondante; le catarrhe laryngé est accompagné de toux fréquente, opiniâtre, d'enrouement, de raucité de la voix et même d'aphonie complète; l'otite est plus tardive, elle détermine de vives douleurs. Dans quelques cas le catarrhe affecte sur tel ou tel organe une prédominance qui peut être la cause d'une erreur de diagnostic: ainsi quelques enfants paraissent n'avoir qu'une laryngite simple ou striduleuse, alors que quatre ou cinq jours plus tard, l'éruption de la rougeole apparaît; d'autres enfants sont soignés pendant plusieurs jours pour une bronchite ou ipour un catarrhe intestinal,
FIÈVRES ÉRUPTIYES. 71
simple en apparence, et l'éruption vient donner un démenli au diagnostic; j'ai vu avec Watelet un jeune enfant chez lequel l'otite tint notre diagnostic en suspens et précéda l'éruption morbilleuse. Au milieu de tous ces symptômes de la période d'invasion, il en est, qui par leur fréquence, par leur importance, dominent tous les autres, ce sont les symptômes laryngés ; la laryngite (toux fréquente, spasmodique, voix rauque et voilée) est un élément précieux de diagnostic précoce.
A cette période, on observe fréquemment des épistaxis^ et les jeunes enfants sont quelquefois pris de convulsions. Si l'on a soin d'examiner la gorge du malade avec un bon éclairage, on voit que l'éruption (énanthème) est déjà inscrite sur la muqueuse du voile palatin, sur les piliers antérieurs et au pharynx, sous forme de pointillé rouge, habituellement sans gonflement et sans dépôt pultacé. Cette éruption précède d'un jour ou deux l'éruption de la peau, et une dysphagie parfois accusée en est la conséquence.
J'ai souvent constaté une adénite sous-maxillaire qu'on pourrait, à mon sens, ranger parmi les symptômes d'invasion de la rougeole* et qui, par conséquent» n'est pas absolument spéciale à la rubéole.
La durée de la période d'invasion est fort longue, puisqu'elle dure quatre à sept jours, tandis qu'elle est très courte dans la scarlatine, où elle peut ne durer que quelques heures. La fièvre n'est pas continue; parfois elle tombe dès le deuxième ou troisième jour pour reprendre au moment de l'éruption. Dans quelques cas très bénins, la fièvre fait pour ainsi dire défaut, les différents symptômes que je viens de décrire sont nuls ou insignifiants, et l'éruption survient presque comme le symptôme initial de la maladie.
C. — Éruption. — Au moment de V éruption, les symptômes d'invasion ne disparaissent pas comme dans la variole discrète, ils reprennent au contraire avec une