‹ Manuel de pathologie interne. v. 3Chapitre 47 sur 198 · Vallin. Arch. génér. de méd., novembre · texte numérisé non relu

Vallin. Arch. génér. de méd., novembre

Forme sudorale, — La fièvre typhoïde que M. Jaccouda nommée sudorale et qu'il a si remarquablement décrite présente des caractères spéciaux : à part la céphalalgie qui est violente, il n'y a pas de symptômes cérébraux, ni délire, ni stupeur. Les symptômes abdominaux sont presque nuls : pas de diarrhée, pasdemétéorisme abdominal; la langue reste humide. L'appareil broncho-pulmonaire est moins touché que dans la fièvre typhoïde ordinaire, l'albuminurie est extrêmement rare. Les taches rosées ne se montrent pas dans tous les cas, mais leur absence complète, ditM. Jaccoud, est l'exception. Les hémorrhagies intestinales sont assez fréquentes. La fièvre et les sueun sont les symptômes constants et dominants de cette forme. La fièvre, tout en étant continue, a des allures paroxystiques nettement accusées, et ces paroxysmes, souvent multiples en vingt-quatre heures, sont suivis de sueurs «profuses, ruisselantes ))*. Cette forme sudorale commune en Itahe, à Naples (Borelh), s'observe également à Paris.

Formes hémoirhagiques, — En décrivant les hémorrhagies intestinales, je n'ai eu en vue qu'une complication purement locale ayant son origine dans des altérations plus ou moins graves de l'intestin ; mais il y a des cas où ces hémorrhagies font partie d'un processus hémo^ rhagique général : hémorrhagies cutanées, purpura, ecchymoses, hémorrhagies nasales et gingivales, hématuries, métrorrhagie, tout cela constitue ce que les anciens appelaient fièvre putride hémorrhagique. Ces formes hémorrhagiques, plus fréquentes suivant les constitutions médicales et suivant les épidémies, sont habituellement associées aux altérations du foie, aux symptômes ataxiques ou ataxo-adynamiques; elles tuent impitovablement les malades qui en sont atteints.

Fièvre typhoïde de Venfant et du vieillard, — Il est inutile de multiplier à l'infini les formes de la fièvre typhoïde; je crois avoir choisi les types qui se prêtent le mieux à

1. Jaccoud. Forme sudorale de la fièvre typh. Clinique 1885 p. Sm

MALADIES typhoïdes. 11]

une description spéciale, et j'arrête là cette énumération : les formes dites thoracique, abdominale ^ spinale* , bilieusCf cardiaque, rénale, etc., sont caractérisées par la prédominance de tels ou tels symptômes et ne méritent pas une description spéciale. lime parait utile néanmoins de présenter une vue d'ensemble sur la fièvre typhoïde de l'enfant et du vieillard.

La fièvre typhoïde de ï enfant diffère de celle de l'adulte au point de vue anatomique et clinique. L'infiltration des plaques de Peyer a presque toujours lieu sous forme de plaques molles, qui s'ulcèrent rarement, aussi les perforations intestinales, péritonite et hémorrhagie, sontelles fort rares dans l'enfance. La maladie est surtout fréquente à partir de cinq ans, néanmoins on l'a observée dès la première année et même à l'âge de six mois (Parrot)*. Chez l'enfant, la langue reste humide, les vomissements sont fréquents, la diarrhée est rare, le ballonnement du ventre est exceptionnel, il y a parfois quelques phénomènes convulsifs, peu de délire, l'éruption de taches rosées est discrète, l'amaigrissement est rapide et la maladie se termine souvent par des sueurs critiques. Les troubles neuropathiques, les symptômes ataxo-adynamiques qui s'observent chez les enfants voisins de la puberté sont extrêmement rares chez les jeunes enfants. Les manifestations pulmonaires, surtout les pneumonies lobulaires, sont redoutables dans le premier âge, et les rechutes sont plus fréquentes que chez l'adulte; néanmoins le pronostic de la fièvre typhoïde de l'enfant est beaucoup moins grave qu'aux âges plus avancés. Dans les hôpitaux d'enfants, la diphthérie, les fièvres éruptives, la coqueluche, sont des complications fréquentes.

La fièvre typhoïde des vieillards^ ou des personnes figées présente également quelques particularités : la

1. Jules Simon. Progr. méd., 1881, n" 6 et suivants. — Girard. Th. lie Paris, 1881, n* 70.

2. Progrès médical, 1883, n" 24 et suivants. 5. Josiàs. Th. de Paris, 1881, n' 22.

m MALADIES GÉNÉRALES ET INFECTIEUSES.

température n'est pas très élevée, la tuméfaction de It rate est faible ou nulle, les taches rosées lenticulaires sont peu nombreuses, et, malgré l'apparente légèreté des symptômes, la maladie aboutit rapidement à la faiblesse, à la prostration, à l'adynamie. La marche de la maladie est traînante, et les manifestations broncho-pulmonaiies donnent au pronostic une notable gravité.

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