COMPLICATIONS DE LA FIEVRE TYPHOÏDE
Au début de ce chapitre, j'ai décrit la fièvre typhoî<k^ et ses principales variétés. J'ai choisi pour ma descriptioa une fièvre typhoïde d'assez forte intensité, dégagée de toute complication. Malheureusement ces complicatioi^ sont fréquentes, même dans les formes bénignes, ^^ toutes les périodes, aussi bien au plus fort de la malaéfe qu'aux époques de déclin et de convalescence : elles mé» rilent donc d'arrêter longtemps notre attention.
Appareil digestif. — Les complications atteignait l'appareil digestif sont nombreuses. Du côté de la cavêlé hucco-phai-yngéey nous avons peu de chose à dire : on peut observer des angines pultacées, des angines mefnbr.ineuses à staphylocoques ou à streptocoques, et bîéil rarement l'angine diphthérique. Parfois on constate sop les piliers du voile du palais, sur les amygdales et ail pharynx, des ulcératiofis^ qui, au premier abord, peuvent simuler des ulcérations herpétiques et tuberculeuses et qui sont dues au bacille d'Eberth (Chantemesse). Le muguet du pharynx est assez fréquent •.
On constate parfois, dans le cours ou dans le découfs
1. Dérignac. Déterminations de la fièvre typh. sur le phat^ynx el Visthme du gosier. Th. de Paris, 1883.
2. Muguet primitif du pharynx dans la fièvre typh, — Lebmn Th. de Paris, 1883.
MAIRIES typhoïdes. 113
de la fièvre typhoïde, une dysphagie spasmodique, violente, qui peut être le seul symptôme nerveux de la maladie, ou le prélude de phénomènes nerveux graves de la convalescence (Vergely) *.
Troubles gastriques. — L*étude anatomique des lésions stomacales dans la fièvre typhoïde (infiltration lymphatique, thrombose, abcès miliaires, ulcérations) explique les troubles gastriques qui apparaissent dans quelques cas (GhaufTard) '. Je ne fais pas allusion aux vomissements du début, je parle des vomissements répétés et tenaces qu*on observe parfois dans le cours du deuxième ou du troisième septénaire, ou encore à l'époque de la convalescence (Trousseau). 11 est probable que ces vomissements accompagnés de douleurs gastriques et d'élévation de la température au creux épigastrique (Peter) sont asssociés à des altérations inflammatoires et ulcéreuses de Testomac. Dans quelques cas rares (Miliard), les ulcérations stomacales sont assez profondes pour provoquer une hématémèse, une perforation stomacale et une péritonite consécutive', k la. suite de la fièvre typhoïde on a observé la dilatation de Testomac^
Hénwrrhagies intestinales. — Les hémorrhagies intestinales s'observent dans la proportion de 6 pour 100, et leur fréquence varie beaucoup suivant les épidémies». Elles sont fort rares chez les enfants. Dans quelques cas le sang n'est pas évacué et séjourne dans l'intestin, où on le retrouve à l'autopsie; mais habituellement il est expulsé (mélsena) soit à l'état de sang pur, ce qui
1. Vergely. Dysphagie dan» le courant de la fièvre typhoïde, (jottgrès de Bordeaux, 1S95. ,
2. Chauffard. Déterminatione gastriques de la fiiore typhoïde, Paris, 1882.